Étienne-François Geoffroy

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Étienne-François Geoffroy
Geoffroy Étienne-François 1672-1731.jpg

Étienne-François Geoffroy, par Chéreau et Largillierre

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Étienne-François Geoffroy, dit Estienne Geoffroy l'aîné, né le à Paris où il est mort le , fut l'un des plus importants chimistes et médecins français du début du XVIIIe siècle[1].

Il est fils de Mathieu-François Geoffroy (1644-1708), apothicaire et échevin de la ville de Paris[2]. Son frère est le pharmacien Claude Joseph Geoffroy (1685-1752). Tous deux furent membres de l’Académie royale des sciences et de la Société royale de Londres.

Les Geoffroy, une dynastie[modifier | modifier le code]

La dynastie des Geoffroy, apothicaires à Paris, remonte au xvie siècle. Les portraits de plusieurs d'entre ses membres ornent la Salle des Actes de la Faculté de Pharmacie-Paris V[3].

Elle commence avec Baptiste Geoffroy, reçu maître apothicaire en 1584.

Son fils, Estienne Geoffroy, dit Estienne Geoffroy père (1586-1673), reçu maître en 1611, devint échevin de Paris en 1636, consul en 1642 et juge en 1656. Il s’installa rue du Bourg-Tibourg (IVe), « près le cimetière Saint-Jean ».

Son petit-fils Étienne [II] dit Estienne Geoffroy fils, reçu maître apothicaire en 1638, officiera à cette même adresse.

Son arrière petit-fils, Mathieu-François Geoffroy (Paris, 20 mai 1644-26 octobre 1708), reçu maître en 1666, échevin en 1685 et premier consul en 1694, a joué un rôle important dans la société des savants de son époque. Par son mariage avec Louise, fille de Jean Devaux (1611-1695), chirurgien célèbre, il entretint les meilleures relations avec le monde médical. Son officine, rue du Bourg-Tibourg, fut citée comme l’une des plus importantes de Paris par le Dr. Martin Lister (1638-1712). Son nom est plus particulièrement entré dans l'histoire de France grâce aux expertises dont il fut chargé dans l’affaire des poisons entre 1679 et 1682.

Biographie[modifier | modifier le code]

Membre d’une longue lignée d’apothicaires, Étienne-François Geoffroy bénéficie d’une très bonne formation scientifique, que Fontenelle qualifia dans son éloge une « éducation d’un fils de ministre, destiné pour le moins aux grandes dignités de l’Eglise »[4] d'autant plus que son père recevait nombre de physiciens, médecins et chimistes de renom (parmi lesquels Guillaume Homberg, qui deviendra plus tard le mentor de Geoffroy en chimie). Son père l'envoie d'abord étudier la pharmacie un an chez Pierre IV Sanche (1626-1705), maître apothicaire, petit-fils d'un apothicaire du roi à Montpellier[5], descendant d'une très vieille lignée ; il sera reçu maître apothicaire à Paris en 1694. Mais sa véritable ambition est de devenir médecin. Avec le consentement de son père, il poursuivra ses études dans cette voie et voyagera dans plusieurs pays d'Europe , dont l'Angleterre.

Durant ses études à Londres, le comte de Talland, ambassadeur extraordinaire en Angleterre lui accorde toute sa confiance et le nomme son médecin personnel (alors qu’il ne deviendra docteur en médecine qu’en 1704 !). À cette époque, il se liera d'amitié avec le naturaliste écossais Hans Sloane, avec lequel il restera en correspondance. Ce dernier, secrétaire auprès de la Royal Society of London for the Improvement of Natural Knowledge appuiera son élection parmi les membres de cette institution, le 6 juillet 1698.

En janvier 1699, il poursuit ses travaux auprès de l'Académie des sciences, sous la houlette du chimiste néerlandais Guillaume Homberg ; grâce à sa relation avec Sloane, il est chargé de la transmission des découvertes scientifiques entre les deux pays[6]; ces échanges entre les deux hommes deviendront à l'époque une référence[7].

À son retour en France, il passera par la Hollande en 1700 puis se rendra en Italie.

Avec un sujet intitulé An Hominis primordia, vermis? (Et si l'homme avait commencé par être un ver?), il soutiendra sa thèse de médecine en 1704.

En 1707, il devient professeur de chimie au Jardin du roi en remplacement de Guy-Crescent Fagon (1638-1718) et en alternance avec Louis Lémery (1677-1743).

De 1709 à 1731, il est titulaire de la chaire de médecine au Collège royal et doyen de la faculté de médecine de Paris de 1726 à 1729.

Il devient pensionnaire de l'Académie des sciences le .

De son union avec Barbe-Angélique Lizier naît Étienne-Louis Geoffroy (1725-1810).

Il décède à Paris, rue des Singes [rue des Guillemites, IVe], où il habitait depuis 1719.

Publications[modifier | modifier le code]

Il est l’auteur de deux ouvrages ayant marqué l'histoire de la médecine.

De son premier ouvrage, on connaît surtout la Table des différents rapports observés entre différentes substances, qu'il présenta à l'Académie des Sciences en 1718 et 1720. Ce sont des listes d'affinités chimiques, obtenues par l'observation des réactions des substances les unes avec les autres. Elles restèrent en vogue jusqu'à la fin du siècle, avant d'être invalidées par les travaux de Claude Louis Berthollet (1748-1822).

