Hapkido

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Hapkido
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Art martial
Illustration du principe de « Won »
Illustration du principe de « Won »

Autres noms Hap Ki Do, Hapki-Do, Hapgido
Domaine Éclectique et hybride
Forme de combat full-contact
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Fondateur Choi Yong Sul & Ji Han-Jae
Dérive de Arts martiaux coréens et japonais
A donné Sin Moo Hapkido,
Chon-Tu Kwan Hapkido,
Hankido,
Hwa Rang Do
Pratiquants renommés Ji Han-Jae,
Myung Kwang-Sik,
Han Bong-soo,
Myung Jae-Nam,
Bruce Lee,
Jackie Chan,
Hwang In-Shik,
Angela Mao,
Sammo Hung,
Carter Wong
Sport olympique non

Le hapkido (합기도 en hangeul, 合氣道[1] en hanja) est un art martial coréen qui fonde sa pratique sur une connaissance métabolique poussée du corps humain permettant une appréhension autant physique que psychologique et énergétique du combat. Il correspond à l'étude de l'ensemble des techniques et connaissances en matière de contrôle sur les articulations du corps, notamment l'action conjuguée sur les tendons, les muscles, les techniques d'étranglement respiratoire et sanguin ainsi que les frappes directes sur les points vitaux du corps. Ce système crée une formation à l'autodéfense complète. Il puise sa philosophie et son éthique dans le Taoisme, le Bouddhisme et le Confucianisme.

Maître CHOI Yong-Sul (1904 – 1986)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Choi Yong Sul.

Enfance (1904 - 1913)[modifier | modifier le code]

Né dans le village de Yeongdong (영동, province du Chungcheongbuk-do, non loin de la ville de Taegu) en Corée du Sud, Choi Yong-Sul (최 용술, 崔龍述, 1904-1986) est orphelin à l'âge de deux ans, et élevé par sa tante[2]. Il est ensuite enlevé par un certain Morimoto, marchand de bonbons sans enfants qui voulait probablement en faire son serviteur, en 1912. Cette pratique était courante pendant l'occupation de la Corée. Cependant, à cause de son tempérament très fort, Choi Yong-Sul parvint rapidement à fausser compagnie à Morimoto dans la ville de Moji, au Japon[3],[4]. Après cela, Choi voyagea jusqu'à Osaka, où il commença à mendier. Rapidement arrêté pour vagabondage par la police qui ne trouva pas de parents à qui le ramener, Choi fut alors envoyé dans un temple bouddhiste qui recueillait les orphelins à Kyoto, sous la direction du moine Wantanabe Kintaro[5].

Choi passa deux années à étudier au temple, pendant lesquelles il éprouva de grandes difficultés à l'école et avec les autres enfants, à cause de son japonais approximatif et de ses origines coréennes. Son tempérament hargneux et ses difficultés à s'intégrer firent de lui un enfant bagarreur. Interrogé sur la façon dont il s'était orienté vers les arts martiaux, Choi raconta qu'un jour le moine Wantanabe l'interrogea sur ce qu'il voulait faire de sa vie, à quoi Choi répondit : "apprendre à me battre" en désignant les fresques murales du temple, qui représentaient des scènes de combat et qui l'avaient toujours fasciné[6].

Daitoryu Aikijujutsu (1913 - 1943)[modifier | modifier le code]

En 1913, Wantanabe présenta Choi à Takeda Sōkaku, descendant d'une longue lignée de Samouraïs et 32e patriarche d'une forme de jujutsu connue sous le nom de Daitōryū aikijūjutsu (大東流合気柔術)[7]. Le Daitōryū Aikijūjutsu est un système de combat à mains nues basé sur les techniques de sabre et le jujutsu des Samouraïs, notamment étudié par Morihei Ueshiba, fondateur de l'Aïkido, sous la direction de Takeda.

