Institut de hautes études internationales et du développement

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)
IHEID Logo 2013.tif
Image dans Infobox.
Histoire et statut
Fondation
2008
Type
Régime linguistique
Directeur
Membre de
Site web
Chiffres-clés
Étudiants
951 (82 % d'étudiants internationaux, non-suisses)
Enseignants
Professeurs : 58
Chargés d’enseignement et de recherche : 11
Enseignants invités : 35
Chercheurs invités : 3
Localisation
Ville
Pays
Localisation sur la carte du canton de Genève
voir sur la carte du canton de Genève
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Suisse
voir sur la carte de Suisse
Red pog.svg

L'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID ; en anglais Graduate Institute of International and Development Studies) est un institut universitaire de langue anglaise et française, situé à Genève, en Suisse. Il a été créé en 2008 par la fusion de l'Institut universitaire de hautes études internationales et de l'Institut universitaire d'études du développement. Dans les cercles académiques et professionnels, l'Institut est considéré comme une des institutions post-grade les plus prestigieuses au monde[1],[2].

L'Institut est actif dans le domaine des affaires internationales, des relations internationales, du droit international, de l'économie internationale, de l'histoire internationale, et des études de développement.

En dépit de son très petit effectif étudiant, inférieur à 1 000 élèves au total, l'Institut a un caractère divers et cosmopolite grâce à son pourcentage très élevé d'étudiants internationaux (82 %), qui inclut plus de 100 nationalités[3]. Son campus est distribué sur la rive droite de la ville de Genève. La plus ancienne construction, la Villa Barton, est située dans un parc public sur les rives du Léman, tandis que des bâtiments plus récents sont pour la plupart dans le quartier regroupant les organisations internationales.

L'Institut est un membre de la Association of Professional Schools of International Affairs, une organisation de grandes universités spécialisées en études internationales. L'institut propose deux programmes conjoints avec la Harvard Kennedy School of Government en Affaires internationales et en développement[4].

Depuis , l'Institut est administrativement indépendant de l'Université de Genève, et les immatriculations à l'institut ne se font plus à l'Université de Genève[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Institut de hautes études internationales et du développement est créé en 2008 par la fusion de l'Institut universitaire de hautes études internationales et de l'Institut universitaire d'études du développement[6]

Scolarité[modifier | modifier le code]

L'Institut compte cinq unités académiques : Relations internationales, Histoire internationale, Droit international, Economie internationale, et Anthropologie et Sociologie du développement. Chaque département propose un programme de maîtrise et de doctorat.

L'Institut propose également deux programmes de maîtrise interdisciplinaire, l'un en Affaires internationales et l'autre en développement.

En outre, l'Institut propose un certain nombre de programmes de degré LL.M. avec l'Université de Genève, l'Université de Georgetown et l'Université Harvard. Enfin, l'Institut propose une gamme de programmes de formation continue, y compris un LL.M. en droit international et une maîtrise exécutive en Affaires asiatiques ou en négociation internationale et prise de décision politique.

Reposant sur une exigence de qualité académique, l'enseignement à l'Institut présente les caractéristiques distinctives suivantes: une priorité à l'interaction entre les étudiants et les professeurs ; importance des travaux universitaires personnels, politique de bilinguisme dans les deux langues officielles de l'Institut, soit l'anglais et le français ; focus sur les carrières des étudiants. L'admission aux programmes d'études de l'Institut est très concurrentielle, avec seulement 18 % des candidats admis aux programmes d'études de l'Institut en 2012[7].

Campus[modifier | modifier le code]

Construction de la Maison de la paix.

Le campus Villa Moynier fut ouvert en afin d'accueillir les bureaux et salles de cours de l'Académie de droit international humanitaire et des droits de l'homme de Genève. Le bâtiment a une portée symbolique, car il était initialement propriété de Gustave Moynier, cofondateur du Comité international de la Croix-Rouge. La villa fut utilisée par la Société des Nations et fut le siège du CICR entre 1933 et 1946.

La construction d'un nouveau campus, la Maison de la paix, est en cours. La première étape a été mise en service en [8]. Le nouveau campus réunira à terme les différents départements de l'Institut et la bibliothèque sous un même toit. La Maison de la paix abritera aussi trois centres internationaux soutenus par le gouvernement suisse : le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF), le Centre de Genève pour la politique de sécurité (GCSP) et le Centre international de Genève pour le déminage humanitaire (CIDHG)[8]. La bibliothèque de la Maison de la paix portera le nom de deux anciens de l'Institut, l'Ambassadeur Shelby Cullom Davis et son épouse Kathryn Davis, à la suite d'un don de 12 millions de dollars de Mme Davis[9].

La première partie de la Maison de la paix ainsi que la nouvelle bibliothèque ont été ouvertes le .

L'IHEID a également l'intention de construire le Portail des Nations près de la Place des Nations. Le nouveau bâtiment comptera un certain nombre de salles de conférence et accueillera des expositions sur le rôle de Genève en matière de politique internationale[10].

Une résidence, la Maison des étudiants Edgar de Piciotto, a été achevée en 2012 et compte 135 appartements pour étudiants et professeurs invités.

Une nouvelle résidence Grand Morillon située dans le quartier du Petit-Saconnex a ouvert début 2021. Elle a été conçue par l'architecte japonais Kengo Kuma et compte 678 lits[11].

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La bibliothèque de l'Institut de hautes études internationales et du développement est une bibliothèque spécialisée dans le domaine des relations internationales et du développement. Elle est née en 2007 de la fusion des bibliothèques de l'Institut universitaire de hautes études internationales (HEI) et de l'Institut universitaire d'études du développement (IUED). La nouvelle bibliothèque est maintenant l'une des plus riches de Suisse et d'Europe dans les domaines des relations internationales et du développement. Elle compte 350 000 livres et revues spécialisées. L'ensemble de ces ouvrages est maintenant en libre accès, aucun d'entre eux n'étant plus stocké dans des dépôts distants.

