Genèse de la chevalerie médiévale

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Au Proche-Orient, le cataphractaire des Sassanides instaure la cavalerie lourde comme reine des batailles lors de l'Antiquité tardive.

La genèse de la chevalerie médiévale traite des origines de la chevalerie médiévale.

Il est généralement pensé que la « Chevalerie », avec toutes les valeurs morales et quelquefois spirituelles qui s’y rattachent, n’a pu s’épanouir et se structurer que dans l’évolution d’une société qui s’imprégnait elle-même de ces mêmes valeurs. Mais la réalité, c’est que ce ne sont pas ces valeurs qui sont à l’origine de ce qui deviendra au début du XIe siècle la Chevalerie médiévale.

En fait, la genèse de la chevalerie va se former par la convergence puis la fusion de deux traditions distinctes :

  • l’une a ses origines dans l’Antiquité gréco-romaine ;
  • l’autre dans les pratiques initiatiques tribales des peuples de Germanie (ceux communément et souvent péjorativement appelés « barbares »).

Origines gréco-romaines antiques[modifier | modifier le code]

Dessin restaurant la mosaïque d'Apelles à Pompéi sur la bataille d'Issus (Alexandre contre Darius III).

Dans les écrits anciens, les auteurs grecs et surtout athéniens, parlent de l’existence d’un groupe d’hommes qui se font appeler hippeis (pluriel de "hippeus") (Hippeus, peut être traduit sans différenciation par « cavalier »)[1].

Chez les Romains - dont on connaît l’extrême importance qu’ils attachent eux aussi à l’infanterie (dont l'unité tactique s’appelle la « manipule ») - on trouve un corps d’armée constitué de soldats qui combattent sur des chevaux. Ils sont appelés equites[2].

Origines germaniques[modifier | modifier le code]

Le peuple migrateur en Europe des Alains provient en Asie mineure des Sarmates.

Étant de nature nomade, le nourrisson fille ou garçon, Wisigoth, Ostrogoth, Vandale, Alaman, Alain, Burgonde, Lombard, Franc, Hun etc., se retrouvait sur le dos d’un cheval avant même de savoir marcher[3]. Comme la guerre était l’occupation principale de ces peuples qui se devaient pour vivre conquérir sans cesse de nouveaux territoires, le jeune enfant mâle cavalier se retrouvait tout aussi naturellement avec les armes à la main[4].

Lorsque le poil lui était poussé au menton, il revenait alors dans sa tribu pour y subir le rite de la première coupe de barbe ou de cheveux et pour y affronter en combat singulier son père adoptif[5].

Chez les « Francs saliens » il était de coutume chez leurs chefs, de célébrer en plus, par une cérémonie spécifique, la remise très solennelle des armes à un jeune homme en âge de combattre[6].

Fusion des traditions gréco-romaines et germaniques[modifier | modifier le code]

Peinture illustrant des Goths traversant une rivière, par Évariste-Vital Luminais (XIXe siècle).

L’habileté guerrière des cavaliers germains leur avait établi une certaine réputation de combattants à cheval. Jules César, lors des huit années que dura la guerre des Gaules entre 58 et 52 av. J.-C. avait utilisé ces cavaliers germains qui au gré des alliances et des trahisons, étaient tantôt ses ennemis, tantôt des alliés. Les premiers Germains qui combattirent aux côtés des forces romaines furent les Bataves lors des campagnes germaniques de Nero Claudius Drusus dit Germanicus en 12 av. J.-C.[7]