Il existe une controverse quant à l'enseignement reçu par Choi Yong-Sul chez la famille Takeda, mais toutes les versions s'accordent sur le fait que Choi Yong-Sul a passé plus de 30 ans dans l'entourage plus ou moins proche de Takeda Sokaku, et qu'il y a appris les techniques du Daitoryu Aikijujutsu, jusqu’à la mort du maître japonais en 1943.

Durant sa vie au Japon, Choi Yong-Sul se maria et en 1942 il eut un fils qu'il appela Choi Bok-Yeul.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Corée étant libérée de la domination japonaise, Choi Yond-Sul regagne son pays d'origine. Il arriva à Busan, puis continua jusqu’à Yeongdong, son village natal. Comme personne ne l’y attendait plus, il repartit vers Daegu et s'y installa.

Hapki Yukwonsul (1948 - 1956)[modifier | modifier le code]

En février 1948, il rencontra Su Bok-Sup (서 복섭), alors âgé de 24 ans, qui deviendrait son premier étudiant. Celui-ci était le fils du directeur d’une fabrique de Makju (une sorte d’alcool). Choi était vendeur ambulant de gâteaux de riz dans la rue pour subvenir aux besoins de sa famille et il venait à la fabrique pour récupérer des grains résidus de la fermentation pour nourrir son cochon. Un jour, une bagarre impliquant Choi éclata et Su descendit pour la stopper. C’est alors qu’il remarqua les techniques utilisées par celui-ci : elles lui étaient inconnues, bien qu’il fut à l’époque 1er Dan de Yudo (adaptation coréenne du Judo, héritée de la domination japonaise). Il le fit venir dans son bureau afin que celui-ci lui démontre ses techniques. Choi lui demanda alors de lui faire une prise de Yudo, mais lorsque Su s'exécuta, Choi contra aisément sa technique. Choi appelait alors sa technique Yawara (야와라 ; 柔術, en coréen Yu Sul 유술) et Su prit sa première leçon dès le jour suivant. Quelques années après, Choi devint le Garde du Corps du père de Su. Su Bok-Sup est reconnu comme le tout premier ceinture noire de l'art connu aujourd'hui sous le nom de Hapkido, sous la direction de Choi Yong-Sul.

Au fur et à mesure de son développement, le Yu Sul devint Yu Kwon Sool (유권술 ; 柔拳術), afin de se différentier du Yu Do, puis Hap Ki Yu Kwon Sool (합기 유권술 ; 合氣柔拳術), en référence à l'Aikijujutsu d'origine (le terme japonais Aiki se traduisant Hapki en coréen)[6].

Le 12 février 1951, Choi et Su ouvrirent le Daehan Hapki-Yukwonsul Dojang (대한 합기 유권술 도장). Choi choisit le nom de Yukwonsul pour son art parce qu’il pensait que le terme Yusul pouvait se confondre aisément avec le Jûdô (en Coréen : Yudo). Cette même année, ils firent leur première démonstration publique de Hapki-Yukwonsul à l’Université de Daegu. Parmi les élèves les plus importants du Dojang à cette époque figuraient Kim Moo-Hong (김무홍) et Moon Jong-Won (문종원)[2].

Choi donnait également des cours privés chez lui, au cours desquels il forma notamment un certain Ji Han-Jae dès 1949 (bien qu'il fut très jeune à l'époque, il obtint bientôt le quatorzième diplôme de premier dan), ainsi que Seo In-Sun (élève de Moon Jong-Won), Han Bong-Soo (élève de Ji Han-Jae) et les frères Lee Joo-Bang (Hangul: 이주방, fondateur du Hwa Rang Do) et Joo-Sang. Ce noyau dur d'élèves de "première génération" est connu pour s'être beaucoup entraînés ensemble pendant une certaine période qui a suivi, tantôt au Dojang de Kim Moo-Hong, tantôt à celui de Ji Han-Jae. Le frère de Seo In-Sun, Suh In-Hyuk (Hangul: 서인혁, fondateur du Kuk Sool Won), est également supposé avoir pris part à ces séances d'entraînement[2].

