Georges Python

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Georges Python
Fonctions
Député au Grand Conseil (Fribourg)
Conseiller d'État (Fribourg)
Conseiller national
Conseiller aux États
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Portalban, Suisse
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Fillistorf, Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Enfants José Python
Profession Avocat
Religion Catholique

Georges Python, né le à Portalban et mort le à Fillistorf, est une personnalité politique suisse[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Situation familiale[modifier | modifier le code]

Originaire de Portalban, il est le fils d’Auguste, agriculteur, syndic puis secrétaire communal, et d’Elisabeth de Castella, de Delley. Il épouse en 1889 Marie-Elisabeth, fille de Louis Wuilleret, député et Conseiller national, chef de file des conservateurs fribourgeois. Par ce mariage, Georges Python s’allie à une grande famille conservatrice de la capitale. Il devient le beau-frère de Charles Wuilleret (préfet de la Sarine et Conseiller national) et de Paul Aeby (Conseiller national et syndic de Fribourg). Son fils José (No 60) sera Conseiller d’État de 1951 à 1966.

Formation et vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Georges Python fait ses études secondaires à Schwytz et au Collège Saint-Michel, puis suit les cours de l’École de Droit (18761878). Bénéficiant du soutien du chanoine Schorderet dès ses débuts en politique, il est membre du Cercle catholique (1876) et président du comité central de la Société des étudiants suisses (18791880). Catholique militant, il participe aux travaux de l'Union de Fribourg, cercle européen d'études économiques qui regroupe les pionniers du catholicisme social à la fin du XIXe siècle. Il obtient sa patente d’avocat (1879) en accomplissant un stage dans l’étude de son futur beau-père. Nommé président du Tribunal de la Sarine (18811886), il est également professeur à l’École de Droit (18831886). Sa carrière militaire le mène au grade de capitaine.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Sa carrière politique débute par son élection comme député de la Broye lors des élections de 1881 qui marquent la victoire des conservateurs ultramontains. Il siège au Grand Conseil jusqu'à ce que le cumul des mandats de député et de Conseiller d’État soit interdit en 1921.

Georges Python accède au Conseil d’État lors de l’élection partielle du 7 septembre 1886 et prend la charge de la Direction de l’Instruction publique. Il ne quittera plus cette fonction jusqu'à son décès en 1927, siégeant durant 41 ans et présidant l’exécutif à quatre reprises, en 1895, 1903, 1908 et 1914. Servant l’idéal d’un État catholique et conservateur, il s’impose comme le leader, pour un temps incontesté, à la tête d’une « République chrétienne » qu’il instaure et qu’il gouverne avec autorité[2]. L’idée première et visionnaire de Python est la réalisation d’une Université devant assurer le rayonnement catholique de Fribourg et, à terme, son développement économique.

Pour mener à bien une telle entreprise dans un canton rural et aux ressources limitées, il s’engage à doter et financer la haute école sans recourir à l’impôt. Il conclut alors le rachat de la Société des Eaux et Forêts (1888, EEF dès 1915), assurant à l’État les revenus liés à un quasi-monopole de l’énergie et fonde une Banque cantonale (1892) devant fournir à l’alma mater une rente annuelle[3], de l'hôpital cantonal de Fribourg[4] Parallèlement à l’établissement de ces régies d’État, il imagine une série de combinaisons financières et s’engage dans diverses entreprises qui se révéleront déficitaires. Le coût de l’Université cristallisera les oppositions au régime et les « affaires », mises au jour dès 1912, causeront le déclin de Python au profit de Jean-Marie Musy. Victime d’une crise d’apoplexie en 1912 et affaibli par les dissensions internes du parti, Python se désengage progressivement, sans toutefois abandonner son mandat. Bien que figurant au dernier rang des élus, les scrutins de 1921 et 1926 confirment malgré tout le soutien populaire dont il bénéficie.

