Jean Barclay

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Jean Barclay.

Jean Barclay (1582, Pont-à-Mousson - 1621, Rome), est un écrivain catholique français d'origine écossaise du premier quart du XVIIe siècle. Il est l'un des derniers humanistes, un "homo europeanus"[1].

Il était fils de l'écossais William Barclay, réfugié en France depuis 1573, qui après ses études sous Cujas, sera nommé professeur de droit à Pont-à-Mousson. Il est né en Lorraine, où son père s'était retiré pour se soustraire aux persécutions dont les Catholiques étaient alors l'objet dans sa patrie.

Après la mort de son père (1605), il passa en Angleterre, y fut bien accueilli de Jacques Ier et y publia un ouvrage de son père De potestate papae (1607) ; il eut à cette occasion une vive controverse avec Robert Bellarmin, puis avec le jésuite Andreas Eudaemon-Joannes, qui l'accusait d'hérésie. C'est durant sa période "anglaise" qu'il fit la connaissance de Peiresc, une amitié (le plus souvent épistolaire) qui durera jusqu'à sa mort, et bien après, Peiresc assumant la défense et la promotion de l'œuvre de Barclay (en particulier de l'Argenis).

À la suite de ces querelles, il se retira à Rome où il publia de nouveaux écrits dans le but d'établir son orthodoxie. Il se lia d'amitié, entre autres, avec le Cardinal Barberini (le futur pape Urbain VIII). Il mourut à Rome en août 1621.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • In P. Statii Papinii Thabaidis Libros III Commentarii et in Totidem Sequentes Notae (un commentaire des trois premiers livres de la Thébaïde de Stace), Pont-à-Mousson, 1601
  • Carmen Gratulorium, Paris, 1603 (sur le couronnement de Jacques Ier)
  • Series Patefacti Divinitus Parricidii in Ter Maximum Regem Regnumque Britanniae Cogitati et Instructi[2], Londres, 1605
  • Sylvae, Londres, 1606
  • Euphormionis Lusinini Satyricon (abrégé en Euphormio, le plus souvent), Paris, 1605, pour la première partie ; Paris, 1607, pour la seconde partie.

Autres éditions (liste non exhaustive) : Leyde, 1637 ; avec clefs, traduction par Jean-Baptiste Drouet de Maupertuy, Anvers, 1711

  • Apologia Euphormionis pro Se, Paris, 1610 ; présentée comme la troisième partie de l' Euphormion, c'est une réponse aux attaques lancée par la Papauté (entre autres), qui avait mis l' Euphormion à l'Index.
  • Icon animorum ou Portail des âmes, Londres, 1614, traduit en français ; présenté comme la quatrième partie de l'Euphormion
  • Poematum Libri Duo, 1615.
  • Paranesis ad Sectarios 1617
  • Virtus vindicata sive Polieni Rhodiensis Satyra in depravatos orbis incolas[3],1617
  • Argenis, Nicolas Buon, Paris, 1621
  • Histoire de la conspiration des poudres, Oxford, 1634

L'Euphormion[modifier | modifier le code]

Satire allégorique, ouvrage portant principalement les vues et les goûts de Jacques Ier[4], Paris, 1605, pour la première partie ; Paris, 1607, pour la seconde partie.

L' Apologia Euphormionis pro Se et l' Icon Animorum sont présentés comme la troisième et la quatrième partie de l' Euphormion. Toutefois, ces deux textes ne sont pas des fictions et ne sont reliés que de manière lâches (le premier est une apologie de l'Euphormion et le second est un portrait satirique des différents peuples d'Europe) aux deux premières parties, qui se suivent et forment un tout.