Hapkido (1958 - 1973)[modifier | modifier le code]

Autour de 1958, Choi et Su ouvrirent chacun leur propre dojang à Daegu. Choi appela son école Soo Duk Kwan [8], et Su nomma la sienne Joong Ang Kwan, et fit de Kim Moo-Hong son assistant (il lui décerna un quatrième dan). C'est dans cette école que s'entraîna Kim Yong-Man (Moo Moo Kwan). C’est aussi en 1958 que le style prit provisoirement le nom de Hapkido[2].

En 1961, avec le soutien de Ji Han-Jae, Kim Moo-Hong ouvrit également sa propre école, le Sin Moo Kwan. En parallèle, Seo In-Sun, alors troisième dan de Hapkido, fonda le Kuk Sool Kwan.

En 1965, le très prometteur Lim Hyun-Su commença à étudier le Hapkido au Dojang de Maître Choi Yong-Sul, qu'il fréquenterait continuellement jusqu'à sa fermeture.

En 1963, Choi devint le premier Président d'honneur de l'Association Coréenne de Kido (Daehan Ki Do Hwe; Hangul: 대한 기도회), et nomma l'un de ses élèves, Kim Jung-Yun (Hangul: 김정윤), Secrétaire Général de l'association. Le nom Kido (気道) avait temporairement été choisi à la place de Hapkido (合気道) à cause de la confusion avec l'Aikido de Morihei Ueshiba, qui s'écrivait avec les mêmes caractères 合 (Ai/Hap), 気 (Ki) et 道 (Do). En 1968, les élèves les plus hauts gradés de Choi Yong Sul étaient Ji Han-Jae, Lee Joo-Bang et Kim Moo-Hong, tous trois huitième dan[9].

Cependant, des dissensions politiques éloignèrent les différents leaders du Hapkido, qui se désolidarisèrent de l'association les uns après les autres. En 1965, Ji Han-Jae quitta l'association et créa l'Association de Hapkido de Corée, revenant au nom Hapkido sous la pression de ses élèves. En 1968, Lee Joo-Bang fonda son propre art martial, le Hwa Rang Do. En 1971, Kim Moo-Hong, après avoir enseigné aux États Unis pendant un an à la demande du Kido, fonda l'Association Coréenne de Hapkido (Hangook Hapkido Hwe). En 1972, Kim Jung-Yun fonda le Han Pul, mais il resta malgré tout très proche de Choi[10].

Enfin, en 1973, Ji Han-Jae, Kim Moo-Hong et Myung Jae-Nam (élève de Ji Han-Jae depuis 1958, il fondera le Hankido et le Hankumdo dans les années 1980) fusionnèrent leurs associations respectives pour former la République des Associations Coréennes de Hapkido, dont Ji Han-Jae fut le premier Président, et Oh Se-Lim le deuxième[2].

L'héritage du Hapkido (1973 - 1987)[modifier | modifier le code]

Parmi les élèves restés proches de lui, Choi Yong-Sul s'attacha à former de façon complète des successeurs fidèles à ses techniques (il n'approuvait pas l'ajout des coups de pieds, des armes et de la méditation à son art), avec l'espoir de les voir unifier les différentes organisations de Hapkido. Au cours de cette période, les élèves les plus importants de Choi Yong-Sul furent Choi Bok-Yeul (son fils qu'il entraînait depuis son plus jeune âge), Chang Chin-Il (son successeur direct au titre de Doju), Lim Hyun-Su (fondateur du Jung Ki Kwan), Lee Yong-Su (décédé) et Kim Yun-Sang (fondateur du Hapkiyusul), qui se joignit à lui en 1973. En 1976, Choi ferma son Dojang et rejoignit son élève Lim Hyun-Su pour enseigner au Jung Ki Kwan. En 1980, il donna son nom à l'école créée par Kim Yun-Sang et Lee Yong-Su, qui devint ainsi la Yong Sul Kwan. C'est également cette année là que Doju Choi décerna le tout premier neuvième dan de son style, à son meilleur élève Chang Chin-Il. Bientôt suivirent Lim Hyun-Su, Lee Yong-Su, et enfin Kim Yun-Sang en 1984[11].

