Gonarthrose

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Gonarthrose
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Chondromatose synoviale avec chondromes multiples dans le kyste de Baker, liés à une gonarthrose.

Traitement
Spécialité RhumatologieVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CISP-2 L90Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 M17.0
CIM-9 715.16
MeSH D020370

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La gonarthrose est l'arthrose du genou. La gonarthrose est de loin la cause la plus fréquente d'une douleur du genou après 50 ans.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

L'arthrose du genou est plus fréquente chez la femme, avec un surpoids, en présence d'un problème d'alignement des membres inférieurs (valgus ou varus)[1].

Aux États-Unis, plus d'un tiers de la population de plus de 60 ans a une atteinte radiologique évocatrice d'une arthrose du genou[2].

L'exercice physique de loisir n'aggrave pas l'atteinte arthrosique[3].

Description[modifier | modifier le code]

Son diagnostic est avant tout fondé sur un interrogatoire minutieux, un bon examen du genou et une lecture attentive des radiographies standards.

Le genou est, en règle, peu inflammatoire[1]. la biologie n'apporte pas de renseignements. La ponction articulaire n'est pas utile.

L'arthrose du genou est la cause la plus fréquente de douleur du genou après 50 ans. Elle peut se définir comme un amincissement de l'interligne fémoro-tibiale ou fémoro-patellaire, associé à une ostéophytose (prolifération osseuse exubérante) marginale tibiale ou fémorale et accessoirement à une ostéosclérose. La gonarthrose est la plus fréquente des arthroses (3 fois plus fréquente que la coxarthrose (Arthrose de hanche)). Elle est bilatérale dans 2/3 des cas. Dans certains cas, il s'agit d'une atteinte fémoro-tibiale interne. L'atteinte est bi-compartimentale, fémoro-tibiale interne et fémoro-patellaire dans 15 à 20 % des cas. L'âge moyen de survenue des douleurs chroniques est d'environ 65 ans.

Les symptômes sont souvent discordant avec l'aspect radiologique[1].

L'IRM du genou permet de dépister certains signes plus précocement que la radiographie standard[4].

Traitement[modifier | modifier le code]

Traitement médical[modifier | modifier le code]

La prise en charge médicale de l'arthrose du genou a fait l'objet de la publication de plusieurs recommandations. Celles de l'« American College of Rheumatology » datent de 2019[5], celles de l'« OARSI » datent de 2019[6].

Il existe deux critères de jugement sur l'efficacité des traitements proposés : l'amélioration de la gêne fonctionnelle et l'évolution radiologique de la maladie. La plupart des études portent sur le premier point.

Le traitement médical repose sur la rééducation ou l'exercice physique, les antalgiques et les anti-inflammatoires à la demande, par voie locale[1] ou par voie orale, les anti-arthrosiques à action lente (tel que la chondroïtine sulfate ou les glucosamines...), les infiltrations de corticoïdes en cas de poussée congestive ainsi que les infiltrations d'acide hyaluronique.

Traitement non médicamenteux[modifier | modifier le code]

L'exercice physique permet une amélioration des symptômes[7]. Il doit cibler l'endurance (aérobie) et viser au renforcement du quadriceps[8]. La prise en charge d'un surpoids est fortement recommandée[1], permettant d'améliorer les symptômes[9].

Traitement médicamenteux général[modifier | modifier le code]

L'utilisation de la glucosamine utilisée seule n'apporte pas de gain démontré[10],[11]. La revue Prescrire met en garde des effets indésirables de la glucosamine : troubles digestifs, maux de tête, réactions allergiques et saignements chez des patients traités par antivitamine K. Elle déconseille l'utilisation de ce produit dont les gains sont faibles (si utilisé seul et si douleurs faibles à modérées, selon l'étude du New England journal of medicine) en le remplaçant par du paracétamol[12].

Le sulfate de chondroïtine semble ralentir l'évolution de la maladie[13]. Cela n'est cependant pas retrouvé dans toutes les études et n'a guère d'efficacité sur les douleurs[11].