Fondée en 1889, l’Université est la pierre angulaire du régime. Après les facultés de droit, de lettres (1889) et de théologie (1890), la faculté des sciences (1895) doit soutenir le développement industriel du canton. Quant au projet de faculté de médecine, il met à l’ordre du jour la question d’un hôpital cantonal qui voit finalement le jour en 1920, réparti sur les deux sites de Gambach et de Pérolles[4]. Le rôle central attribué de fait à la Direction de l’Instruction publique ainsi que son charisme permet à Python de jouer de son influence dans tous les domaines de la politique. Les autres niveaux de l’enseignement public ne sont pas pour autant délaissés. Déjà comme député et en qualité de rapporteur de la commission, Python participe à l’élaboration de la loi sur l’instruction primaire (1884), puis crée un dépôt central du matériel scolaire (1889) et œuvre à l’amélioration de la formation et du traitement des enseignants. Son dessein est de relever un enseignement primaire dont les comparaisons intercantonales révèlent l’insuffisance. Au niveau secondaire, il encourage la création d’un lycée cantonal pour jeunes filles (1909). Empiétant sur la Direction de l’Intérieur, son attention se porte également sur l’enseignement professionnel devant à la fois stimuler le monde agricole (école de fromagerie en 1888, cours agricoles d’hiver débouchant sur l’école pratique d’agriculture en 1900) et encourager une certaine industrie (loi sur l’École des Arts et Métiers ou Technicum en 1903). Soucieux du sort des jeunes filles, il favorise l’enseignement ménager et le rend obligatoire (1904). Une école supérieure de commerce pour jeunes filles (1905) et une école d’infirmières (1913) sont aussi fondées.

Parlementaire influent à Berne, Georges Python siège d’abord au Conseill national (entre 1884 et 1893), où il se montre un ardent fédéraliste, notamment dans les domaines des chemins de fer par sa lutte contre le rachat du Central–Suisse (1891) et de l’enseignement par son engagement dans le débat concernant le subventionnement de l’école primaire (1902). Élu au Conseil des États (entre 18961920), il participe à l’élaboration de la loi sur l’assurance-maladie et accidents (1900). Sur le plan constitutionnel, il soutient les initiatives pour l’élection du Conseil fédéral par le peuple (1900) et pour l’introduction du système proportionnel dans les élections au Conseil national (1900), alors même qu’il est opposé à cette dernière idée au niveau cantonal pour préserver la force électorale de son parti. Il accède à la présidence de la Chambre haute en 1915.

Avec l’Université et ses corollaires, Python établit certains piliers de la vie économique, politique et culturelle du canton. Considéré parfois comme le « second fondateur de Fribourg », son souvenir fait durant des décennies l’objet d’un véritable culte. Occultant longtemps les scandales et l’accaparement de l’appareil étatique, la mémoire retient les résultats d’un interventionnisme orienté vers le progrès ainsi que les réalisations inscrivant dans la pierre et dans les esprits la réussite du régime. Le coût financier de cette modernisation grèvera toutefois le budget du canton et pèsera sur son développement ultérieur. De même, la préférence accordée à une économie traditionnelle (par conviction autant que par crainte du socialisme émanant des concentrations urbaines liées aux grandes industries) retardera encore le vrai décollage industriel du canton.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Python jouit d'un certain culte du souvenir, c'est pourquoi on peut retrouver une représentation de lui dans la fresque commémorative de la chapelle de Posieux (1924) et dans un vitrail historique de la cathédrale de Fribourg (1936). Une place du centre ville de Fribourg porte son nom[5]. Il s'y déroule chaque année plusieurs événements importants comme les Rencontres de folklore internationales ou Les Georges Festival.

Georges Python aurait inspiré Hergé pour le personnage du professeur Paul Cantonneau, coéquipier de Tintin dans Les 7 boules de cristal et l'Étoile mystérieuse[6]. Cette interprétation est cependant jugée infondée par certains tintinophiles et tintinologues, arguant qu'Hergé ne connaissait sans doute pas Python[7].

Il eut comme secrétaire l'écrivain et journaliste romand Léon Savary.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Philippe Bugnard, article Python, Georges dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  2. Pierre-Philippe Bugnard, « Le régime Python », dans Roland Ruffieux, Histoire du canton de Fribourg, Fribourg, , p. 875-887
  3. « Fribourg passe à côté de la révolution industrielle (1800-1870) », sur memo.fr (consulté le 20 avril 2009)
  4. a et b « Histoire de l'hôpital », sur Hôpital fribourgeois (consulté le 20 avril 2009)
  5. « Place Georges Python », sur myswitzerland.com (consulté le 9 juillet 2013)
  6. Laurent Missbauer, « Tintin et la Suisse », Sports et Loisirs, mais encore...,‎ , p. 30 (lire en ligne)
  7. Alain-Jacques Tornare et Jean Rime, Tintin à Fribourg : Dits et interdits, Fribourg, Bibliothèque cantonale et universitaire Fribourg, (lire en ligne), p. 20.