En 1982, Choi Yong-Sul se rendit aux États-Unis dans une ultime tentative pour amorcer l'unification les différentes factions du Hapkido. Dans ce dessein, il transmit en 1985 son titre de Doju à son élève Chang Chin-Il. Malheureusement, Chang n'avait pas l'ambition d'accomplir une telle unification sous sa propre autorité, et se contenta de transmettre les techniques de Choi dans son école, située à New York[9].

Choi Yong-Sul mourut le 27 octobre 1986 et fut enterré à Taegu, laissant un art martial diffusé, modifié et divisé par différents Maîtres.

À peine un an après le décès de son père, c'est Choi Bok-Yeul qui trouva tragiquement la mort, en 1987.

Afin de réaliser le souhait de Doju Choi de voir son art transmis à travers les générations dans toute sa pureté, Kim Yun-Sang fonda en 1987 le Hapkiyusul, art martial différentié du Hapkido par sa grande unité et sa fidélité totale aux enseignements de Choi Yong-Sul. Il garde encore à l'heure actuelle des liens étroits avec la famille Choi (il se considère d'ailleurs comme troisième Doju de son propre art martial, après Choi Yong-Sul et Choi Bok-Yeul). Il fait partie, avec Chang Chin-Il et Lim Hyun-Su, des trois anciens neuvièmes dan à enseigner encore aujourd'hui le Hapkido tel que Doju Choi le leur a appris, sans aucun ajout ni modification[11],[12].

Maître JI Han-Jae (né en 1936)[modifier | modifier le code]

Ji Han-Jae est né à Andong en Corée du Sud en 1936.

Apprentissage (1949-1957)[modifier | modifier le code]

Ji Han-Jae commença son véritable entraînement aux arts martiaux avec le Yu Sul en 1949 avec Choi Yong Sul à l’âge de 13 ans. Il était un des premiers élèves de Choi, il poursuivait également des études générales au lycée à Taegu. Il obtint rapidement la ceinture noire bien qu’il fût considéré comme un étudiant junior à cause de son jeune âge. Les techniques qu’il apprit à cette époque étaient principalement des blocages articulaires, des projections, et des coups de pied bas.

Ji s’entraîna à plein temps avec Choi jusqu’en 1957, date à laquelle il quitta sa ville natale, Andong, pour aller s’installer dans la capitale, Séoul.

Quand Ji eut 18 ans, il commença son entraînement auprès de maître Lee Do-Sah. L’entraînement de Ji sous sa responsabilité comprenait de longues heures de méditation, le maniement du Jang-Bong (bâton long mesurant environ 1,80 m) et du Dan-Bong (bâton court de la taille d'un avant-bras), et les coups de pied du Taekkyon (ou Tek Gi Yun) coréen. La plupart des exercices que Ji apprit et pratiqua à cette époque sont similaires aux exercices plyométriques pratiqués dans les sports d’aujourd’hui.

En plus des aspects martiaux de l’entraînement, Lee accompagna aussi Ji dans les débuts de son voyage mental et spirituel. Il l’exerça à de nombreuses pratiques méditatives et respiratoires. La plupart de ces exercices était des exercices de développement du Ki (Qi en chinois) très similaires aux pratiques d’Alchimie interne Taoïste (appelées « Sundo »). Ji travailla des mois avec Lee, puis, celui-ci le quitta en lui donnant des exercices lui permettant de pratiquer malgré leur séparation. La plupart de ces exercices étaient soit des pratiques physiques, soit des pratiques méditatives, pour lesquelles Ji pratiqua des heures d’entraînement personnel en solitaire. Plus tard, il continuerait son entraînement spirituel auprès du Maître de Lee, d'une nonne anonyme qu'il appelait Grand-Mère.

