Histoires mystérieuses

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Ne doit pas être confondu avec Histoires extraordinaires.
Histoires mystérieuses
Auteur Isaac Asimov
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Recueil de nouvelles
Science-fiction
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Asimov's Mysteries
Date de parution 1968
Version française
Éditeur Denoël
Collection Présence du futur
Lieu de parution Paris
Date de parution 1969
Type de média Livre papier

Histoires mystérieuses (titre original : Asimov's Mysteries) est un recueil de nouvelles d'Isaac Asimov paru en 1968. Ce recueil a été découpé pour l'édition française en deux parties qui ont été publiées pour la première fois en France en 1969. L'ouvrage a été entièrement préfacé par Asimov lui-même et comporte pour la majorité des nouvelles des ante-scriptum et/ou des post-scriptum.

La majorité des nouvelles a ici trait au futur, à la science et à la résolution d'une enquête, bien que certaines ne présentent qu'un ou deux de ces aspects.

Contenu[modifier | modifier le code]

Fin du premier ouvrage

Résumés[modifier | modifier le code]

Quatre nouvelles mettent en scène Wendell Urth : Chante-cloche, La Pierre parlante, Mortelle est la nuit et La Clef. Wendell Urth exerce notamment l'activité d'« extraterrologiste » ; il connaît chaque recoin de la galaxie, sans jamais s'être éloigné à plus de quelque kilomètres de chez lui. Reclus comme dans une caverne, agoraphobe et détestant les moyens de transport modernes, sa résidence est un Louvre empli de filmolivres et autres objets rares. Il est contacté à diverses reprises par le Bureau terrestre d’investigation pour résoudre diverses énigmes.

Les nouvelles présentées ci-dessous suivent l'ordre de parution dans les diverses publications.

Chante-Cloche[modifier | modifier le code]

  • Observation : Il s’agit de la première des quatre nouvelles mettant en scène le Dr Urth.
  • Première partie (mise en place de l'intrigue) : les Chante-cloches sont d'étranges pierres lunaires qui, si on les fait tinter comme un triangle, libèrent un son extraordinaire inimitable semblable à mille carillons dû aux petites alvéoles qu'elles contiennent. Le docteur Urth doit prouver à la demande des autorités qu'un suspect, Louis Peyton, aurait séjourné dernièrement sur la Lune avec un complice, Cornwell : les deux hommes auraient cherché des Chante-cloche, et une fois celles-ci trouvées, Peyton aurait assassiné Cornwell. Les policiers voudraient soumettre Peyton à la psycho-sonde, mais dans la mesure où une personne ne peut être soumise à cette détection qu'une seule fois dans sa vie, il faut « être sûr de son coup ».
  • Seconde partie (résolution de l'énigme) : Wendell Urth parvient à établir la culpabilité de Louis Peyton en le soumettant à un petit test : il lui demande de lui lancer un Chante-cloche ; l'homme lance l'objet mais, habitué à la gravité de la Lune, lance l'objet à une distance trop courte, montrant ainsi qu'il ne s'était pas réhabitué à la pesanteur terrestre.

La Pierre parlante[modifier | modifier le code]

