HM (patient)

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HM, pseudonyme d'Henry Gustav Molaison, ( - ) est un patient devenu amnésique à la suite d'une opération chirurgicale effectuée en 1953 par William Scoville, un neurochirurgien du Connecticut. Depuis 1957, il a été largement étudié par les neuropsychologues de l'Institut neurologique de Montréal, notamment Brenda Milner et Suzanne Corkin au cours de la seconde moitié du XXe siècle et a, de ce fait, largement contribué à la compréhension des mécanismes de la mémoire.

Histoire[modifier | modifier le code]

HM est l'exemple type du cas d'amnésie bi-temporale. Souffrant d'épilepsie résistante aux médicaments, HM a subi une opération chirurgicale expérimentale consistant à lui retirer bilatéralement une large portion des deux hippocampes et des tissus environnants des lobes temporaux, où Scoville pensait que les foyers épileptogènes étaient localisés. Depuis son réveil HM souffre d'une amnésie antérograde quasi totale alors même que sa mémoire immédiate, dite « mémoire à court terme » est intacte : il est incapable de retenir une information au-delà de quelques secondes à moins de faire un effort constant de répétition. HM est donc incapable de mémoriser de nouvelles informations de manière explicite même si des expériences ultérieures ont montré qu'il conservait une partie de sa mémoire implicite notamment motrice. De nouvelles études montrent également qu'il se souvient parfois de certaines informations très ponctuelles comme le fait qu'il a « des problèmes de mémoire » ou qu'« une personne célèbre appelée Kennedy a été assassinée[1]. » Il souffrait aussi d'une amnésie rétrograde de plusieurs années de sa vie. Même si ces souvenirs sont extrêmement rares, ils indiquent que l'amnésie antérograde n'est pas un phénomène tout-ou-rien. On attribue sa capacité à retenir certaines informations comme le plan de sa nouvelle maison, son visage dans un miroir ou encore le fait que ses parents soient morts, par leur caractère très répétitif ou à charge émotionnelle forte. L'émotion et la répétition permettraient en effet d'utiliser d'autres structures du cerveau pour mieux mémoriser ces informations, comme le système limbique[2].

Causes[modifier | modifier le code]

L'amnésie antérograde dont souffre HM s'accompagne d'une amnésie rétrograde plus légère d'environ 11 ans[1]. De façon plus précise, il est souvent accepté que la résection bilatérale des hippocampes était la cause de ces troubles mnésiques. Cependant des recherches récentes[3] tendent à montrer que cette amnésie est également liée au fait que des zones extrahippocampales, ont été lésées lors de l'opération. Eichenbaum[4] montre en effet que le cortex périrhinal serait significativement impliqué dans le processus de mémorisation explicite, alors que l'hippocampe aurait un rôle plus restreint de mise en relation des éléments perçus. De manière générale, les différentes hypothèses des causes de l'amnésie de HM sont difficiles à tester car les zones du cerveau endommagées sont relativement vastes. D'autre cas (RB, GD, LM, WH) ont cependant été corrélés[5][réf. insuffisante].

Participation à des recherches[modifier | modifier le code]

Jusque dans les dernières années de sa vie, HM participait encore ponctuellement à des expériences de psychologie. Plus de cinquante ans après l'opération, ses troubles amnésiques avaient très peu évolué. Malgré ses troubles de mémoire, HM était une personne très courtoise, et ne souffrait pas de problème d'identité ni d'une baisse de q.i.. Cependant, il était très difficile pour lui de savoir s'il avait faim, sommeil ou mal à un endroit précis. Il résidait dans une institution de soin à Hartford, dans le Connecticut.

Après son décès son cerveau a été prélevé afin de subir une étude histologique inédite qui repose sur plusieurs milliers de sections qui seront numérisées et mise en ligne dans le cadre d'un projet mené par l'Université de Californie à San Diego : The Brain Observatory.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Suzanne Corkin, « Lasting consequences of bilateral medial temporal lobectomy: Clinical course and experimental findings in H.M. », Seminars in Neurology, vol. 4, no 2,‎ 1984, p. 249-259 (DOI 10.1055/s-2008-1041556, lire en ligne)
  2. Eichenbaum 2000
  3. Suzanne Corkin, « What's new with the amnesic patient H.M.? », Nat. Rev. Neurosci., vol. 3, no 2,‎ 2002, p. 153-160 (DOI 10.1038/nrn726, lire en ligne)
  4. Eichenbaum (2001)
  5. Duyckaerts et al. 1985

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Générale
Spécifique

Articles connexes[modifier | modifier le code]