En 1956, Ji Han-Jae obtint son troisième dan de Yu Kwon Sul, ouvrit son propre Dojang à Andong, sa ville natale, et le nomma An Moo Kwan. Il y enseigna notamment à Yu Yong-Wu (son assistant), Kwon Tae-Man et Oh Se-Lim.

Expansion du Hapkido (1957-1979)[modifier | modifier le code]

Ji déménagea à Séoul en septembre 1957, laissant son école à Yu Yong Wu. Là-bas, il ouvrit une autre école qu’il nomma Sung Moo Kwan, et où il enseigna le Hapki Yu Kwon Sool. Continuant à modifier ce qu’il enseignait pour combiner ce qu’il avait appris de ses deux maîtres, Ji a finalement développé un style unique et l’a appelé Hapkido[2]. De la Sung Moo Kwan sont issus de nombreux Grands Maîtres de Hapkido comme Kim Duk In (Duk Moo Kwan), Oh Se Lim (Korea Hapkido Federation), Kim Jin Pal (maître de Jackie Chan, Sammo Hung, Angela Mao et Carter Wong), Myung Jae Nam (Hankido), Kim Myung Yong (Jin Jung Kwan), et Hwang In Shik (connu pour ses films d'arts martiaux).

Avec cette combinaison unique de techniques et philosophies, Ji passa la plus grande partie des années 1960 et 1961 à affiner le programme d’étude qu’il voulait continuer à enseigner. En 1961, lui et Kim Moo Hong (en) passèrent près de 8 mois à finaliser le programme des coups de pied[2]. Ji adapta cela à l’entraînement mental et spirituel qu’il avait appris de Lee.

En mai 1961, le Général Park Chung Hee devint Président de Corée après un coup d’État militaire. Ji déménagea à Kwan Chul Dong et enseigna en parallèle à son Dojang et à l’Académie Militaire de Corée. Peu après il fut engagé pour enseigner aux forces de sécurité présidentielles assignées à la protection rapprochée de la résidence du Président Park, la Maison Bleue.

Ji devint influent de par sa position au gouvernement et fut ainsi capable d’étendre son organisation et la diffusion du Hapkido. Tout en travaillant à la Maison Bleue, Ji mena plusieurs tentatives pour unifier les organisations de Hapkido qui avaient surgi en Corée du Sud, et finit par réussir en s'associant à Choi Yong Sul et d'autres Maîtres pour créer l'Association Coréenne de Kido.

Cependant, une grande partie des meilleurs élèves de Ji appartenant à l’école Sung Moo Kwan ne voulurent pas adopter le nouveau nom de Kido, et en 1965, Ji Han Jae quitta l’Association Coréenne de Kido et créa l’Association Coréenne de Hapkido avec l’aide de ses élèves et grâce au président Park. Ses élèves continuèrent à appeler leur art martial Hapkido, et continuèrent à l’enseigner comme ils l’avaient appris. À cette époque, Ji était devenu une personne puissante au gouvernement grâce à son statut d’instructeur. En 1973, en fusionnant à son Association de Hapkido celles de Kim Moo Hong et de Myung Jae Nam (en), ils formèrent la République des Associations Coréennes de Hapkido. Choi Dae Hoon en fut élu président et Ji, vice-président senior[2].

Carrière au cinéma (1969 - 1973)[modifier | modifier le code]

En 1969, Ji alla pour la première fois aux États-Unis au cours d’un échange avec les forces de sécurité du président Nixon. Il enseigna le Hapkido aux services secrets américains et forces spéciales telles que l’OSI, le FBI et la CIA. Alors qu’il visitait la base Air Force Andrews, son ami le grand maître de Taekwondo Jhoon Goo Rhee (en) lui présenta Bruce Lee. Celui-ci fut impressionné par les techniques de Ji et lui demanda de venir les lui enseigner à Hong-Kong.

