Joanny Thévenoud

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Buste de Mgr Thévenoud dans l'enclos de la cathédrale de Ouagadougou.

Joanny Thévenoud, né le 14 mars 1878 à Serrières-en-Chautagne et mort le 16 septembre 1949 à Ouagadougou[1], est un prêtre et évêque missionnaire français qui fut vicaire apostolique de Ouagadougou de 1921 à sa mort et fondateur des Sœurs de l'Immaculée-Conception de Ouagadougou.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entré à la société missionnaire des Pères Blancs, il est ordonné prêtre le 28 juin 1903 à Carthage[2]. Il part peu après pour la Haute-Volta, à la mission de Ouagadougou, alors dans le territoire des Mossi, fondée en 1901 par le P. Templier[3]. Il y apprend le mooré et va y passer le reste de sa vie. Une école de mission y est ouverte et comprend une centaine d'élèves, mais les autorités coloniales françaises la font fermer à cause des lois anticléricales en 1906[4]. Il faudra attendre plusieurs années pour que la situation politique s'apaise. Il s'investit beaucoup ensuite dans l'agriculture. Il s'efforce de protéger les jeunes filles contre les mariages forcés.

Nommé vicaire apostolique de Ouagadougou le 8 juillet 1921, il joue un grand rôle dans l'installation de l'Église catholique en Haute-Volta, notamment en fondant une école de catéchistes à Gilongou et un petit séminaire à Pabré avec un domaine agricole où se bâtit un village chrétien, ainsi qu'en participant activement à la fondation du grand séminaire Saint-Pierre-Claver de Koumi près de Bobo-Dioulasso. En 1922, il fonde à Ouagadougou la congrégation des Sœurs de l’Immaculée-Conception de Ouagadougou et plus tard une congrégation de frères, les frères de la Sainte-Famille. Il ouvre en 1934 avec les Sœurs blanches des moulins et des ateliers de tissage. Il installe aussi des ateliers de cordonnerie et de menuiserie et même un garage de réparation d'automobiles. C'est lui qui ordonne le 2 mai 1942 les trois premiers prêtres Mossi originaires du Burkina Faso actuel : Joseph Ouédraogo, Zacharie Nikièma et Paul Zoungrana qui est élevé au cardinalat en 1965. Mgr Thévenoud est également à l'origine de la construction de la cathédrale de Ouagadougou.

Mgr Thévenoud fait publier en 1938 un ouvrage dans lequel il décrit l'œuvre des missionnaires catholiques en Haute-Volta (Dans la boucle du Niger, Namur, Grands Lacs, 1938, 176 p.). Quand il meurt en 1949, Mgr Émile Socquet lui succède à la tête du vicariat apostolique de Ouagadougou. Une des principales avenues de Ouagadougou porte aujourd'hui son nom. Il meurt à Ouagadougou. Dix mille personnes assistent aux funérailles dont les autorités coloniales[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alors en Afrique-Occidentale française
  2. Francis Nolan, Histoire des missionnaires d'Afrique (Pères blancs) entre les deux guerres, Éditions Karthala, Paris, 2015, p. 161
  3. Quelques années plus tard, la mission de Ouagadougou comprend quatre prêtres et un frère
  4. Francis Nolan, idem
  5. Francis Nolan, op. cité, p. 163

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Baudu, Vieil empire, jeune Église, Mgr Thévenoud, 1878-1949, Paris, La Savane, 1956, 284 pages.
  • Sœur Rose Marie Sondo, Mgr Joanny Thévenoud, Ouagadougou, 1998
  • « Mgr Joanny Thévenoud », in Savoie Mission Partage, no 31, 2004, pp. 59-67