Hinde Taarji

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Hinde Ben Abbes Taarji, née en 1957 à Marrakech, est une journaliste et essayiste marocaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hinde Taarji est née en 1957 à Marrakech, peu de temps après l’indépendance du Maroc. Son père, avocat, avait participé à la lutte pour cette indépendance et à la défense de nationalistes marocains. Elle effectue des études supérieures en anthropologie à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris et revient au Maroc en 1985[1].

Noureddine Ayouch lui propose de participer au projet d’un magazine féminin et féministe, Kalima, dont le premier numéro sort en février 1986. Plusieurs numéros de ce magazine, qui aborde des sujets sensibles comme la prostitution, ou la corruption, sont censurés. Elle dirige l’équipe de ce magazine, comme rédactrice en chef, pendant les 4 ans de sa parution, jusqu’en avril 1989, où le périodique est finalement interdit par le pouvoir[1],[2],[3].

C’est un reportage de Kalima sur des étudiantes voilées de Marrakech qui sera un des points de départ d’un de ses ouvrages les plus connus, paru à Paris en 1990, Les voilées de l’islam, résultat d’une enquête sur le terrain effectué à la rencontre de femmes dans plusieurs pays (’Égypte, les Émirats Arabes Unis, le Koweït, la Turquie, le Liban, l’Algérie), pour saisir les raisons du port de voile. Le livre est bien souvent prémonitoire[2],,[4]. L’ouvrage reçoit en 1992 le prix Grand Atlas[5].

Elle codirige ensuite, avec Kacem Basfao, enseignant-chercheur de Casablanca, un recueil d’analyses sur l'émigration marocaine, dans six pays, la France, la Belgique, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et le Canada, L’annuaire de l’émigration, Maroc. L’ouvrage, publié en 1994, réunit des travaux de chercheurs selon de multiples angles[6].

Puis elle publie en 1998 une analyse sur la guerre civile algérienne, 30 jours en Algérie, journal d’une marocaine, après une enquête de terrain réalisée dans ce pays[2]. En 2002, elle consacre une longue enquête en Palestine et Israël à l’Intifada[2],[7],[8].

Par ailleurs,elle intervient dans la presse marocaine, notamment par des chroniques dans l’hebdomadaire La Vie éco, qu’elle compile et publie en 2017 dans un ouvrage intitulé En ces temps étranges: chroniques 2002-2016[9].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Les voilées de l’islam, Paris, Balland, 1990
  • L’annuaire de l’émigration, Maroc, direction d’ouvrage en collaboration avec Kacem Basfao, Rabat, Afrique Orient, 1994
  • 30 jours en Algérie, journal d’une marocaine, Casablanca, Eddif, 1998
  • Au cœur de l’Intifada, Casablanca, Tarik Éditions , 2002
  • En ces temps étranges: chroniques 2002-2016, Tarik Éditions , 2017

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Yasmine Belmahi, « Hinde Ben Abbes Taarji, Journaliste auteure », sur 100 Femmes
  2. a b c et d Selma El Maadani, « Taarji, Hinde [Marrakech 1957] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, , p. 4187
  3. Ruth Grosrichard, « Au Maghreb, le français pour s’affirmer », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. M'hammed Mellouki, La rencontre : essai sur la communication et l’éducation en milieu interculturel, Presses de l'Université Laval, (lire en ligne), p. 42-44
  5. « Prix littéraires », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. « Un annuaire de l'émigration : Hinde Tâarji: "Le mythe du retour s'écroule" », L'Économiste, no 155,‎ (lire en ligne)
  7. « "Voyage au cœur de l'Intifada" de Hinde Taârji : Témoignages palestino-israéliens », Le Matin,‎ (lire en ligne)
  8. Imane Bouhrara, « Hinde Taarji, la petite fille qui jouait au garçon », Finances News,‎ (lire en ligne)
  9. Nadia Salah, « Hinde Taarji raconte les «Temps étranges » », L'Économiste, no 5161,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]