Ji voyagea à travers l’Asie à cette époque tandis qu’il passait le plus clair de son temps à Hong-Kong, à la disposition de Bruce Lee, pour travailler dans l’industrie du cinéma. Il fut engagé par Golden Harvest pour aider les chorégraphes des films d’arts martiaux et jouer un rôle dans certains desdits films. Il passa une partie de son temps à travailler à Hong-Kong, mais se chargea aussi d’entraînements et de films en Corée de 1972 à 1975. À cette époque, Ji enseigna à des star de cinéma et à des maîtres d’arts martiaux tels que Kim Jin Pal (qui enseigna plus tard le Hapkido à Jackie Chan), Hwang In-Shik (en), Angela Mao, Sammo Hung, ainsi que Bruce Lee et bien d’autres. Certaines de ces stars vinrent réellement s’entraîner au Dojang principal de l’Association Coréenne de Hapkido en 1972.

À travers une courte carrière dans le cinéma, Ji apparut dans au moins quatre films : « Hapkido » (connu aux États-Unis sous le nom de « Lady Kung Fu », à cause du fait que le Hapkido, art martial peu connu, était considéré là-bas comme un type de Kung Fu Coréen), « Fist of Unicorn (en) », « The Dragon Tamers (en) », et le plus connu, « Le Jeu de la Mort » de Bruce Lee, dans lequel il joua probablement son meilleur et plus célèbre rôle. Lee s’entraîna comme élève de Ji pendant une courte période qu’il passa à Hong-Kong, travaillant pour Golden Harvest. Ji travailla des heures avec Lee et d’autres acteurs, et durant cette période il aida Lee à guérir d’une blessure du dos dont il souffrait depuis quelque temps. Malheureusement, Lee mourut le 20 juillet 1973, au milieu d’un tournage.

Crise politique en Corée (1979 - 1983)[modifier | modifier le code]

Le 26 octobre 1979, Kim Jae Kyu (en), le directeur de la CIA Coréenne, assassina le Président Park Chung Hee à la Maison Bleue. Kim et les autres conspirateurs tuèrent aussi le garde du corps en chef du président, son chauffeur et deux autres membres de la sécurité. À quatre heures du matin, quand la mort du président fut confirmée, la loi martiale fut imposée dans tout le pays, partout des troupes furent déployées.

Les affrontements au sein du gouvernement et de l’armée, qui à cette époque contrôlait presque tout le pays, forcèrent beaucoup d’élus proches de Park à démissionner à la suite de l’assassinat. Au milieu de tout ce chaos, Ji quitta ses fonctions. Plusieurs de ces démissionnaires furent arrêtés et certains exécutés alors que croissaient les troubles politiques. À cause de son ancienne position au sein du pouvoir, Ji devint une cible durant le désordre qui s’en suivi.

Avec les turbulences suivant l’assassinat de Park, Ji se retrouva coincé au milieu d’une lutte politique pour le pouvoir. À cause de ses implications politiques, avec le changement de l’année 1980, Ji et son organisation furent accusés de fraude fiscale et Ji fut condamné à une peine d’un an de prison[13]. À sa sortie, Ji avait terminé l'entraînement spirituel solitaire que Grand-Mère lui avait donné, et il se servit de ce qu'il avait appris pour mettre en place le Sin Moo Hapkido, qu'il partit enseigner aux États-Unis en 1984.

Controverse[modifier | modifier le code]