La bibliothèque est dépositaire des publications de l'ONU depuis 1947 et a été dépositaire des publications de l'OSCE et de la Banque Asiatique de Développement jusqu'en 2012. Elle héberge également plusieurs fonds d'archive, notamment les fonds Boris Souvarine ou Pierre Centlivres, les archives du Centre européen de la culture ou un fonds de cotes boursières provenant du Crédit Lyonnais[12].

Recherche[modifier | modifier le code]

Les activités de recherche de l'Institut sont menées aussi bien au niveau fondamental qu'au niveau appliqué, avec le souci d'apporter aux acteurs internationaux publics et privés une analyse utile à la solution des grands problèmes actuels.

Ces activités de recherche sont conduites d'une part par les professeurs de l'Institut dans le cadre de leurs travaux personnels et, d'autre part par des équipes interdisciplinaires au sein de centres ou de programmes, dont l'activité se concentre sur six domaines prioritaires :

  • le commerce international et l'intégration globale
  • les conflits et la construction de la paix
  • les migrations et les réfugiés
  • l'action humanitaire
  • les enjeux internationaux de l'environnement
  • la politique internationale de la santé.

Centres et programmes de recherche[modifier | modifier le code]

Les centres et programmes de recherche de l'Institut diffusent des recherches qui contribuent à l'analyse des organisations internationales basées à Genève :

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

L'historien Philippe Burrin, directeur de l'IUHEI puis de l'IHEID de 2004 à 2020.

Statut légal[modifier | modifier le code]

L'IHEID est constitué comme une fondation privée suisse, la Fondation pour l'institut de hautes études internationales et du développement, et partage une convention avec l'Université de Genève[13]. Il s'agit d'une forme d'organisation particulière, puisque l'Institut est constitué comme une fondation privée remplissant une fonction publique. En outre, la responsabilité politique de l'Institut est partagée entre la Confédération suisse et le Canton de Genève. Habituellement, en Suisse, la gestion des universités publiques est la responsabilité des cantons, à l'exception des écoles polytechniques fédérales de Zurich et Lausanne. IHEID est donc une institution hybride, entre deux catégories standard[14].

Conseil de fondation[modifier | modifier le code]

Le Conseil de fondation est l'organe administratif de l'Institut. Il est composé de personnalités indépendantes nommées par le Conseil fédéral et le Conseil d’État du Canton de Genève. Les relations de la fondation avec les autorités publiques sont réglées dans une convention d’objectifs de quatre ans. Rolf Soiron est président du Conseil de la fondation. Le vice-président est Beth Krasna (également membre du Conseil des Écoles polytechniques fédérales). Le Conseil comprend entre autres : Tamar Manuelyan Atinc (ancienne vice-présidente du développement humain à la Banque mondiale), Charles Beer (ancien conseiller d’État chargé de l’instruction publique, de la culture et du sport du canton de Genève), Joëlle Kuntz (journaliste), Jacques Forster (ancien vice-président du Comité international de la Croix-Rouge), Christine Beerli (ancienne membre du Grand Conseil bernois), Annemarie Huber-Hotz (ancienne présidente de la Croix-Rouge suisse), Michèle Lamont (professeur de sociologie et d’études africaines et afro-américaines), Carlos Lopes (professeur auprès de la faculté de commerce de l’Université de Cape Town), Jacques Marcovitch (professeur de gestion et d’affaires internationales à l’Université de São Paulo), Robert Roth (professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Genève) et Isabelle Werenfels (responsable de la division de la recherche sur le Moyen-Orient et l'Afrique à la Stiftung Wissenschaft und Politik à Berlin).

Administration[modifier | modifier le code]

L'Institut fut dirigé par le directeur Philippe Burrin, et à partir du 1er septembre 2020 par Marie-Laure Salles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The Graduate Institute of International Studies, Geneva », Study iHub, (consulté le 13 octobre 2012)
  2. « Kendra Magraw ('10) Accepted at Geneva's Prestigious IHEID », University of Minnesota, (consulté le 13 octobre 2012)
  3. « The Graduate Institute of International Studies, Fact Sheet », (consulté le 15 août 2016)
  4. « Dual Master », (consulté le 12 décembre 2017)
  5. « les immatriculations à l'Institut de hautes études internationales et du développement », (consulté le 7 décembre 2017)
  6. « Fondation pour l’étude des relations internationales et du développement, Genève: Statuts de la fondation et composition du premier conseil de fondation », news.admin.ch, Département fédéral de l'intérieur, (consulté le 13 octobre 2012)
  7. « Rentrée académique » (consulté le 15 décembre 2012)
  8. a et b Sophie Davaris, « IHEID dévoile son campus et la future Maison de la Paix » [archive du ], Tribune de Genève, (consulté le 13 octobre 2012)
  9. Philippe Burrin, « A US$ 10 Million Grant from Mrs Kathryn Davis », Globe No. 3, (consulté le 11 octobre 2012)
  10. « La Fondation Pictet pour le développement donne 25 millions à la Genève internationale », Le Temps (consulté le 14 octobre 2012)
  11. « Ouverture de la résidence étudiante Grand Morillon | IHEID », sur www.graduateinstitute.ch (consulté le 3 février 2021)
  12. « Find Resources | IHEID », sur www.graduateinstitute.ch (consulté le 4 février 2021)
  13. « The Foundation », IHEID, (consulté le 13 octobre 2012)
  14. (de) « Bund finanziert Genf neue Hochschule » [archive du ], Neue Zürcher Zeitung, (consulté le 13 octobre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]