Glacis (peinture)

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Titien, Danae, 1553-1554. Peinture à l'huile, 128 × 178 cm, Prado

Le glacis est une couche de couleur transparente, posé en fin de travail et destiné à faire vibrer les couleurs. Il est surtout pratiqué en peinture à l'huile mais est aussi possible à l'acrylique et à l'aquarelle.

Définition[modifier | modifier le code]

Le glacis consiste à superposer, en fin de travail, une ou plusieurs couches de peinture transparente, qui par un phénomène optique de réflexion de la surface, augmentent l'effet de profondeur du motif et des couleurs[réf. nécessaire].

Contenant plus de liant que de pigment, le glacis forme un voile (« vélature » [réf. nécessaire]) qui crée un mélange optique avec la couche précédente.

Glacis local ou général[modifier | modifier le code]

Ce glacis peut être localisé sur un motif ou généralisé sur l'ensemble de la toile.

Un glacis localisé va permettre de travailler la profondeur d'un motif particulier : le lointain dans un paysage (sfumato), le modelé d'un fruit dans une nature morte. Il pourra aussi agir par mélange optique : un glacis carminé par exemple sur un bleu produira un effet violacé plus subtil que le simple mélange sur la palette de carmin et de bleu.

Un glacis uniforme, posé sur toute la toile, va permettre de régler l'harmonie générale du tableau. À base de jaune par exemple, il va apporter une atmosphère plus chaleureuse à l'ensemble. Plus bleuté, il contribuera à refroidir l'atmosphère. À l'aquarelle, il pourra s'agir d'un lavis gris pour poser un voile d'ombre sur le paysage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le glacis est un procédé ancien, né de la volonté de mieux rendre, à tempera puis à l'huile, l'effet de transparence des tissus ou la vibration de la chair.

Mise au point dès l'Antiquité, cette pratique est visible sur les peintures murales de Pompéi[réf. nécessaire]. Mais c'est avec l'avènement de la peinture à l'huile que cette pratique s'est généralisée. Elle a mené à la mise au point de nombreux médiums à base de résine et d'huiles siccatives, crues ou cuites, destinés à obtenir différentes effets.

On peut situer ses débuts à la Renaissance, avec les Primitifs flamands tout d'abord, qui recherchaient un certain illusionnisme, puis avec les Vénitiens qui commencèrent à jouer avec la pâte (empâtement, touche, glacis). Dans la peinture flamande, il y a souvent la superposition de nombreuses couches de glacis, permettant de créer des nuances raffinées par la superposition des couleurs et de renforcer ainsi le réalisme des représentations, les traces du pinceau devenant presque imperceptibles. Le sfumato pratiqué par Léonard de Vinci est possible grâce à la superposition des glacis. La pratique du clair-obscur, de Léonard à Rembrandt en passant par Caravage et La Tour, a également porté le glacis à un haut degré de raffinement[réf. nécessaire].

Selon Jacques Lacombe dans son livre de 1752, c'est un artifice très difficile à pratiquer et qu'on ne peut apprendre qu'en étudiant les tableaux des grands maîtres qui l'ont mis en usage[1].

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

La pratique du glacis est surtout pratiquée en peinture à l'huile car la brillance de l'huile est la plus à même de créer cet effet de profondeur[réf. nécessaire].

Un glacis se pose à sec. Il suffit de mélanger une très petite quantité de la couleur désirée à une grande quantité de liant (huile, liant acrylique) ou de médium à peindre, voire de médium à glacis.

En peinture à l'huile, les plus beaux glacis sont obtenus par dilution de la couleur avec de l'huile standolie ou de l'ambre[réf. nécessaire].

Le pigment de la couleur devra aussi être transparent de nature et peu couvrant. Les pigments laques (alizarine) sont donc conseillés[réf. nécessaire]. L'artiste se référera pour cela au degré de transparence indiqué par le fabricant sur le tube de couleur (mentionné par un carré vide ou un T).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Lacombe, Dictionnaire portatif des Beaux-Arts ou Abregé de ce qui concerne l'Architecture, le Sculpture, le Peinture, le Gravure, le Poésie & le Musique, Paris, chez la Veuve Estienne & Fils et Jean-Th. Herissant, , 707 p. (lire en ligne), p. 291

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