Les anti-inflammatoires non stéroïdien agissent sur les douleurs mais ont de nombreux effets secondaires, plus ou moins graves, lorsqu'ils sont utilisés au long cours. Ils ne doivent être prescrits que sur de courtes cures[1].

Fort logiquement, les médicaments utilisés dans le traitement de l'ostéoporose (vitamine D[14], biphosphonates[15]) n'ont pas démontré d'efficacité sur l'évolutivité de l'atteinte.

Le meilleur résultat, pour les patients qui ont des douleurs modérées à sévères, est obtenu par la combinaison chondroïtine sulfate/glucosamine et qui voient une amélioration des symptômes dans 79 % des cas contre 54 % pour le placebo[16]. Il existe également des critères radiologiques d'amélioration[17].

Traitement intra-articulaire[modifier | modifier le code]

L'injection intra-articulaire de corticoÏdes permet un soulagement des douleurs pendant quelque temps mais la répétition des injections semble être nocive pour le cartilage[18].

L'injection d'acide hyaluronique en intra-articulaire peut avoir une certaine efficacité sur les symptômes[19] qui reste modérée[20]. Elle peut être associée à une infiltration de corticoïdes locaux[21] mais qui n'est cependant pas retrouvée dans toutes les études[22].

Traitement chirurgical[modifier | modifier le code]

Le traitement chirurgical peut être préventif (correction d'une déviation de genou tel qu'un genu varum, traitement d'une atteinte ligamentaire ou méniscale...) ou curatif. Il est, dans ce cas, proposé, aux patients insuffisamment soulagé par le traitement médicamenteux.

La méniscectomie partielle par voie arthroscopique est parfois proposée en cas de lésion des ménisques. Le résultat à moyen terme n'est cependant pas probant[23], ce qui fait que ce type d'intervention, en règle générale, n'est plus guère recommandé[24].

