Grigori Kotovski

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Grigori Kotovski
Kotovski après son assassinat

Grigori Ivanovitch Kotovski (en russe : Григорий Иванович Котовский) est un militant communiste, commissaire politique et chef militaire soviétique, né le 12 juin 1881 ( dans le calendrier grégorien) à Hînceşti (aujourd'hui en république de Moldavie) et mort le 6 août 1925 à Birzoula-Podilsk, devenu Kotovsk (Ukraine) sous le régime soviétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kotovski commença à s'opposer au régime tsariste en 1902. Il participa aux mouvements révolutionnaires qui eurent lieu en Bessarabie en 1905-1906 (voir république de Comrat) et 1915. Russe d'origine polonaise (et même aristocratique polonaise), ce n'était pas un opposant nationaliste moldave, mais un opposant anarchiste. Il déserta de l'armée impériale russe et fut condamné à la katorga, puis devint un fugitif condamné à mort par contumace en 1916. Cependant, en mai 1917, après la révolution de Février, il bénéficia d'une libération conditionnelle et fut envoyé sur le front roumain.

En 1918, il se rallia aux bolcheviks à Tiraspol, en prenant le commandement d'un bataillon révolutionnaire et en aidant les bolcheviks à prendre le contrôle du pont reliant la Bessarabie à l'Ukraine. Il combattit pour la république soviétique d'Odessa en 1918 et adhéra au parti bolchévique en 1920. Durant la guerre civile, il participa à l'écrasement de la révolte de Tambov dirigée contre la dictature des bolchéviks. En 1924, il prit une part active à la fondation de la République socialiste soviétique autonome moldave, dans le cadre de la RSS d'Ukraine.

Kotovski trouva la mort le d'une balle dans l'aorte, tirée dans des circonstances mal élucidées. La propagande officielle en fit aussitôt un héros de la Révolution, tué par les réactionnaires, et des funérailles d'ampleur comparable à celles de Lénine furent organisées par les autorités soviétiques. L'homme qui l'abattit, Meyer Zayder, avoua immédiatement ; il fut jugé l'année suivante et condamné à dix ans de prison. Meyer Zayder fut libéré en 1928 pour bonne conduite, mais fut lui-même assassiné à l'automne 1930, étranglé et son corps jeté sur une voie de chemin de fer. Les documents sur la mort de Kotovski ayant été classés top-secret, de nombreux historiens pensent que Zayder n'était ni le seul ni le principal responsable de cet assassinat, mais qu'il avait agi à l'instigation d'un tiers, pour des raisons non pas politiques mais privées, liées au caractère séducteur de Kotovski[1].

Postérité[modifier | modifier le code]

Un mausolée fut élevé pour lui sur le lieu de sa mort, à Birzoula-Podilsk en Ukraine, et plusieurs monuments à sa mémoire furent élevés dans l'oblast d'Odessa, à Tiraspol, et, après la seconde guerre mondiale, à Chișinău. Le mausolée de Birzoula-Podilsk fut dynamité durant l'occupation roumaine en Ukraine, au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Birzoula-Podilsk fut rebaptisée Kotovsk en 1935. Plusieurs localités de l'Union soviétique ont également été nommées Kotovsk. L'un d'elles, en 1944, fut Hînceşti, son village natal, qui retrouva son nom d'origine en 1990. Une autre est située dans l'oblast de Tambov, en Russie, et, comme l'ancienne Birzoula, s'appelle toujours Kotovsk.

Divers films ou séries télévisées de propagande lui ont été consacrés, notamment en 1942 (Kotovski (film) (ru)), en 1976 (Sur la piste des loups (ru) du réalisateur moldave soviétique Valeriu Gagiu (en)) ou en 2009 (Kotovski (série TV) (ru) avec Vladislav Galkine dans le rôle principal).

Il apparait dans plusieurs poèmes ou chansons communistes soviétiques, dont Smouglianka, et il est évoqué dans divers livres de propagande communiste soviétiques. A Odessa, sa statue a été enlevée[2].

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]