Ingénieur géographe

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Un ingénieur géographe est un ingénieur qui dresse des cartes de géographie.

Historique[modifier | modifier le code]

La France a eu des topographes ou un génie topographique bien avant toute autre armée[1]. La création des ingénieurs géographes remonte à 1696 époque qui correspond à la création du corps des ingénieurs militaires.

En 1761, ils furent rattachés au Dépôt de la Guerre. L'institution n'ayant rempli qu'imparfaitement son objet, le conseil de la guerre, prenant en considération la nécessité d'attacher à l'état-major de l'armée une section qui y manquait, proposa d'établir en 1782 un corps permanent d'ingénieurs géographes chargés de s'occuper des marches et de l'établissement des camps. Ce corps fut alors indépendant des autres corps d'ingénieurs déjà en place appelés géographes de l'armée. Ceux-ci n'avaient pas d'école où l'on pu étudier leur art.

Le corps des ingénieurs géographes fut supprimé en 1791 et fondu dans le génie militaire pour réapparaitre en 1792. À cette époque, il se composait de 36 officiers. Un décret de 9 novembre 1808 confirma une partie des ingénieurs géographes et nomma les autres à des grades supérieurs. Un décret du 30 janvier 1809 leur donna la dénomination de corps impérial des ingénieurs géographes et les porta au nombre de 90, y incluant 6 élèves. Une ordonnance du 1er août 1814 mit à leur tête un lieutenant général, directeur général du dépôt. Par ordonnance du 13 mars 1826, ils sont réorganisés.

De 1887 à 1940, les Ingénieurs géographes - formés initialement à l'école polytechnique - sont affectés au Service géographique de l'armée (SGA), puis de 1940 à 2002, à l'Institut géographique national français, date finalement à laquelle leur corps est fusionné dans celui des ponts et chaussées ;

Mission[modifier | modifier le code]

Au début, la composition du corps des ingénieurs géographes n'était qu'une faible agrégation de mathématiciens et de dessinateurs militaires détachés aux états-majors ou employés aux travaux sédentaires du dépôt de la Guerre.

En 1793, l'organisation est devenue plus militaire, des grades analogues à ceux de l'armée leur ont été donnés. Ce corps ancien et réputé est alors fondu dans le jeune corps d'état-major par une ordonnance du 22 février 1831. Cette ordonnance s'adaptait au modèle autrichien qui confiait à une seule classe d'officiers d'état-major les deux fonctions.

Outre la cartographie, en parcourant le pays (puis ses colonies), ils étaient aussi une source de renseignement sur l'état des ressources locales et furent parmi ceux qui ont alerté le pouvoir central sur la dégradation et le recul des forêts (y compris dans les colonies, sur l'île Maurice par exemple[2]), l'état des routes, etc.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom donné aux ingénieurs géographes a varié plusieurs fois au cours du temps :

  • En 1696, ils étaient appelés « ingénieurs des camps et armées du Roi ». Ce titre fut donné à 5 ou 6 non combattants. Leur rôle était de lever les terrains et d'effectuer la confection matérielle des cartes et des plans. Ils se distinguèrent dans la guerre de succession d'Espagne. Ils n'avaient jusque là eu ni avancement, ni grade, et commencèrent à cette époque à être mieux traités. En 1717, leur chef, monsieur Lillier, avait le grade de brigadier des armées.
  • En 1726 ils furent appelés « ingénieurs géographes des camps et armées du Roi ».
  • En 1735, ils n'étaient que 7 ingénieurs et en 1736, ils étaient au nombre de 12 dont un brigadier, un colonel, quatre capitaines et six lieutenants.
  • En 1746, ils étaient à peu près le même nombre lorsque Dargenson leur donna une organisation plus stable et les attacha au dépôt de la Guerre.
  • En 1769, ils prennent le nom d'« ingénieurs géographes du Roi ». Il y avait un ingénieur en chef, quatre brigadiers, huit capitaines, seize lieutenants.
  • Le 26 février 1777, ils prennent le nom d'« ingénieurs géographes militaires » et faisaient partie du ministère de la guerre et étaient au nombre de 27. 1 directeur en chef, 2 brigadiers, 2 sous-brigadiers, 9 capitaines et 12 lieutenants.
  • En 1782, ils prennent le nom de « géographes d'armée ».
  • En 1799 leur nombre ne dépasse pas 24.
  • En 1800, ils sont nommés « topographes militaires ».
  • En 1808, ils reprennent le nom d'« ingénieurs géographes ».
  • En 1809, ils sont toujours environ 24 pour arriver à 80 en 1825 ,69 en 1826 et 1829.
  • En 1830, on reconnaît 3 colonels, 3 lieutenants-colonels, 9 chefs d'escadron, 36 capitaines, 31 lieutenants et 2 sous-lieutenants

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de l'armée de Terre Général Bardin
  2. Bouton, L. (1838). Sur le décroissement des forêts à Maurice (lien Google books).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Palsky, G. (1996). Des chiffres et des cartes: naissance et développement de la cartographie quantitative française au XIXe siècle (Vol. 19). Comité des travaux historiques et scientifiques-CTHS.
  • De Dainville, F. (1964). Le langage des géographes. A. et J. Picard.
  • Boudreau, C. (1994). La cartographie au Québec: 1760-1840. Presses Université Laval.
  • Alinhac, G. (1986). Historique de la cartographie. Institut géographique national, Service de la documentation géographique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]