  • Observation : Il s’agit de la deuxième des quatre nouvelles mettant en scène le Dr Urth.
  • Première partie (mise en place de l’intrigue) : le vaisseau spatial Robert Q arrive dans une station spatiale perdue au milieu des astéroïdes. Vernadsky est le directeur de cette station, ainsi que mécanicien, astrographe, ravitailleur, gérant, comptable, caissier… Il est seul depuis des mois et est avide de contacts humains. Il découvre que le vaisseau spatial contient une créature minérale exceptionnelle et bien étrange : une « Siliconite » (la Pierre parlante du titre de la nouvelle), aussi rare que précieuse. Elle fut découverte par les trois hommes du vaisseau spatial, qui demeurent mutiques sur les conditions de leur découverte. Elle semble être télépathe, ce qui en fait un spécimen unique. Vernadsky sait que seules de fortes irradiations (spécialement les rayons gamma) peuvent rendre une Siliconite aussi évoluée, et l’uranium est très prisé par les temps qui courent. Vernadsky procède alors aux réparations demandées, et le Robert Q repart. Mais Vernadsky a placé un instrument défaillant[pas clair] qui fait que le vaisseau spatial sera privé de toute énergie dans peu de temps : les hommes d’équipage auront besoin du secours de Vernadsky, qui négociera pour savoir sur quel astéroïde bourré d’uranium fut découverte la Siliconite. Par la suite, Vernadsky constatera que le Robert Q a été détruit, son écran protecteur ayant disparu, et que les membres de l’équipage sont tous morts.
  • Seconde partie (résolution de l’énigme) : Seton Davenport est un fonctionnaire qui demande l’aide de Wendell Urth pour découvrir où se trouve l’astéroïde en question. Il n’a pour seule aide que le récit de Vernadsky et des deux phrases prononcées par la Siliconite avant son décès. Urth interprètera correctement ces paroles et l’on découvrit où les membres de l’équipage avaient inscrit les coordonnées de l’astéroïde.

Le Patronyme accusateur[modifier | modifier le code]

Le narrateur est un policier et il est assisté par Ed Hathaway, son collègue. Tous deux sont appelés à venir dans la section chimie-biologie d’une calme bibliothèque universitaire où Louella-Marie fut découverte empoisonnée par absorption de cyanure de potassium.

Le narrateur et Hathaway suspectent fortement sa collègue, Susan Morey, d’être l’assassin. Néanmoins, il n’existe aucun témoin, aucune empreinte digitale et Susan n’a pas avoué le crime. Toute la question tourne autour de savoir qui a préparé le thé empoisonné : s’agit-il de Louella-Marie, auquel cas elle se serait simplement suicidée ou accidentellement empoisonnée en préparant le thé pour empoisonner Susan, ou alors c’est Susan qui voulait empoisonner la première ? Et comment le prouver ? En tout cas, si l’une des deux jeunes femmes a préparé la décoction empoisonnée, le mobile semble être une histoire de cœur, les deux femmes étant amoureuses du même jeune homme, lequel apparaît comme étranger au meurtre.

Les policiers mettront la main sur un artisan venu trouver des renseignements sur un produit chimique. On lui pose alors la question suivante : qui a-t-il vu à la banque de prêt ? Il ne s’en souvient pas. On pose la question à Susan, qui reste elliptique : oui, elle a bien vu l’homme, mais ne se souvient pas de son nom de famille. Or, il se trouve que ce nom de famille est extrêmement connu dans le milieu de la chimie, et que Susan ne pouvait pas l’ignorer. Dans la mesure où elle est incapable de donner le nom de l’artisan, cela indique qu’elle n’était pas à la banque de prêt : c’est donc elle qui a préparé le thé empoisonné et qui est l’assassin.

La Cane aux œufs d'or[modifier | modifier le code]

