Henri Huvelin

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Abbé Henri Huvelin, curé de Saint Augustin

Henri Huvelin, né le 7 octobre 1830 à Laon (Aisne) et mort en 1910 à Paris, est un prêtre français, connu pour avoir converti Charles de Foucauld.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille de père athée jusque 1873 et d'une mère très pieuse qui meurt en 1855. Ils habitent Paris rue Richer. Il fait ses études au Lycée Impérial (Condorcet) . Élève brillant, Il remporte le premier prix au Concours Général en version grecque. Très tôt, il décide de devenir prêtre. Il fait une retraite à l'Abbaye de Bellevaux. Sa vocation première fut d'abord contrariée par son père qui refusa toujours qu'il rentrât à la Trappe, comme un de ses oncles trappiste à l'abbaye de Sept-Fons, qui avait refusé de prêter le serment constitutionnel, rêvant pour son fils d'une carrière universitaire prestigieuse. En attendant de suivre sa vocation, il passa avec succès trois agrégations de philosophie, grec et lettres pour s’inscrire ensuite à l’École normale supérieure où il est reçu 4° .

Il part au Séminaire français de Rome pour trois ans. Il passe à la trappe d'Aiguebelle. En 1865 il est nommé professeur au Petit Séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Il fut ordonné prêtre le 15 juin 1867. Il fut nommé vicaire à Saint-Eugène (IXe arrondissement), puis en 1875 dans l' église Saint-Augustin de Paris (VIII° arrondissement). Il est prêtre à Saint-Eugène durant La Commune, puis à l'église Saint-Augustin où il restera vicaire jusque sa mort, habitant rue de Laborde. Pour mieux se consacrer aux âmes il refuse une chaire à l'Institut catholique de Paris.

Entre 1875 à 1886, l’abbé Huvelin donna des conférences aux jeunes de 14 à 18 ans, puis des cours d’histoire de l’Église et de morale évangélique qui connut un succès dans cette période de la spiritualité française.

Un confesseur célèbre[modifier | modifier le code]

Dès 1880, Henri Huvelin, est accablé par une maladie, qui devient rapidement un martyre, mais qui ne l’empêche par de confesser à toute heure et de rayonner de la miséricorde de Dieu envers tous ceux qui viennent à lui. Malgré sa maladie Huvelin confesse sans arrêt : « Dans son confessionnal entouré d'un profond silence respectueux, il administre à toute heure du jour le sacrement de la réconciliation. Il écoute des heures durant les fidèles afflués de tout Paris, qui font une longue queue dans la sacristie. Sorti de l'église, son appartement du 6 rue de Laborde ne désemplit pas de gens qui défilent chez lui, assurés d'être reçus tôt ou tard. Rares sont ceux qui ayant été entendus par lui, accepteront, de leur vie, d'avoir un autre confesseur que lui. Tout ne s'arrête donc pas au moment où le sacrement est administré. Il écrit aussi beaucoup de lettres à ceux qui le prennent comme directeur de conscience. De tout cela il ne cherche pas à tirer gloire : «Le prêtre n'est pas là pour poser des idées, mais pour aider la grâce.»[1]

Charles de Foucauld, logeant alors rue de Miromesnil entend parler de lui par sa tante Madame Moitessier et se rend à Saint-Augustin pour le rencontrer. Il retrouve alors la beauté de la vie chrétienne et l’harmonie avec Dieu. C’est lui qui confesse et convertit Charles de Foucauld en octobre 1886 lui demandant de communier aussitôt : une petite phrase d'un sermon de l'abbé Huvelin sur la « dernière place » guidera Charles de Foucauld toute sa vie : « Jésus a tellement pris la dernière place que jamais personne n'a pu la lui ravir ». On trouve, dans la troisième chapelle de la nef de Saint-Augustin, à droite, une plaque rappelle ce souvenir  : « Ici Charles de Foucauld s'est converti en se confessant à l'abbé Huvelin en octobre 1886. Devenu prêtre le 9 juin 1901, il a célébré plusieurs fois la messe dans cette église. »

D’autre part, l’Abbé Huvelin semble avoir été le directeur de conscience du célèbre Littré à la fin sa vie qu'il baptise sur son lit de mort[2].

Il aurait aussi inspiré en ses directions spirituelles Carl Jung dans sa démarche de recherche psychanalytique[3].