La prothèse du genou est proposée en cas d'échec des autres traitement. Elle permet l'amélioration des douleurs, de la mobilité et de la qualité de vie[25]. Elle a une durée de vie limitée (10 à 20 ans en moyenne) et la ré-intervention pour poser une deuxième prothèse est un acte plus lourd que le premier. L'infection des prothèses est une complication redoutable. La prothèse du genou peut aussi avoir d'autres complications (complication précoce tel que la dislocation ou tardive tel que les calcifications irrégulières).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Sharma L, Osteoarthritis of the knee, N Engl J Med, 2021;384:51-59
  2. Dillon CF, Rasch EK, Gu Q, Hirsch R, Prevalence of knee osteoarthritis in the United States: arthritis data from the Third National Health and Nutrition Examination Survey 1991-94, J Rheumatol, 2006;33:2271-2279
  3. Felson DT, Niu J, Clancy M, Sack B, Aliabadi P, Zhang Y, Effect of recreational physical activities on the development of knee osteoarthritis in older adults of different weights: the Framingham Study, Arthritis Rheum, 2007;57:6-12
  4. Roemer FW, Kwoh CK, Hannon MJ et al. What comes first? Multitissue involvement leading to radiographic osteoarthritis: magnetic resonance imaging-based trajectory analysis over four years in the Osteoarthritis Initiative, Arthritis Rheumatol, 2015;67:2085-2096
  5. Kolasinski SL, Neogi T, Hochberg MC et al. 2019 American College of Rheumatology/Arthritis Foundation guideline for the management of osteoarthritis of the hand, hip, and knee, Arthritis Rheumatol, 2020;72:220-233
  6. Bannuru RR, Osani MC, Vaysbrot EE et al. OARSI guidelines for the non-surgical management of knee, hip, and polyarticular osteoarthritis, Osteoarthritis Cartilage, 2019;27:1578-1589
  7. Fransen M, McConnell S, Harmer AR, Van der Esch M, Simic M, Bennell KL, Exercise for osteoarthritis of the knee, Cochrane Database Syst Rev, 2015;1:CD004376-CD004376
  8. Juhl C, Christensen R, Roos EM, Zhang W, Lund H, Impact of exercise type and dose on pain and disability in knee osteoarthritis: a systematic review and meta-regression analysis of randomized controlled trials, Arthritis Rheumatol, 2014;66:622-636
  9. Messier SP, Resnik AE, Beavers DP et al. Intentional weight loss in overweight and obese patients with knee osteoarthritis: is more better?, Arthritis Care Res (Hoboken), 2018;70:1569-1575
  10. Towheed T, Maxwell L, Anastassiades TP et al. Glucosamine therapy for treating osteoarthritis, Cochrane Database Syst Rev, 2005;2:CD002946
  11. a et b Wandel S, Jüni P, Tendal B et al. Effects of glucosamine, chondroitin, or placebo in patients with osteoarthritis of hip or knee: network meta-analysis, BMJ, 2010;341:c4675-c4675
  12. Revue Prescrire, 285, juillet 2007
  13. Kahan A, Uebelhart D, De Vathaire F, Delmas PD, Reginster J-Y, Long-term effects of chondroitins 4 and 6 sulfate on knee osteoarthritis: the study on osteoarthritis progression prevention, a two-year, randomized, double-blind, placebo-controlled trial, Arthritis Rheum, 2009;60:524-533
  14. Arden NK, Cro S, Sheard S et al. The effect of vitamin D supplementation on knee osteoarthritis, the VIDEO study: a randomised controlled trial, Osteoarthritis Cartilage, 2016;24:1858-1866
  15. Bingham CO III, Buckland-Wright JC, Garnero P et al. Risedronate decreases biochemical markers of cartilage degradation but does not decrease symptoms or slow radiographic progression in patients with medial compartment osteoarthritis of the knee: results of the two-year multinational knee osteoarthritis structural arthritis study, Arthritis Rheum, 2006;54:3494-3507
  16. (en) Clegg DO et al. « Glucosamine, chondroitin sulfate, and the two in combination for painful knee osteoarthritis » N Engl J Med 2006;354(8):795-808. PMID 16495392
  17. Fransen M, Agaliotis M, Nairn L et al; LEGS Study Collaborative Group. Glucosamine and chondroitin for knee osteoarthritis: a double-blind randomised placebo-controlled clinical trial evaluating single and combination regimens, Ann Rheum Dis, 2015;74:851-858
  18. McAlindon TE, LaValley MP, Harvey WF et al. Effect of intra-articular triamcinolone vs saline on knee cartilage volume and pain in patients with knee osteoarthritis: a randomized clinical trial, JAMA, 2017;317:1967-1975
  19. Dougados M, Nguyen M, Listrat V, Amor B, High molecular weight sodium hyaluronate (hyalectin) in osteoarthritis of the knee: a 1 year placebo-controlled trial, Osteoarthritis Cartilage, 1993;1:97-103
  20. Rutjes AWS, Jüni P, da Costa BR, Trelle S, Nüesch E, Reichenbach S, Viscosupplementation for osteoarthritis of the knee: a systematic review and meta-analysis, Ann Intern Med, 2012;157:180-191
  21. Ertürk C, Altay MA, Altay N, Kalender AM, Öztürk İA, Will a single periarticular lidocaine-corticosteroid injection improve the clinical efficacy of intraarticular hyaluronic acid treatment of symptomatic knee osteoarthritis?, Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc, 2016;24:3653-3660
  22. Jørgensen A, Stengaard-Pedersen K, Simonsen O et al. Intra-articular hyaluronan is without clinical effect in knee osteoarthritis: a multicentre, randomised, placebo-controlled, double-blind study of 337 patients followed for 1 year, Ann Rheum Dis, 2010;69:1097-1102
  23. Thorlund JB, Juhl CB, Roos EM, Lohmander LS, Arthroscopic surgery for degenerative knee: systematic review and meta-analysis of benefits and harms, BMJ, 2015;350:h2747-h2747
  24. Brignardello-Petersen R, Guyatt GH, Buchbinder R et al. Knee arthroscopy versus conservative management in patients with degenerative knee disease: a systematic review, BMJ Open, 2017;7(5):e016114-e016114
  25. Shan L, Shan B, Suzuki A, Nouh F, Saxena A, Intermediate and long-term quality of life after total knee replacement: a systematic review and meta-analysis, J Bone Joint Surg Am, 2015;97:156-168

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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