Rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie

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4e arrt
Rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie
La rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie au niveau de la rue des Guillemites (à droite)
La rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie au niveau de la rue des Guillemites (à droite)
Situation
Arrondissement 4e arrondissement
Début Rue Vieille-du-Temple
Fin Rue du Temple
Morphologie
Longueur 305 m
Largeur 12 m
Historique
Création 1230
Dénomination Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie
Géocodification
Ville de Paris 9036
DGI 8548

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie
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La rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie est une voie ancienne, située dans le 4e arrondissement de Paris.

Odonymie[modifier | modifier le code]

Elle prit la dénomination car les chanoines de la Sainte-Croix étant venus former un établissement, le couvent Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, dans cette rue.

Situation[modifier | modifier le code]

Actuellement, la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, d'une longueur de 330 mètres, est située dans le 4e arrondissement, quartiers Saint-Gervais et Saint-Merri. Elle commence au no 31 rue Vieille-du-Temple et finit au no 24 rue du Temple.

Au XIXe siècle, la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, d'une longueur de 371 mètres, alors située dans l'ancien 7e arrondissement, dans le quartier du Marché-Saint-Jean pour ses numéros impairs et dans le quartier du Mont-de-Piété, pour ses numéros pairs. Elle commençait aux nos 35-37 rue Vieille-du-Temple et finissait au no 2 rue Sainte-Avoie et no 16 rue Barre-du-Bec[1],[2], rues qui disparaissent ensuite sous le nom unique de a rue du Temple. Les numéros de la rue étaient rouges[3]. Le dernier numéro impair était le no 53 et le dernier numéro pair était le no 60.

Histoire[modifier | modifier le code]

Rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie sur le plan de Turgot, 1739

Au Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Cette rue, qui et est l'une des plus anciennes rues du quartier du Marais, était construite en 1230 et se nommait rue de Lagny dite rue de la Grande-Bretonnerie car elle était située sur le fief Saint-Pierre-de-Lagny et sur le territoire dit le Champ-aux-Bretons également appelé Champ-de-la-Bretonnerie.
Selon Saint-Foix, le nom de Bretonnerie est venu à l'occasion d'un combat de 5 Anglais, ou Bretons, qui y furent tués en 1228, époque où il n'y avait encore que quelques maisons éparses[3]. Voici ce que l'on peut lire dans le Dictionnaire historique de Paris, de Béraud & Dufey (1832, Paris) :

« Sous le règne de Saint Louis il n y avait encore dans ce quartier que quelques maisons éparses. Renaud de Bréhan, vicomte de Podoure et de l'Isle, occupait une de ces maisons. Il avait épousé en 1225 la fille de Léolyn, prince de Galles, et était venu à Paris pour quelque négociation secrète contre l'Angleterre. La nuit du vendredi au samedi-saint 1228, cinq Anglais entrèrent dans son verger, le défièrent et l'insultèrent. Il n'avait avec lui qu'un chapelain et un domestique qui le secondèrent si bien que trois de ces Anglais furent tués, les deux autres s'enfuirent; le chapelain mourut le lendemain de ses blessures. Brehan avant que de partir de Paris acheta cette maison et le verger et les donna à son brave et fidèle domestique appelé Galleran. Le nom de Champ aux Bretons qu'on donna au verger ou jardin à l'occasion de ce combat devint le nom de toute la rue ; on l'appelait encore à la fin du treizième siècle la rue des Champs aux Bretons. »

Les chanoines de Sainte-Croix s'installent dans la rue en 1258, à l'abri de l'enceinte de Philippe-Auguste. Ils deviennent rapidement une des communautés les plus riches et les plus en vue du Marais et c'est de ce fait dès 1314 que la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie prend sa dénomination actuelle.

Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme rue La Bretonnerie.

Au XIVe siècle, comme l'indique la collecte de 1313, la partie du côté de la rue Sainte-Avoie portait le nom de rue d'Agnès-la-Buschère ou rue d'Agnès-la-Huschère.

A l’Époque Moderne[modifier | modifier le code]

Accusé de malversations, le prieuré de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie est fermé en 1778 et démoli pendant la Révolution française, laissant place au square du même nom.

Une décision ministérielle, du 3 prairial an IX (), signée Chaptal, fixe la largeur de cette voie publique à 9 mètres[4].
La moindre largeur est portée à 12 mètres, en vertu d'une ordonnance royale du .

La rue est aujourd'hui, et depuis les années 1980, un haut lieu de la vie du gay Paris.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Plan de Bernard Jaillot, 1713
26 Les Filles Sainte-Anastase
27 Hôtel Le Peletier, Mr le Lieut-Civil
28 l'Hotel d'Argenson
32 Carme des Billettes
33 Sainte-Croix de la Bretonnerie
34 Hôtel de Lalande

Cette rue a conservé de très belles maisons et de charmants petits hôtels construits aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Numéros pairs[modifier | modifier le code]

  • Le no 16 a été habité par l'astronome Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande (1732-1807)
  • Au no 20 de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie se trouvait au XVIIe siècle l'hôtel particulier du fermier général Romans. De 1840 à 1860 s'y installe la mairie de l'ancien 7e arrondissement de Paris et après la nouvelle organisation de Paris en 20 arrondissements, la première mairie du 4e arrondissement jusqu’en 1868. Le bâtiment est détruit en 1929.
  • Au no 44, ancien hôtel de Feydeau, transmis par mariage de la famille Hennequin aux Feydeau de Brou.

Numéros impairs[modifier | modifier le code]

Lieu non identifié[modifier | modifier le code]

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Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro Hôtel de Ville, Saint-Paul et Rambuteau .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 26e quartier « Mont de Piété », îlots nos 11 et 12, F/31/85/24, îlot no 13, F/31/85/25, îlots nos 14 et 15, F/31/85/26
  2. Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan 27e quartier « Marché Saint-Jean », îlot no 6, F/31/85/07, îlot no 7, F/31/85/08, îlot no 8, F/31/85/09
  3. a et b Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris (1817)
  4. Félix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments
  5. « A Company of Scientists », sur publishing.cdlib.org (consulté le 28 septembre 2016)