  • Observations : la nouvelle fut publiée par Asimov sous le titre francophone de Pâté de Foie Gras. Elle est une réécriture sur une base scientifique et humoristique du conte La Poule aux œufs d’or de Jean de La Fontaine, et plus anciennement du poète grec Ésope. Néanmoins, contrairement aux fables de La Fontaine et d’Ésope, on n’ouvre pas le ventre de la cane et on ne la tue pas.
  • Résumé : Des fonctionnaires du ministère américain de l’agriculture sont informés qu’un paysan texan possèderait une cane qui pond des œufs en or. Comment cela est-il possible ? S’agit-il d’un canular ? Des scientifiques sont envoyés en secret dans la ferme et procèdent donc à diverses expériences et effectivement, la cane pond régulièrement des œufs dont le cœur est entouré d’une coquille d’or (le jaune d’œuf et le blanc restent organiques). D’où vient l’or de cette coquille ? On vérifie que la cane ne consomme pas d’or et les rayons X démontrent que la cane est tout à fait « banale », et qu’elle ne contient pas d’or. On en déduit donc qu’elle doit produire l’or elle-même en transformant des isotopes de divers atomes en isotopes d’or. On constatera que les atomes transformés proviennent effectivement d’un isotope de fer. Puis on découvrit une chaîne de transformation plus compliquée, à base d’isotopes d’oxygène et de fer. La production d’or est apparemment synthétisée dans le foie et on découvrit enfin que la cane assimile très facilement les rayons gamma. Ainsi, la cane est à elle-seule à la fois un purificateur de radiations atomiques et une usine de transformation de la matière mais en dépit de leurs recherches, les savants ne parviennent pas à percer les mystères biologiques et physico-chimiques de l’animal. En désespoir de cause, ils décidèrent de contacter un magazine spécialisé qui publiera l’histoire sous le couvert d’un récit de science-fiction. La nouvelle se termine ainsi : « Je pris contact avec John W. Campbell, rédacteur en chef d’Astounding Science Fiction, qui me brancha sur Isaac Asimov. Maintenant, l’article est écrit. Je l’ai lu, je l’ai approuvé, et je vous conjure de ne pas en croire un mot. Pas un traître mot. Toutefois… si jamais quelqu’un a une idée… »
  • Lien : Sur WP anglophone.

Cache-Cash[modifier | modifier le code]

Dans cette très courte micronouvelle de deux pages et demie, l’auteur évoque une situation que les juristes n’avaient jamais prévue : Montie Harlow avait détourné une forte somme d’argent et s’est ensuite réfugié… dans le temps en utilisant une machine à voyager dans le temps.

Concrètement, après avoir volé l’argent, il utilisa une machine temporelle et régla le dispositif de manière à réapparaître après l’écoulement du délai de prescription pénale. La prescription étant de 7 ans, Montie régla donc la machine à 7 ans et un jour dans le futur. Lorsqu’il réapparut, il fut appréhendé et il comparaît en jugement. Le procureur général estime, pour sa part, que Montie a fraudé la loi, qu’il a joué à « cache-cache » avec la justice (d’où le titre de la nouvelle) et qu’il n’avait pas « vécu » ces sept années (son voyage temporel n’a duré une fraction de seconde). L’avocat de Montie réplique que la prescription résulte de l’écoulement d’une durée, que cette durée s’est écoulée, que Montie ayant sept ans de plus que le jour où il avait commis le délit avait vécu jusqu’au terme du délai de prescription.

La nouvelle se termine par la décision du juge : Montie bénéficie d’un vide juridique et doit être relaxé.

À Port Mars sans Hilda[modifier | modifier le code]

Article détaillé : À Port Mars sans Hilda.

Cette nouvelle a été écrite pas Asimov pour un éditeur qui, ne trouvant jamais de scène, de pensée, de mot ou quoi que ce soit d'impudique dans les récits d'Asimov, en conclut que le pape de la SF en était incapable. Asimov tente de lui montrer l'inverse dans cette nouvelle.

Au large de Vesta[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, ils auraient pu être les rescapés du Koursk K-141

Cette nouvelle, qui si elle n’est pas une énigme policière, fut l’inauguration de sa carrière d’écrivain (voir l’autobiographie d’Asimov « Moi, Asimov »).

Anniversaire[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle fut écrite par Asimov pour le magazine qui avait publié Au large de Vesta. Ce dernier demanda à l’auteur une nouvelle-anniversaire pour fêter les 20 ans écoulés depuis son début de carrière. Le récit se déroule également vingt après l’action de la première nouvelle et fait mention de Multivac, l’ordinateur géant qui régit la Terre.

