Gonarthrose

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Gonarthrose
Description de cette image, également commentée ci-après
Chondromatose synoviale avec chondromes multiples dans le kyste de Baker, liés à une gonarthrose.
Spécialité RhumatologieVoir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 M17.0
CIM-9 715.16
MeSH D020370

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La gonarthrose est l'arthrose du genou. La gonarthrose est de loin l'étiologie la plus fréquente d'une douleur du genou après 50 ans.

Description[modifier | modifier le code]

Son diagnostic est avant tout fondé sur un interrogatoire minutieux, un bon examen du genou et une lecture attentive des radiographies standards. L'arthrose du genou est la cause la plus fréquente de douleur du genou après 50 ans. Elle peut se définir comme un amincissement de l'interligne fémoro-tibiale ou fémoro-patellaire, associé à une ostéophytose (prolifération osseuse exubérante) marginale tibiale ou fémorale et accessoirement à une ostéosclérose. La gonarthrose est la plus fréquente des arthroses (3 fois plus fréquente que la coxarthrose (Arthrose de hanche)). Elle est bilatérale dans 2/3 des cas. Dans certains cas, il s'agit d'une atteinte fémoro-tibiale interne. L'atteinte est bi-compartimentale, fémoro-tibiale interne et fémoro-patellaire dans 15 à 20 % des cas. L'âge moyen de survenue des douleurs chroniques est d'environ 65 ans.

Traitement[modifier | modifier le code]

Traitement médical[modifier | modifier le code]

La prise en charge médicale de l'arthrose du genou a fait l'objet de la publication de plusieurs recommandations. Celles de l'« American College of Rheumatology » datent de 2012[1], celles de l'« OARSI » datent de 2014[2].

Il existe deux critères de jugement sur l'efficacité des traitements proposés : l'amélioration de la gêne fonctionnelle et l'évolution radiologique de la maladie. La plupart des études portent sur le premier point.

Le traitement médical repose sur la rééducation, les antalgiques et les anti-inflammatoires à la demande, les anti-arthrosiques à action lente (tel que la chondroïtine sulfate ou les glucosamines[3] ...), les infiltrations de corticoïdes en cas de poussée congestive ainsi que les infiltrations d'acide hyaluronique.

L'utilisation de la glucosamine utilisée seule n'apporte pas de gain démontré[4]. La revue Prescrire met en garde des effets indésirables de la glucosamine : troubles digestifs, maux de tête, réactions allergiques et saignements chez des patients traités par antivitamine K. Elle déconseille l'utilisation de ce produit dont les gains sont faibles (si utilisé seul et si douleurs faibles à modérées, selon l'étude du New England journal of medicine) en le remplaçant par du paracétamol[5].

Le sulfate de chondroïtine semble ralentir l'évolution de la maladie[6].

Le celecoxib[3], un anti-inflammatoire non stéroïdien, se révèle bien moins efficace que le cocktail glucosamine/chondroïtine pour les patients atteints de douleurs modérées à fortes, avec des effets indésirables bien plus dangereux que la glucosamine[7]. On ne peut donc que déconseiller l'utilisation du Celecoxib, du moins au long cours, comme traitement régulier de la gonarthrose.

l'injection d'acide hyaluronique en intra-articulaire peut avoir une certaine efficacité sur les symptômes[8]. Elle peut être associée à une infiltration de corticoïdes locaux[9] mais qui n'est cependant pas retrouvée dans toutes les études[10].

Fort logiquement, les médicaments utilisés dans le traitement de l'ostéoporose (vitamine D[11], biphosphonates[12]) n'ont pas démontré d'efficacité sur l'évolutivité de l'atteinte.

Le meilleur résultat, pour les patients qui ont des douleurs modérées à sévères, est obtenu par la combinaison chondroïtine sulfate/glucosamine et qui voient une amélioration des symptômes dans 79 % des cas contre 54 % pour le placebo[13]. Il existe également des critères radiologiques d'amélioration[14].

Traitement chirurgical[modifier | modifier le code]

Le traitement chirurgical peut être préventif (correction d'une déviation de genou tel qu'un genu varum, traitement d'une atteinte ligamentaire ou méniscale...) ou curatif. Il est, dans ce cas, proposé, aux patients insuffisamment soulagé par le traitement médicamenteux.