Lors de la période flavienne de 69 à 96, les Romains incitèrent d’autres cavaliers germains de diverses provenances ethniques et tribales, à intégrer progressivement leurs forces militaires avec les statuts d’auxiliaires ou de mercenaires[8]. Ce phénomène d'intégration, où se côtoyait equites romains et cavaliers germains, se poursuivit pendant plus d’un siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Leslie J. Worley. « Hippeis : la cavalerie de la Grèce antique ». Leslie Worley. Américaine. Edition Westuiew Press. Boulder CO USA, février 1994, 241 pages. Voir aussi les écrits anciens de Solon : homme d’État athénien né à Salamine vers 640 av J.-C. mort à Chypre en 58 av J.-C. Il est le rédacteur d’une constitution qui crée 4 classes sociales dont celle des hippeis constituée d’hommes possédant un cheval et un équipement militaire ou ayant un revenu annuel de plus de 300 boisseaux de grains.
  2. « Vous avez dit equites » in Lexique des antiquités romaines. René Cagnat et Georges Goyau. Français. Éditions Thorin et fils. Paris 1895. Cette source souligne l'apparition de soldats à cheval lors de la constitution des comices centuriates qui sont généralement attribués à Servius Tullius sixième roi de la Rome antique vers 579 av J.-C.
  3. Beowulf. André Crépin. Français. Édition diplomatique et texte critique, traduction française, commentaires et vocabulaire. Édition Kümmerle Göppingen 1991, 1051 pages. Voir aussi la source ancienne « La Germanie » Chapitres de 1 à 27 traitant de la vie quotidienne des peuples Germains. Chapitres de 28 à 46 énumérant les divers peuples qui composaient l’appellation généraliste de Germains. Tacite né en 55, mort en 120 apr. J.-C. écrit en 98 apr. J.-C.
  4. « Le choc des Culture. Romanité, germanité, chrétienté durant le haut Moyen Âge ». Michel Rouche. Français. collection Histoire et Civilisation, Presses universitaires du Septentrion, 2003. Voir aussi la source ancienne Guerre des Gaules, livre VI, chapitres 21, 22. Jules César
  5. « Les rites d’initiation germaniques ». Michel Rouche. Français. Article du 25 septembre 2007. Voir aussi la source ancienne Histoire des Lombards Paul Diacre né vers 720, mort entre 787 et 789, ouvrage écrit à l’abbaye bénédictine du Mont Cassin en Italie. I, 23 et 24 et VI, 53. textes accessibles sur le site de la Bibliotheca Augustana //hsaugsburg.de/~harsch/chronologia/Lspost08/PaulusDiaconus/pau_intr.html
  6. « Les rites d’initiation germaniques ». Michel Rouche. Français. Article du 25 septembre 2007. Voir aussi la source ancienne « Histoire des Goths ». Cassiodore. Ecrit en 543.
  7. « Les Armées de Combat dans les annales de Tacite : Étude de tactique ». Laurent Fleuret. Français. Mémoire de maîtrise en histoire ancienne. Université de Nantes, juin 1997.
  8. L’Armée romaine et l’organisation des provinces ibériques d’Auguste à l’invasion de 409. Patrick Leroux. Français. Éditions Broccard. Paris 1982. 493 pages.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Leslie J. Worley. « Hippeis : la cavalerie de la Grèce antique ». Édition Westuiew Press. Boulder CO USA, février 1994, 241 pages.
  • René Cagnat et Georges Goyau. « Vous avez dit equites », in Lexique des antiquités romaines. Éditions Thorin et fils. Paris 1895.
  • André Crépin. « Beowulf » Édition diplomatique et texte critique, traduction française, commentaires et vocabulaire. Édition Kümmerle Göppingen 1991, 1051 pages.
  • Michel Rouche. « Le Choc des cultures. Romanité, germanité, chrétienté durant le haut Moyen Âge ». collection Histoire et Civilisation, Presses universitaires du Septentrion, 2003.
  • Michel Rouche « Les Rites d’initiation germaniques ». Article du 25 septembre 2007.
  • Patrick Leroux : L’Armée romaine et l’organisation des provinces iberiques d’Augste à l’invasion de 409. Éditions Broccard. Paris 1982. 493 pages.
  • Laurent Fleuret (mémoire de maîtrise en histoire ancienne). Les Armées de Combat dans les annales de Tacite : étude de tactique. Université de Nantes, juin 1997.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]