Mortelle est la nuit[modifier | modifier le code]

  • Observation : Il s’agit de la troisième des quatre nouvelles mettant en scène le Dr Urth.
  • Première partie (mise en place de l'intrigue) : trois savants en poste sur trois lointaines planètes différentes reviennent sur Terre. Ils sont l'élite de la science, et un de leurs anciens camarades, Villiers aurait dû en faire partie. Mais la nature l'a rendu malade, et il n'a pu quitter la Terre. Lorsqu'ils le revoient, il semble fou, et annonce la plus grande découverte de l'humanité.
  • Seconde partie (résolution de l'énigme) :

La poussière qui tue[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle a failli, selon Isaac Asimov, être une enquête de Wendell Urth. Mais, écrite pour une nouvelle revue, il estima que cela ferait trop « fond de tiroir ». [réf. nécessaire]

Le Carnet noir[modifier | modifier le code]

« Ah comme un mari, génie maltraité par la vie, peut faire de la vôtre un enfer. Et ce sera pire s’il atteint la postérité. Le laissera-t-on faire ? » L’idée de cette nouvelle serait venue à Asimov en lisant un jour la notice nécrologique d’un confrère écrivain de science fiction.[réf. nécessaire]

La Bonne Étoile[modifier | modifier le code]

Trent et Brennmeyer ont volé du krillium et se sont enfuis dans l'hyper-espace. Mais Trent, par cupidité, a poignardé Brennmeyer afin de garder par devers lui la totalité du précieux métal. Aucun risque : l'ordinateur dispose dans sa banque de données mémorielle l'intégralité des étoiles de classes F, B, A et O. Lorsqu'il aura trouvé une étoile et procédé à la localisation du vaisseau, l'ordinateur sortira de l'hyper-espace et cherchera une planète habitée où Trent pourra vendre le krillium. Une étoile apparaît à l'écran : Trent découvre qu'il s'agit d'une supernova qui, ayant explosé récemment, n'est pas répertoriée dans les bases de données de l'ordinateur. Et celui-ci cherche, cherche, cherche sans s'arrêter, pour trouver la localisation de cette étoile. Trent, qui n'est pas informaticien, ne sait pas comment donner l'ordre à l'ordinateur d'ignorer cette étoile : il est condamné, non pas à devenir milliardaire, mais à mourir asphyxié ou de faim dans son vaisseau…

La Clef[modifier | modifier le code]

  • Observation : Il s’agit de la quatrième et dernière nouvelle mettant en scène le Dr Urth.
  • Première partie (mise en place de l’intrigue) : des sociétés privées se sont lancées dans l’exploration spatiale et deux salariés d’une de ces sociétés sont sur la Lune et découvrirent un artefact d’origine extraterrestre capable de développer des capacités télépathiques lorsqu’une personne a une forte émotion. L’un d’entre-eux (Strauss) veut utiliser l’artefact à des fins sinistres, tandis que l’autre (Jennings), plus honnête, tente de contacter la Terre pour les informer de la découverte. Les deux hommes luttent et s’entretuèrent. Plus tard, on retrouva un message codé rédigé par Jennings : on suppose que ce message chiffré indique l’endroit où il a caché l’artefact.
  • Seconde partie (résolution de l’énigme) : les techniciens sur Terre ne parvenant pas à déchiffrer le message et font appel à Wendell Urth, qui parviendra à le déchiffrer et à indiquer où se trouve l’artefact.

La Boule de billard[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Boule de billard.

Les deux esprits les plus brillants de leur siècle en viendront-ils, en découvrant et exploitant la science, à s’opposer jusque dans une bataille mortelle, un dernier acte, un rideau se baissant de la plus cruelle des façons?

L’ante-scriptum de cette nouvelle fait mention du jour où Asimov reçut le prix Hugo à Cleveland en 1996 devant sa femme et sa fille. Le magazine de science fiction If fut également récompensé et décida de publier un écrit de chaque lauréat. Asimov promit d’écrire une nouvelle pour l’occasion, promesse qui aboutit à la rédaction de cette nouvelle.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Tome 1[modifier | modifier le code]

Tome 2[modifier | modifier le code]

Édition en un volume[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une version légèrement censurée de cette nouvelle, nommée Je suis à Port-Mars sans Hilda, est parue dans le recueil de nouvelles L'avenir commence demain.