Ici on noie les Algériens : 17 octobre 1961

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Ici on noie les Algériens : 17 octobre 1961
Réalisation Yasmina Adi
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre documentaire
Durée 90 minutes
Sortie 2011


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Ici on noie les Algériens : 17 octobre 1961 est un film documentaire français réalisé par Yasmina Adi, sorti en 2011.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ce film documentaire est sorti à l’occasion du cinquantenaire des événements survenus au moment et après la manifestation pacifique des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris durant la guerre d'Algérie, organisée par la Fédération de France du FLN en réaction à un couvre-feu institué par le préfet de police Maurice Papon pour les seuls Algériens favorables à l'indépendance de leur pays[1]. La manifestation pacifique sera très sévèrement réprimée par les forces de l'ordre, répression dont le nombre de victimes est estimé entre 80 et 200 morts[2]. Les cadavres seront, pour certains, retrouvés flottant dans la Seine[2], parfois jusqu'au Havre[3].

Dans ce film documentaire, des témoins racontent leurs souvenirs de cette répression avec des archives inédites[4]. Les témoignages sont ceux de veuves de victimes, d'une participante à la manifestation, mais également d'un chauffeur de métro et d'un agent hospitalier[5]. Parmi les images d'archives, on trouve des vidéos filmées depuis le poste de commandement de police[6].

Le film ne comporte pas de voix off, mais sur certaines images sans bande audio, des comédiens lisent les échanges reportés dans les rapports de l'époque[3].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

À la sortie de son premier film, L'autre 8 mai 1945 – Aux origines de la guerre d'Algérie, Yasmina Adi se rend compte que le public établit une comparaison entre les événements du 8 mai 1945 et ceux du 17 octobre 1961, et également qu'il existe une confusion avec la manifestation de Charonne : elle décide de se lancer dans des recherches sur les événements du 17 octobre 1961[7]. Elle indique avoir eu accès aux archives de la Préfecture de police ainsi qu'à celles du gouvernement[7], rendues disponibles peu de temps auparavant[3]. Elle espère qu'il permette une prise de conscience[7],[3]. Elle assume que son film évoque peu le rôle de Maurice Papon[4] et rappelle la responsabilité du général de Gaulle, de Michel Debré, et de Roger Frey, alors respectivement président de la République, premier ministre et ministre de l'intérieur[3].

Le titre reprend le slogan éponyme écrit sur le quai de Conti et photographié par Jean Texier[5],[8].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le Monde regrette que le film ne fouille pas davantage l'approche historique, et relève que tous les témoignages actuels sont faits en arabe, alors que dans un film sur le même sujet comme Octobre à Paris, toutes les personnes parlent français[2]. L'Humanité parle d'un difficile travail de recherche[9]. Laura Tuffery dans Mediapart considère qu'il vient pallier une carence mémorielle et qu'il revient sur la dimension humaine de l'événement, tout en trouvant le ton juste[5]. La revue en ligne Critikat parle d'un excellent travail cinématographique et note une certaine parenté avec le polar[10].

Jhon Rachid indique avoir utilisé le film pour réaliser son court-métrage Jour de pluie[11].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2011 : Deuxième prix du documentaire arabe au Festival de Dubaï[12],[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « film-documentaire.fr - Portail du film documentaire », sur www.film-documentaire.fr (consulté le 29 janvier 2021).
  2. a b et c « "Octobre à Paris" et "Ici on noie les Algériens" : le 17 octobre 1961, la justice se noya dans la Seine », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2021).
  3. a b c d et e Béatrice Vallaeys, « Seine macabre », sur Libération.fr, (consulté le 30 janvier 2021).
  4. a et b « 17 Octobre 1961. Une plongée au cœur de la répression », sur L'Humanité, (consulté le 30 janvier 2021)
  5. a b et c Laura TUFFERY, « "Ici on noie les Algériens" - Yasmina Adi Pour mémoire... », sur Club de Mediapart (consulté le 30 janvier 2021).
  6. « Une lanceuse d'alerte au placard : l'archiviste qui avait raconté le massacre du 17 octobre 1961 », sur France Culture, (consulté le 30 janvier 2021).
  7. a b et c « 17 octobre 1961. Yasmina Adi : "Faisons face à notre histoire" », sur L'Obs (consulté le 30 janvier 2021).
  8. « "Ici on noie les Algériens" : la photo mémoire du massacre du 17 octobre 1961 », sur France Culture, (consulté le 30 janvier 2021).
  9. « 17 Octobre 1961. Une plongée au cœur de la répression », sur L'Humanité, (consulté le 30 janvier 2021).
  10. « Critique : Ici on noie les Algériens – 17 octobre 1961 », sur Critikat, (consulté le 30 janvier 2021).
  11. « “Jour de pluie”, l’indispensable film sur le massacre des Algériens d’octobre 1961 à Paris », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 30 janvier 2021).
  12. Le Point magazine, « Festival de Dubaï: un film d'une jeune réalisatrice sur Gaza primé », sur Le Point, (consulté le 29 janvier 2021).
  13. « Cinéma d'aujourd'hui, Cinéma sans frontières - 2. Focus sur le 8ème festival du film de Dubai », sur RFI, (consulté le 30 janvier 2021).
  14. « Yasmina Adi », sur Académie des César (consulté le 29 janvier 2021).
  15. « Archives PLUS (à partir de 2012) - FIGRA » (consulté le 30 janvier 2021).
  16. « "Chroniques d'un Iran interdit", Grand prix du Figra 2012 », sur L'Obs (consulté le 30 janvier 2021).

Liens externes[modifier | modifier le code]