Il existe une inextricable controverse quant aux origines du nom Hapkido : si certains attribuent sa création à Ji Han-Jae, d'autres considèrent que c'est son maître, Choi Yong Sul, qui fonda cet art martial[14]. Une explication plausible pourrait être la suivante : à l'époque où il fonda son art (indubitablement différent de celui enseigné par Choi Yong Sul, puisqu'il y ajouta les techniques que lui avait enseigné Lee Do-Sah), Ji Han-Jae n'avait que 22 ans, et était toujours l'élève de Choi Yong Sul. Par respect pour son maître, Ji Han-Jae aurait proposé le nom « Hapkido » à Choi Yong Sul avant de l'adopter pour son propre art, et celui-ci aurait décidé d'enseigner lui aussi sous le nom de Hapkido. Toutefois, ceci n'est qu'une théorie parmi tant d'autres, et il convient soit de s'en tenir à distinguer le Hapkido dit « moderne » de Ji Han-Jae (où figurent les techniques de bâton long et court du Samrangdo et les coups de pieds du Taekkyon), et le Hapkido dit « traditionnel » de Choi Yong Sul (qui s'inscrit dans la continuité du Yu Kwon Sul), soit d'accepter que le Hapkido ait eu non pas un mais deux pères fondateurs.

Signification du terme Hapkido

HAP : Harmonie, concordance

KI : Souffle qui connecte le corps et l'esprit

DO : La voie, le chemin initiatique

Ainsi, le Hapkido peut être défini comme la voie de l'harmonie entre le corps et l'esprit.

Les trois principes de base[modifier | modifier le code]

La fluidité (Yu) : Savoir s'adapter aux différents adversaires de manière changeante et fluide et ne pas être rigide.

Le cercle (Won) : Absorber la force de l'adversaire pour mieux pouvoir le diriger là où on le désire, savoir ne pas opposer la force contre la force mais utiliser la force de son adversaire et la joindre à la nôtre pour une meilleure efficacité.

L'harmonie (Hwa) : Entrer en complète harmonie avec son opposant afin de mieux déceler ses intentions pour pouvoir lire en lui et anticiper ses éventuelles attaques.

Selon le concept asiatique, toutes entités vivantes sont énergies vibrantes et coexistantes sur des plans similaires ou différents. Étudier et comprendre ces énergies, les harmoniser afin de pouvoir les utiliser pour réaliser un équilibre physique, mental et spirituel entre l'homme et le cosmos, voilà le véritable esprit du Hapkido.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 合氣道 et 합기도, Voie (Do - 도 - 道) de l'énergie (Ki - 기 - 氣) signifient également aïkido.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Kim, He-Young. Hapkido (ou The Hapkido Bible). Andrew Jackson Press, Baton Rouge, Louisiane 1991.
  3. http://tae.kwon.do.free.fr/index.php?static/Histoire-des-Arts-Martiaux-Coreens-Par-Scott-Shaw
  4. http://www.hwarangwarrior.com/YONG_MU_KWAN_HAPKIDO_CURRICULUM_2012.pdf
  5. http://jjkhapkido.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=71&Itemid=199
  6. a et b (en) Hentz, Eric (editor), Taekwondo Times Vol. 16, No. 8. Tri-Mount Publications, Iowa 1996. "The Beginning of Hapkido; An Interview with Hapkido Master Seo, Bok-Seob" by Mike Wollmershauser.
  7. (ko) 허인욱의 무인이야기 장보고와 정년 그리고 송징].
  8. Gabrielle et Roland Habersetzer, Encyclopédie des arts martiaux de l'Extrême Orient, amphora sports
  9. a et b http://www.ikmaf.com/index.php/styles/yu-shin-hapkido/history-of-hapkido
  10. http://modernhapkido.org/history.html
  11. a et b http://www.hapkiyusul.com/eng/m3.htm
  12. http://www.jungkikwan.com/english/en_index.html
  13. Kim, He-Young. Interview. Jackson, Mississippi, mars 2004.
  14. Hentz, Eric (éditeur), Taekwondo Times Vol. 16, No. 8. Tri-Mount Publications, Iowa 1996. "The Beginning of Hapkido; An Interview with Hapkido Master Seo, Bok-Seob" par Mike Wollmershauser.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémi Mollet, avec le concours de Stéphane Burlet, Geoffrey Lahaye, Laurent Rodier, Hapkido : Art coréen d'autodéfense, Noisy-sur-École, Budo Éditions, 2006, 254 p. (OCLC 181356078)

Liens externes[modifier | modifier le code]