Guillaume Homberg

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Guillaume Homberg
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Marguerite Dodart, fille de Denis Dodart
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Guillaume Homberg (né Wilhelm Homberg le 3 janvier 1652 à Batavia (Jakarta) dans Java – mort le 24 septembre 1715 à Paris) est un chimiste néerlandais[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Guillaume Homberg nait le 3 janvier 1642 de John Homberg, gentilhomme Saxon, originaire de Quedlinburg, qui perdit son héritage lorsque les Suédois envahirent l'Allemagne pendant la Guerre de Trente Ans. Sa mère Barbe Van-Hedemard, est fille d'officier. En 1642 la famille vit à Batavia, capitale des Indes néerlandaises, aujourd'hui renommée Jakarta. D'après Fontenelle, son père dirige l'Arsenal de Batavia, il est officier de la VOC. Sa famille, avec ses trois frères et sœur rentre à Amsterdam en 1670.

La puissance des indes Néerelandaise
La flotte de la VOC, par Rede Van Rammakens

Études de droit et médecine[modifier | modifier le code]

ll étudie le droit à Jena et Leipzig, et devient en 1674 avocat à Magdeburg[2]. Il y rencontre Otto van Guericke, Bourgmaitre et ingénieur-chercheur sur le vide. Sous son influence s'oriente vers les sciences naturelles, notamment la biologie et l'astronomie : il se fabrique même un astucieux globe céleste, avec une bougie à l'intérieur[1]. Pour approfondir ses connaissances, il se rend dans plusieurs universités d'Europe, Padoue, Bologne, Rome, Paris. Il travaille avec Robert Boyle en Angleterre. Il rentre chez sa famille en Hollande, à Quedlimbourg, puis devient docteur en médecine à Witteberg.

Savant cosmopolite[modifier | modifier le code]

Il ne reste pas longtemps à Witteberg, et au grand dam de sa famille, qui souhaiterait qu'il fonde une famille respectable, il repart rencontrer les savants d'Allemagne. Un moment en Saxe, en Bohème, en Hongrie, il s'installe sur la proposition du Roi de Suède à Stockholm. Il y travaille avec M Hierna, qui devient plus tard Premier Médecin de la cour.

Douce France[modifier | modifier le code]

En 1682 Colbert lui offre de s'installer à Paris. De famille protestante Calviniste -il sait même l'hébreu- il abjure et annonce qu'il se convertit au catholiscisme. « Sa plus puissante raison était que la pratique familière aux Protestans de lire tous les jours l'Écriture Sainte, lui avait rendu fort suspecte l'Église Protestante dans laquelle il était né, & qu'il se sentait fort ébranlé pour rentrer dans l'Église Catholique [...]. » nous dit Fontenelle[1]. On est alors un an avant la mort de Colbert, trois ans avant la Révocation de l'Édit de Nantes. Il est déshérité[3].

Pendant cinq ans, de 1685 à 1689 il part à Rome exercer comme médecin. Il ne retourne définitivement à Paris qu'en 1691. Il est élu membre de l'Académie des Sciences le 28 décembre 1697.

En 1708, à 56 ans, il épouse Marguerite-Angélique Dodart, fille d'un botaniste de l'Académie des Science et auteur des Mémoires pour servir à l'histoire des plantes, Denis Dodart, décédé l'année précédente. Fontenelle décrit ce mariage comme envisagé depuis quelque temps, et particulièrement complice : « l'amour seul sans une forte estime n'eût pas produit tant de constance. »[1] De Denis Dodart, la famille Homberg hérite d'une maison rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, dans le Marais, et un certain nombre de rentes et pension.

Il meurt sept ans plus tard, le 24 septembre 1715, à Paris, d'une petite dysenterie. Sa veuve se remarie avec François de Buraude. Elle décède en 1751, laissant un héritage à ses neveux Dodart. Son notaire est Pierre-Yves de Bougainville, père de Jean-Pierre et Louis-Antoine, à l'époque respectivement académicien et mathématicien sous la conduite de D'Alembert, et bientôt célèbre explorateur[4].

Maison Dodart-Homberg, 16 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie 75004 Paris, sur Plan de Turgot, 1739

Travail scientifique[modifier | modifier le code]

The Alchemist Discovering Phosphorus, peinture de Joseph Wright, 1771

En 1691 l'Abbé Bignon le fait entrer à l'Académie Royale des Sciences. Il y obtient le laboratoire de l'Académie, ce qui lui laisse une grande liberté de recherche. Il collabore avec Étienne-François Geoffroy et Louis Lémery.

Guillaume Homberg construit ses propres miscroscopes et ses propres machines pneumatiques, Il invente un instrument pour mesurer la gravité spécifique des fluides.

Il a découvert l'acide borique, qui s'appelait "Sal Sedativum Hombergi", et une espèce de chlorure de calcium phosphorescent appelé "Phosphore d'Homberg".

Le duc d'Orléans en fait son protégé en 1702, lui offre une pension et un merveilleux laboratoire. Homberg lui donne des cours particulier de Chimie. En 1704 il est gratifié par le Prince du titre de Premier Médecin.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Wilhelm Homberg, Essays de Chimie : Des principes de la Chimie en general, Mémoires de l’Académie Royale des Sciences (MARS) 4, 1702
  • Disputatio juridica de diffidationibus, vulgo "vom Befehden", praeside D. Bartholomaeo Leonhardo Schwendendörffero,... publico eruditorum examini submittit Wilhelmus Homberg,... ad diem 9. martii 1676. Editio 2a, Lipsiae recusa, 1716

Sources contemporaines[modifier | modifier le code]

  • Fontenelle, "Éloge de Monsieur Homberg", Œuvres de Monsieur de Fontenelle, vol. 5, 1785.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémi Franckowiak, Luc Peterschmitt, « La chimie de Homberg : une vérité certaine dans une physique contestable », Early Science and Medicine 10/1 (2005): 65-90.
  • Lawrence M. Principe, « Wilhelm Homberg et la chimie de la lumière », Methodos, vol. 8,‎ (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Eloge de Monsieur Homberg, Paris, B. Brunet, (lire en ligne), Tome 5, p. 406 des Œuvres complètes
  2. « The Galileo Project », sur galileo.rice.edu (consulté le 27 septembre 2016)
  3. (en) Richard S. Westfall Department of History and Philosophy of Science Indiana University, « The Galileo Project », sur galileo.rice.edu (consulté le 27 septembre 2016)
  4. « Salle des inventaires virtuelle », sur www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le 2 novembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]