La prothèse du genou a une vie limitée (10 à 20 ans en moyenne) et la ré-intervention pour poser une deuxième prothèse est un acte plus lourd que le premier. L'infection des prothèses est une complication redoutable. La prothèse du genou peut aussi avoir d'autres complications (complication précoce tel que la dislocation ou tardive tel que les calcifications irrégulières).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hochberg MC, Altman RD, April KT et al; American College of Rheumatology. American College of Rheumatology 2012 recommendations for the use of nonpharmacologic and pharmacologic therapies in osteoarthritis of the hand, hip, and knee, Arthritis Care Res (Hoboken), 2012;64:465-474
  2. McAlindon TE, Bannuru RR, Sullivan MC et al. OARSI guidelines for the non-surgical management of knee osteoarthritis, Osteoarthritis Cartilage, 2014;22:363-388
  3. a et b (en) Xu Feng, Li Beiping, « Therapeutic Efficacy of Ozone Injection into the Knee for the Osteoarthritis Patient along with Oral Celecoxib and Glucosamine », Journal of Clinical and Diagnostic Research, Department of Anaesthesiology, Xuzhou First People’s Hospital, Xuzhou, Jiangsu, China, vol. 11,‎ (ISSN 0973-709X, PMCID PMC5713831, DOI 10.7860/JCDR/2017/26065.10533)
  4. Towheed T, Maxwell L, Anastassiades TP et al. Glucosamine therapy for treating osteoarthritis, Cochrane Database Syst Rev, 2005;2:CD002946
  5. Revue Prescrire, 285, juillet 2007
  6. Kahan A, Uebelhart D, De Vathaire F, Delmas PD, Reginster J-Y, Long-term effects of chondroitins 4 and 6 sulfate on knee osteoarthritis: the study on osteoarthritis progression prevention, a two-year, randomized, double-blind, placebo-controlled trial, Arthritis Rheum, 2009;60:524-533
  7. (en) Scott D. Solomon et al. « Cardiovascular Risk Associated with Celecoxib in a Clinical Trial for Colorectal Adenoma Prevention » N Eng J Med March 2005;352(11):1071-80. PMID 15713944
  8. Dougados M, Nguyen M, Listrat V, Amor B, High molecular weight sodium hyaluronate (hyalectin) in osteoarthritis of the knee: a 1 year placebo-controlled trial, Osteoarthritis Cartilage, 1993;1:97-103
  9. Ertürk C, Altay MA, Altay N, Kalender AM, Öztürk İA, Will a single periarticular lidocaine-corticosteroid injection improve the clinical efficacy of intraarticular hyaluronic acid treatment of symptomatic knee osteoarthritis?, Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc, 2016;24:3653-3660
  10. Jørgensen A, Stengaard-Pedersen K, Simonsen O et al. Intra-articular hyaluronan is without clinical effect in knee osteoarthritis: a multicentre, randomised, placebo-controlled, double-blind study of 337 patients followed for 1 year, Ann Rheum Dis, 2010;69:1097-1102
  11. Arden NK, Cro S, Sheard S et al. The effect of vitamin D supplementation on knee osteoarthritis, the VIDEO study: a randomised controlled trial, Osteoarthritis Cartilage, 2016;24:1858-1866
  12. Bingham CO III, Buckland-Wright JC, Garnero P et al. Risedronate decreases biochemical markers of cartilage degradation but does not decrease symptoms or slow radiographic progression in patients with medial compartment osteoarthritis of the knee: results of the two-year multinational knee osteoarthritis structural arthritis study, Arthritis Rheum, 2006;54:3494-3507
  13. (en) Clegg DO et al. « Glucosamine, chondroitin sulfate, and the two in combination for painful knee osteoarthritis » N Engl J Med 2006;354(8):795-808. PMID 16495392
  14. Fransen M, Agaliotis M, Nairn L et al; LEGS Study Collaborative Group. Glucosamine and chondroitin for knee osteoarthritis: a double-blind randomised placebo-controlled clinical trial evaluating single and combination regimens, Ann Rheum Dis, 2015;74:851-858

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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