Via le contact de Caspar Neumann (en), un élève de Georg Ernst Stahl, les frères Étienne-François et Claude-Joseph Geoffroy contribueront à la divulgation des idées de phlogistique dans la science française.

Table des rapports (1718) : en haut d'une colonne se trouve une substance avec laquelle toutes les autres en dessous peuvent se combiner

Mémoires de l'Académie royale des sciences[modifier | modifier le code]

  • GEOFFROY, dans Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires de l'Académie royale des sciences", par la Compagnie des libraires, Paris, 1729, tome 2, Années 1699-1710, p. 272-274 (lire en ligne)
  • GEOFFROY l'Aîné, dans Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires de l'Académie royale des sciences", la Compagnie des libraires, Paris, 1731, tome 3, Années 1711-1720, p. 146 (lire en ligne)
  • GEOFFROY (M. ETIENNE-FRANÇOIS), dans Table générale des matières contenues dans l'"Histoire" et dans les "Mémoires de l'Académie royale des sciences", la Compagnie des libraires, Paris, 1734, tome 4, Années 1721-1730, p. 142 (lire en ligne)

Famille[modifier | modifier le code]

Notes et references[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Joly, « Etienne-François Geoffroy, entre la Royal Society et l’Académie royale des sciences : ni Newton, ni Descartes », Methodos, 12 | 2012, DOI : 10.4000/methodos.2855, URL : http://methodos.revues.org/2855
  2. Gustave Planchon (1833-1900), "La dynastie des Geoffroy, apothicaires de Paris." Journal de pharmacie et de chimie, 1898, pp 289-293 et 337-345
  3. Georges Dillemann, "Les portraits des Geoffroy à la Salle des Actes de la Faculté de pharmacie de Paris" in: Revue d'histoire de la pharmacie, 57ᵉ année, n°201, 1969. pp. 351-352
  4. Bernard Le Bouyer (ou Le Bovier) de Fontenelle (, « Eloge de M. Geoffroy », Histoire de l’Académie royale des sciences pour 1731, Paris, 1734, p. 93.
  5. Apothicaire à Montpellier, Pierre Sanche tient alors son officine rue de l'Argenterie et est qualifié de fournisseur du roi de Navarre et d'apothicaire du roi. Il est l'auteur d'un ouvrage intitulé : La description, les vertux et l'usage de la confection d'alkermès, Montpellier, J. Giet, 1595, 8 pages. Voir son article dans Dictionnaire de Biographie Héraultaise, vol. II, 2004, Ed. Promethée
  6. Procès-verbaux de l’Académie Royale des Sciences, tome 18, 1699 - La liste des projets des académiciens pour l’année 1699, lue lors de la séance du 28 février définit ainsi le travail de Geoffroy. ”Il travaillera sur les sels essentiels et il a même déjà commencé. De plus, comme il est de la Société Royale de Londres et que le commerce des lettres qu’il entretient avec monsieur Sloane qui en est secrétaire lui donne moyen d’être instruit de plusieurs choses particulières et curieuses qui se traitent dans cette société, et qui ne sont pas toujours dans les transactions ou Journaux qu’elle ordonne, il vérifiera et rapportera à la Compagnie les expériences les plus considérables qui viendront à sa connaissance.
  7. Bernard Joly, « Etienne-François Geoffroy, un chimiste français entre l’Angleterre et l’Allemagne », in The 6th international conference on the history of chemistry, Neighbours and territories, the evolving identity of chemistry, organisée à Louvain, 28 août-1er septembre 2007, par l’European Chemistry Society
  8. Académie des sciences, Histoire de l'Académie royale des sciences ... avec les mémoires de mathématique & de physique... tirez des registres de cette Académie, J. Boudot, Paris, (lire en ligne)
  9. Claude Viel, Précisions généalogiques sur les Geoffroy et Lavoisier, dans Revue d'histoire de la pharmacie, 1989, Volume 77, no 283, p. 348

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fontenelle, Éloge de M. Geoffroy, dans Histoire de l'Académie royale des sciences. Année 1731, chez Panckoucke, Paris, 1764, p. 93-100 (lire en ligne)
  • Gustave Planchon (1833-1900), "La dynastie des Geoffroy, apothicaires de Paris." Journal de pharmacie et de chimie, 1898, pp 289-293 et 337-345
  • GEOFFROY (Étienne-François), dans Encyclopédie méthodologique. Médecine, chez H. Agasse, Paris, 1798, tome 6, p. 618-622 (lire en ligne)
  • Paul Dorveaux, Apothicaires membres de l'Académie royale des Sciences, V. Etienne-François Geoffroy, dans Revue d'histoire de la pharmacie, 1931, H, p. 118-126 et pl. XI (lire en ligne)
  • Maurice Bouvet, Les apothicaires échevins de Paris, dans Revue d'histoire de la pharmacie, 1952, X, p. 433-446 (lire en ligne)
  • Georges Dillemann, Les portraits des Geoffroy à la Salle des Actes de la Faculté de pharmacie de Paris, dans Revue d'histoire de la pharmacie, 57ᵉ année, n°201, 1969. p. 351-352 (lire en ligne)
  • Bernard Joly, Étienne-François Geoffroy, entre la Royal Society et l’Académie royale des sciences : ni Newton, ni Descartes, dans Methodos. Savoirs et textes, 2012, no 12 Un siècle de chimie à l'Académie royale des sciences (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]