Il écrivait aussi beaucoup, par exemple au baron Friedrich von Hügel et bien sûr à Charles de Foucauld qui apprit la nouvelle de sa mort à Tamanrasset. Ses dernières paroles furent  : « on n'aimera jamais assez ». Il mourut en juillet 1910. L'abbé Huvelin est enterré au cimetière de Montmartre le 13 juillet. Sa tombe est située à la 23e division, 18e ligne, 4 av. des carrières, son légataire universel fut Romuald de Richemont (1860-1945) et dans ses papiers on retrouva le Modèle Unique écrit par Charles de Foucauld.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. voir article Sénévé
  2. Persée : Jean-François Six. Littré devant Dieu. Recension : A. Guillaumont Revue de l'histoire des religions Année 1965 Volume 167 Numéro 167-2 pp. 240-241 et aussi sur Gallica Le requiem des gens de lettres : comment meurent ceux qui vivent Maillard, Firmin (1833-1901), 1901
  3. C. G. Jung and abbé Huvelin, An introduction to spiritual direction: a psychological approach for ... Par Chester P. Michael, Chapitre 1, Histoire de la Direction Spirituelle - Sur Google Books, page 5.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Ouvrages sur l'abbé Huvelin :
    • Père de Foucauld. Abbé Huvelin. Correspondance inédite. Préface de S. E. le Cardinal Feltin. Mise en texte, notes et index de l'abbé Jean-François Six. Avant-propos du Comte de Richemont et du Vte Jean de Richemont par Jean-François Six, Charles de Foucauld, Marie-Joseph-Philippe, dit Henri Huvelin, et Henri Huvelin 1957)
    • Un Prêtre, l'Abbé Huvelin - Louis-Lefebvre ( M-Th. ), Lethielleux, 1956.
    • Ecrits Spirituels et Paroles de l'abbé Huvelin - Louis-Lefebvre (M-Th.), Lethielleux, 1959.
    • Un Précurseur, l'Abbé Huvelin - Portier (Lucienne), Paris, Ed. du Cerf, 1979.
    • L'Abbé Henri Huvelin - Rouanet ( J. B., S. J. )
    • Petite vie de l'abbé Henri Huvelin (1838-1910) - Chauvin (Charles), Ed. DDB 207.

Une nécrologie de deux pages est aussi disponible à l'École normale supérieure (rue d'Ulm — Paris).

  • Ouvrages de l'abbé Huvelin  :
    • Cours sur l'histoire de l'Église - 12 volumes - Éditions Saint-Paul, Paris.
    • Documents inédits. Écrits spirituels et paroles de l’abbé Huvelin, recueillis et annotés par Marie-Thérèse Louis-Lefebvre. Paris 1959
    • Le regard du Christ, textes réunis par Marie-Thérèse Louis-Lefebvre. Ecclesia, Paris 1960.
    • Le Chemin de la joie, ceux qui pleurent seront consolés, textes inédits de l’Abbé Huvelin réunis par Marie-Thérèse Louis-Lefebvre. Paris 1961.
    • Venez et voyez. Une année liturgique, homélies et sermons de l’abbé Huvelin. Textes rassemblés et annotés par Marie-Thérèse Louis-Lefebvre. Paris 1961. (Predigtsammlung)
    • Je n’aimerai jamais assez. Textes inédits de l’abbé Huvelin réunis par Marie-Thérèse Louis-Lefebvre. Paris 1963
    • Lettres à Mademoiselle de Saint-Armand: 1878–1910. Paris 1964.
    • L'Amour de Notre Seigneur, Tome I, L'Evangile - Tome II. L'Eucharisite .
    • Aux Amis de l'Abbé Huvelin. Souvenirs de la Crypte de St Augustin. Quelques directeurs d'âmes au xviie siecle. Saint François de Sales - M. Olier - Saint Vincent de Paul - l'Abbe de Rance
      • Légende des Trois Compagnons. La Vie de St François d'Assise.
      • Vie de saint François d'Assise. Trad. par M. l'abbé Huvelin. 1891.
  • Articles :
  • Bulletin - Union pour l'action morale - - 1892-1905 L'Evangile commenté par la vie, Religion dans la vie , L'Évangile commenté par la Vie, Le sermon de l'abbé Huvelin abbé Huvelin sur BNF-Gallica.
  • Saint François vu par l'abbé Huvelin - PORTIER L . Archivum Franciscanum Historicum Firenze 1982, vol. 75, no1-4, p. 362-381 Reproduit trois textes de l'abbé Henri Huvelin (1838-1910) et divers témoignages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]