Jean-Paul Bignon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bignon.
Jean-Paul Bignon d'après le portrait exécuté par Hyacinthe Rigaud en 1707. Château de Versailles.
Armes des Bignon : d'azur à la croix haute d'argent, posée sur une terrasse de sinople d'où sort un cep de vigne qui accole et entoure ladite croix, laquelle est cantonnée de 4 flammes d'argent
La vigne qui entoure la croix du blason est un souvenir de la terre natale : Saint-Denis-d'Anjou

Jean-Paul Bignon, né à Paris le et mort à l'Île Belle le , est un homme d'Église français, grand commis de l'État, prédicateur de Louis XIV et bibliothécaire du roi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils de Jérôme Bignon et neveu du comte de Pontchartrain, il est le fils cadet de Jérôme II Bignon (1627-1697) qui avait épousé Suzanne Phélypeaux.

Il fait ses études au collège d'Harcourt et au séminaire Saint-Magloire, attaché à l'Oratoire, où il est ordonné prêtre en 1691. En 1693, il est nommé abbé de Saint-Quentin-en-l'Isle et prédicateur de Louis XIV.

La même année, il est élu membre de l'Académie française. Il devient en 1699 membre honoraire de l’Académie des sciences, qu'il a pour charge de réformer et dont il est plusieurs fois président. Le 17 février 1701, il accède à la dignité de conseiller d'Etat d'église. Il devient le 16 juillet 1701 membre de l'Académie royale des inscriptions et médailles. De 1705 à 1714, il siège au comité de rédaction du Journal des savants, dont il prend la direction avec Pierre Desfontaines en 1724.

Il contribuera à lancer la longue rédaction des livres de la Description des Arts et Métiers.

En 1718, après la mort de l'abbé de Louvois, il est nommé bibliothécaire du roi, charge qu'avait occupé son grand-père. La future Bibliothèque nationale de France est à cette époque la plus grande bibliothèque d'Europe. L'ampleur de ses collections étant devenue telle que les bibliothécaires ne peuvent plus compter sur leur seule mémoire pour y retrouver un titre, Bignon répartit les 23 catégories établies en 1670 par Nicolas Clément, en cinq départements : Imprimés, Manuscrits, Titres et généalogies, Estampes, Médailles. Grâce à son important réseau de correspondants et de visiteurs étrangers, il s'emploie à enrichir le fonds de la Bibliothèque en commandant livres et périodiques dans toute l'Europe. Sous sa direction également, la Bibliothèque du roi est accessible au public, un jour par semaine, pendant trois heures. Les premiers essais d'ouverture au public avaient eu lieu en 1692.

Les Avantures d'Abdalla

Jean-Paul Bignon est par ailleurs l'auteur d'un roman, Les Avantures d'Abdalla, fils d'Hanif[1], qu'il signe d'un nom d'emprunt en la faisant passer pour la traduction d'un manuscrit arabe. Cette histoire d'un monde à l'envers est à la fois une parodie des romans précieux et un conte oriental dans l'air du temps : à sa parution en 1712, Antoine Galland a déjà publié ses Mille et une nuits et Montesquieu s'apprête à rédiger ses Lettres persanes. Le roman connaît un vif succès et il est traduit en anglais dès 1729. Il raconte le périple et les aventures d'un pieux musulman, Abdalla, envoyé par son maître, le sultan des Indes, à la recherche d’une eau qui procure la jeunesse éternelle.

D'après les mesures qu'il avait prises, la charge de bibliothécaire du roi fut, après lui, occupée par son neveu et son petit-neveu. Jean-Paul Bignon avait une immense instruction ; il a composé jusqu'à quatre panégyriques de Saint Louis, tous différents, et il en a prononcé deux le même jour, l'un à l'Académie française et l'autre à l'académie des inscriptions. Ses panégyriques et ses sermons ne sont pas imprimés.

Le chancelier de Pontchartrain, son oncle maternel, lui confia le département des académies des inscriptions et des sciences ; elles n'étaient presque encore que de simples associations littéraires, et leur établissement n'était pas encore revêtu de la forme qui seule pouvait les rendre durables. L'abbé Bignon procura en 1699 un règlement très étendu à l'académie des sciences, et, en 1701, il parut à l'académie des inscriptions et belles-lettres. En 1715, il obtint encore, pour l'une et pour l'autre, des lettres patentes qui confirmaient leur établissement. II donna aussi, en 1701, au Journal des Savants, la forme qu'il a toujours conservée jusqu'au XIXe siècle ; Ce journal avait été pendant longtemps l'ouvrage d'une seule personne, Bignon jugea plus convenable qu'il fût l'ouvrage d'une société de savants, travaillant sous la direction du chef de la magistrature.

Joseph Pitton de Tournefort, son protégé, a dédié à Jean-Paul Bignon, en 1694, le genre Bignonia (jasmin de Virginie), une plante grimpante tropicale.

Il est inhumé dans l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet (Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris - Tome 1, page 345. Auteur : Abbé Lebeuf. Édité en 1883).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Vie de François Lêvesque, prêtre de l'Oratoire, 1684, in-12 ;
  • Les Aventures d'Abdalla, fils d'Hanif, Paris, 1712-1714 ; la Haye, 1715 ; Paris, 1725 ; ibid., 1743 ; la Haye et Paris, 1775, 2 vol. in-12. L'auteur, qui avait publié cet ouvrage sous le nom de Sandisson, le laissa imparfait. Colson, l'un des auteurs de l'Hisloire de la Chine, qui en donna une nouvelle édition en vol. in-12, l'acheva. Le second volume de cette édition est presque entièrement neuf. On trouve un autre dénouement, et qui paraît être de M. de Pauliny, dans la Bibliothèque des Romans, janvier 1778.

Bignon a aussi coopéré aux Médailles du règne de Louis le Grand, au Sacre de Louis XV, et au Journal des Savants.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Titre complet : Les Avantures d'Abdalla, fils d'Hanif, envoyé par le sultan des Indes à la découverte de l'ile de Borico, où est la fontaine merveilleuse dont l'eau fait rajeunir. Avec la Relation du voyage de Rouschen, dame persane, dans l'ile détournée, qui a été inconnue jusqu'à present, et plusieurs autres histoires curieuses. Traduites en français sur le manuscrit arabe trouvé à Batavia par M. de Sandisson.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Michel Antoine, Le gouvernement et l'administration sous Louis XV : dictionnaire biographique, Paris, éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1978, p. 39.

Simone Balayé, La Bibliothèque nationale des origines à 1800, Genève, Droz, 1988, p. 147-322.

« Jean-Paul Bignon », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]

Liens externes[modifier | modifier le code]