Le Tableau des esprits est un essai de description et de classification, d’après nature, des traits qui font les différences et les ressemblances entre les Européens. Barclay observe leurs signes intérieurs et extérieurs, qui tiennent tantôt aux conditionnements de la nature humaine et de l’éducation, tantôt aux caractères des nations et aux déterminations sociales ou professionnelles. L’homme européen trouve ici une de ses premières définitions, la plus contrastée qui soit, mêlant l’histoire et la géographie, la culture et les idéaux religieux sécularisés, dans un manuel qui échappe à toute catégorisation en genre, multiplie les perles d’écriture et oblige le lecteur d’aujourd’hui à méditer sur ses préjugés invétérés. Ce texte s’apparente au premier abord à un traité de morale ; il débute dans le style de Montaigne par un vaste développement sur l’enfance, l’éducation, la formation des premiers vices et des premières vertus pour se consacrer ensuite à une analyse comparée des différents peuples d’Europe et de leurs tempéraments ; il s’achève par une enquête inquiète sur les métiers de ses lecteurs potentiels dont il est le miroir. Miroir de l’honnête homme ou bien anamorphose, ce texte trouble est aussi l’ébauche d’un traité politique méditant sur la prudence d’une façon singulière dans ce XVIIe siècle dominé par la raison d’État. Tel quel il mérita de se trouver sur la table de chevet de Leibniz au moment de sa mort

Le Tableau des Esprits: Voir Paulette Choné et Sylvie Taussig. Édition, annotation et introduction du Tableau des esprits de John Barclay (Turnhout, Brepols, 2010). ISBN 978-2-503-52567-9

L'Argénis[modifier | modifier le code]

Jean Barclay est connu pour son Argenis, roman allégorique écrit en latin et mêlé de prose et de vers où il trace le tableau des vices et des révolutions des cours. Ce livre, estimé par Richelieu, est remarquable par l'élégance de style.

Publié d'abord à Paris par Nicolas Buon en 1621, il a été réimprimé fréquemment notamment à Leyde, Elzévir, 1630 et 1664, avec une clef des personnages.

Il a été traduit en français par Pierre de Marcassus et imprimé à Paris par Nicolas Buon dès 1623 (avec des figures de Claude Mellan et Léonard Gaultier), puis par l'abbé Louis Josse, 1732 et par Savin, 1776.

Albert Dupond a donné une Étude sur l'Argénis, 1875.

L'ouvrage a connu trois continuations : une française, une espagnole et une latine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Desjardins(-Daude), Juliette, « John Barclay, ou les derniers feux de l’humanisme », Littératures Classiques, 15 (1991), pp. 69-83
  2. "No author is mentioned on the title page but the verses which conclude the work were reprinted in Barclay's Sylvae (...) and the work was included as Barclay's in editions of his Satyricon from 1628 on" (D.A. Fleming, note 11, p.230)
  3. Polienus serait le pseudonyme de Jean Barclay. voir Les supercheries littéraires dévoilées, galerie des auteurs apocryphes ... de Joseph Marie Quérard, 1846
  4. David A. Fleming, "John Barclay : Neo-Latinist at the Jacobean Court", Renaissance News, Vol 19, No. 3 (Automne 1966), pp. 228-236

Source[modifier | modifier le code]

  • Collignon, Albert, Notes sur l’Euphormion de Jean Barclay, 1901, Berger-Levrault & Cie., Nancy
  • Collignon, Albert, Le Portrait des Esprits (Icon animorum) de Jean Barclay, Nancy, 1906.
  • Collignon, Albert, Notes Historiques, Littéraires et Bibliographiques sur l’Argenis de Jean Barclay, Nancy et Paris : Berger-Levrault & Cie., 1902
  • Fleming, David A., Barclay J. Euphormionis Lusinini Satyricon (Euphormio’s Satyricon) 1605-1607. Translated from the Latin with Introduction and Notes, S.M. Bibliotheca Humanistica & Reformatoria, VI, Nieuwkoop, Holland, 1973
  • Argenis, edited and translated by Marc Ryler & Dorothy Pritchard Huber, Bibliotheca Latinatis Novae, Van Gorcum, 2004

Liens internes[modifier | modifier le code]