Freeport-McMoRan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Freeport (société))
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Freeport-McMoRan Copper & Gold Inc.
logo de Freeport-McMoRan
illustration de Freeport-McMoRan

Création 1988
Forme juridique Société par actionsVoir et modifier les données sur Wikidata
Action New York Stock Exchange (FCX)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Phoenix
Drapeau des États-Unis États-Unis
Direction Richard C. Adkerson, James R. Moffett
Activité Mine
Produits Cuivre, or, molybdène
Effectif 25 400
Site web fcx.com

Chiffre d'affaires 16 939 M US$ (2007)

Freeport-McMoRan Copper & Gold Inc. est une société américaine basée à Phoenix dans l'Arizona. Opérant dans le secteur minier, elle est l'un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et d'or.

Activité[modifier | modifier le code]

Elle détient et exploite la mine de Grasberg située en Indonésie et considérée comme le plus grand gisement au monde d'or, faisant de cette société le contribuable le plus important du gouvernement indonésien. Outre l'or et le cuivre, Freeport extrait aussi d'importantes quantités de molybdène et d'argent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts de Freeport McMoRan[modifier | modifier le code]

Freeport Sulphur Co. avait été fondée le 12 juillet 1912 par le fils aîné d'un magnat de l'agriculture, le banquier Eric Pierson Swenson, avec l'appui d'un groupe d’investisseurs, pour exploiter les mines de soufre du dôme de sel de Brian Mound, le long du Golfe du Mexique[1]. Dès novembre 1912, les dirigeants de la société créèrent la colonie de Freeport (Texas) pour loger les mineurs, et aménager un terminal maritime pour Houston, rival de Galveston et Corpus Christi[2],[3].

Freeport exploitait le soufre par le procédé Frasch, dont les brevets avaient expiré en 1908[4]. Jusque-là, ces brevets étaient l'exclusivité du Dr. Herman Frasch, chimiste et fondateur de la compagnie minière Union Sulphur Company[5]. La compagnie devint célèbre sous le nom de Freeport Sulphur, avant de devenir Freeport Minerals.

En 1922, Freeport commençait à extraire du soufre de Hoskins Mound dans le Comté de Brazoria[3]:111-117.

Freeport Texas Company[modifier | modifier le code]

Pour conjuguer au mieux l'urbanisation et le développement rationnel de la production d'acide sulfurique, les actionnaires décidèrent en septembre 1913 de regrouper leurs actifs au sein d'une holding[1],[6] :

Les principales sociétés groupées au sen de la holding étaient :

  • Freeport Sulphur
  • Freeport Gas Co.
  • Freeport Sulphur Transportation Company
  • Freeport Town Site Co.
  • Freeport Terminal Co.
  • Freeport Light, Water & Ice Co.
  • South Texas Stevedore Co.
  • La Espuela Oil Co.
  • Société pour l'Importation et la Vente des Soufres
  • Houston & Brazoz Valley Ry[1].

En 1919, un parti d'actionnaires minoritaires comprenant Langbourne Meade Williams, First National Bank of Richmond, , W. M. Addison (vice-président de Virginie), Benjamin P Alsopp, E. L. Norton et Samuel W. Travers, démarchèrent des actionnaires pour les mandater au conseil d'administration du 5 avril suivant, arguant d'un manque de transparence de l'équipe dirigeante. Pour cette fois, le PDG E.P. Swenson apporta les démentis attendus et conserva la majorité au conseil[7].

Contrôle de la commandite (1928 - 1931)[modifier | modifier le code]

Mais en 1928, l'héritier d'un investisseur, Langbourne Meade-Williams (1903–1994), se lança dans une course aux mandats pour prendre le contrôle de la société. En 1929, il s'assura l’appui de son ancien directeur à la banque Lee, Higginson & Co., J.T. Claiborne, lequel recruta l'expert-comptable John Hay Whitney — devenu l'un des hommes les plus riches d'Amérique à la mort de son père, Payne Whitney[8]. Williams arracha finalement le contrôle de la société à son fondateur, Swenson, et en devint le président en 1931, avec Claiborne comme vice-président et Whitney comme directeur du conseil d'administration[9],[10],[11].

Williams diversifia les activités de la société, d'abord par le rachats de mines de manganèse à Province d'Oriente[12], Cuba.

Années 1930[modifier | modifier le code]

En 1932, Freeport Sulphur Co. acquit les droits d'exploitation des gisements du Lac de Grande-Ecaille et de Plaquemines Parish, puis en 1933 intensifia l'exploitation du dôme de soufre de Grand-Ecaille, toujours en utilisant le procédé Frasch. Dès la phase de projet, l'exploitation du soufre a stimulé l'expansion de Port Sulphur (Louisiane)[13].

