Jean van Heijenoort

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean van Heijenoort
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
(à 73 ans)
MexicoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités

Jean Louis Maxime van Heijenoort [van ɛjɛnɔrt], (23 juillet 1912 – 29 mars 1986) est un pionnier français de la logique mathématique.

Il a également été le secrétaire personnel de Léon Trotsky de 1932 à 1939 et un activiste trotskyste de 1939 à 1947.

Biographie[modifier | modifier le code]

Van Heijenoort est né à Creil en France. La situation financière de sa famille était difficile, son père, immigrant néerlandais, étant mort quand il avait deux ans. Il a néanmoins acquis une éducation traditionnelle française formelle, comme l'attestent ses écrits en français. Plus tard naturalisé citoyen américain, il a visité la France deux fois par an de 1958 à sa mort, et est resté très attaché à sa famille et à ses amis français.

Point de vue politique[modifier | modifier le code]

En 1932, recruté par Yvan Craipeau, il rejoint le mouvement trotskyste et la Ligue communiste. Peu après, Trotsky, récemment exilé, l'embauche comme secrétaire et garde du corps, principalement pour sa maîtrise du français, du russe, de l'allemand et de l'anglais. Il œuvre ainsi pendant sept ans dans la maison de Trotsky, aidant Trotsky à écrire plusieurs livres et de tenir une vaste correspondance intellectuelle et politique en plusieurs langues.

En 1939, van Heijenoort déménage à New York pour vivre avec sa seconde épouse, Béatrice Guyer, dite Bunny. Il y travaille pour le Parti socialiste des travailleurs (US) (SWP) et écrit un certain nombre d'articles pour la presse trotskyste américaine. Il est élu au secrétariat de la Quatrième Internationale en 1940, mais en démissionné lorsque Felix Morrow etAlbert Goldman, avec lesquels il avait intégré le parti, ont été expulsés du SWP (Goldman rejoint par la suite le Parti des travailleurs des États-Unis, contrairement à Morrow). En 1947, il est à son tour expulsé du SWP. En 1948, il publie dans le Partisan Review un article sous le pseudonyme de Jean Vannier où il annonce son renoncement au marxisme.

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

Après avoir terminé un Ph. D. en mathématiques à l'université de New York en 1949 sous la direction de J.J. Stoker, il y enseigne les mathématiques avant de se tourner vers la logique et la philosophie des mathématiques, en bonne partie sous l'influence de Georg Kreisel. Il commence à enseigner la philosophie, d'abord à temps partiel à l'université de Columbia, puis à temps plein à l'université de Brandeis, de 1965 à 1977. Il passe une grande partie de sa dernière décennie à l'université Stanford, à écrire 8 livres, dont certaines parties du Collected Works de Kurt Gödel.

L'anthologie From Frege to Gödel (van Heijenoort, 1967), peut-être le livre le plus important jamais publié sur l'histoire de la logique et des fondements des mathématiques, est une anthologie de traductions. Il commence par la première traduction complète de l'Idéographie de Frege (Begriffsschrift, 1879), qui est suivie de 45 textes historiques importants sur la logique mathématique et la théorie axiomatique des ensembles, initialement publiés entre 1889 et 1931. L'anthologie se termine par les articles fondamentaux de Gödel sur l'incomplétude de l'arithmétique de Peano.

Cette anthologie a largement contribué faire avancer l'idée que la logique moderne commence avec la Begriffsschrift. Selon Grattan-Guinness (2000), ce point de vue sur l'histoire de la logique est erroné, car Frege emploie une notation idiosyncrasique et a été beaucoup moins lu, par exemple, que Peano. Ironie du sort, van Heijenoort (1967) est souvent cité par ceux qui préfèrent la position « modèle-théorétique » sur la logique et les mathématiques. Une grande partie de l'histoire de cette position, dont les acteurs principaux sont George Boole, Charles Sanders Peirce, Ernst Schröder, Leopold Löwenheim, Thoralf Skolem, Alfred Tarski, et Jaakko Hintikka. L'anthologie sous-estime la logique algébrique de De Morgan, Boole, Peirce et Schröder, mais consacre plusieurs pages à Skolem, et comprend le texte de Löwenheim (1915), l'article fondateur de la théorie des modèles.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Van Heijenoort eut un enfant de deux de ses quatre épouses. Tout en vivant avec Trotsky au Coyoacán, qui est aujourd'hui un quartier de Mexico, la première femme de van Heijenoort l'a quitté suite à des affrontements avec la conjointe de Trotsky. Van Heijenoort était aussi l'un des amants de Frida Kahlo (il est joué par Felipe Fulop dans le film Frida). Van Heijenoort n'est en aucun cas impliqué dans l'assassinat de Trotsky en 1940. Van Heijenoort a également lui-même été assassiné à Mexico, 46 ans plus tard, par sa quatrième ex-conjointe, qui s'est ensuite suicidée.

Œuvres sélectionnées[modifier | modifier le code]

  • 1967a. « Logic as Language and Logic as Calculus », Synthese 17: 324–30.
  • 1978. With Trotsky in Exile: From Prinkipo to Coyoacán. Harvard University Press.
  • 1985. Selected Essays. Naples: Bibliopolis.

Livres dont Van Heijenoort est le (co-)auteur  :

  • 1967. From Frege To Gödel: A Source Book in Mathematical Logic, 1879-1931. Harvard University Press; reprinted with corrections, 1977.
  • 1986, 1990. Kurt Gödel: Collected Works, Vols. I, II. Oxford University Press.
  • 1968. Jacques Herbrand : Écrits logiques. Presses Universitaires de France.
  • 1980. Leon et Natalia Trotsky : Correspondance 1933-38. Paris: Gallimard.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]