Années 1950[modifier | modifier le code]

La société élabora des lingots de nickel durant seconde guerre mondiale, puis produisit de la potasse dans les années 1950[14]. En 1955, Freeport Nickel investit 119 millions de dollars (dont les 5/6 étaient des subventions fédérales) dans l'aménagement d'une mine de nickel-cobalt à Moa Bay, Cuba, et dans la construction d'une raffinerie à Port Nickel, Louisiane. Le 11 mars 1957, le gouvernement lui notifia une commande de nickel et de cobalt[15],[16].

En 1956, le groupe créa la société Freeport Oil Company[14], et en 1958, elle céda un gisement de pétrole à Lake Washington en Louisiane pour 100 millions de dollars environs, à Magnolia Petroleum Company[14].

En 1959, les géologues de Freeport confirmèrent la découverte, annoncée par les autorités néerlandaise dès 1936, d'un énorme filon de cuivre et d'or à Ertsberg, au fin fond des Monts Jayawijaya (Nouvelle-Guinée néerlandaise), qui forme aujourd'hui la mine de Grasberg[17].

Pour défendre ses intérêts, Freeport-McMoRan avait notamment recruté l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger[18].

En , Freeport annonce la vente de sa participation dans la mine de cuivre de Tenke Fungurume au chinois China Molybdenum pour 2,6 milliards de dollars[19].

Le président indonésien Joko Widodo fait racheter par l’État 51 % des parts de la filiale indonésienne de Freeport-McMoRan, qui détient d'immenses gisements d'or et de cuivre mais dont les revenus ne profitent pas à l'Indonésie. Celle-ci, dénonçant une « spoliation », mobilise nombre d'hommes d'affaires et politiciens américains, dont le vice-président Mike Pence qui critiqua ouvertement Joko Widodo[20].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. a b et c D'après Poor's Government and Municipal Supplement, Poor's Publishing Company, , p. 760.
  2. D’après Diana J. Kleiner, « Freeport, TX (Brazoria County) », sur Handbook of Texas Online (consulté le 26 février 2020).
  3. a et b D’après Williams Haynes, Brimstone, The Stone That Burns: The Story Of The Frasch Sulphur Industry, Princeton, N.J., D. Van Norstrand Company, Inc., (ISBN 9781494093143), p. 75–85
  4. D’après Diana J. Kleiner, « SULFUR INDUSTRY », sur Handbook of Texas Online (consulté le 26 février 2020).
  5. D’après Jared E. Hazleton, The Economics of the Sulphur Industry, Routledge, , p. 204.
  6. Cf. William B. Dana Company, Dana & Co., vol. 110, 2e Partie, New York, , p. 760.
  7. The Commercial and Financial Chronicle, Volume 110, 2e partie, William B. Dana Company (1920), p. 1418.
  8. NYTimes "JOHN HAY WHITNEY DIES AT 77; PUBLISHER LED IN MANY FIELDS", New York Times, February 9, 1982.
  9. « John Hay Whitney Elevated. », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le 1er décembre 2016)
  10. John Holusha, « Langbourne Williams Is Dead; Retired Businessman Was 91 », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  11. Peas, L, et al The assassinations: Probe magazine on JFK, MLK, RFK and Malcolm X, by James DiEugenio, Lisa Pease and Judge Joe Brown, 2003. (ISBN 0922915822).
  12. Cf. Gerald Kutney, Sulfur: History, Technology, Applications & Industry, ChemTec Publishing, , 252 p. (ISBN 1895198372), p. 107
  13. Cf. Manie Culbertson, Louisiana: The Land and Its People, Etats-Unis, Pelican Publishing, , p. 49.
  14. a b et c FundingUniverse.com: Freeport-McMoRan Copper & Gold, Inc. History
  15. Sherritt - Moa Bay Nickel
  16. "Freeport Closes Shop in Cuba"
  17. « Freeport McMoRan: A Timeline », The Austin Chronicle,‎ (lire en ligne)
  18. Philippe Pataud Célérier, « Les Papous minoritaires en Papouasie », sur Le Monde diplomatique,
  19. RDC : un groupe chinois s’offre une mine de cuivre pour 2,6 milliards de dollars, Le Monde Afrique, 9 mai 2016
  20. « Menaces sur l’islam à l’indonésienne », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 28 juillet 2018)