Fraternité sacerdotale Saint-Josaphat

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Fraternité sacerdotale Saint-Josaphat
Image illustrative de l’article Fraternité sacerdotale Saint-Josaphat

Repères historiques
Fondation 2000
Fondateur(s) Basil Kovpak
Fiche d'identité
Église Catholique
Courant religieux Grec-catholique ukrainien, traditionaliste
Vocation Célébration des sacrements selon l'ancien rite slavon, opposition aux changements doctrinaux introduits par le concile Vatican II, spiritualité romano-byzantine et mariale.
Dirigeant Basil Kovpak (supérieur)
Localisation Ukraine

La Sainte-Fraternité du Hiéromartyr-Saint-Josaphat-Koncévitch, plus connue sous le nom de Fraternité sacerdotale Saint-Josaphat (en ukrainien : Братство традиціоналістів Святого Йосафата, Bratstvo tradytsionalistiv Svyatogo Yosafata), est une société de prêtres catholiques ukrainiens de rite oriental slavon.

Placée sous le patronage de saint Josaphat Koncévitch (1584-1623), la fraternité est fondée en 2000, par Basil Kovpak, et a pour but principal la formation de prêtres. Son institution est similaire à celle de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), à laquelle elle est affiliée depuis 2003 et dont elle est, depuis cette date, la représentante en Ukraine.

Le charisme de la fraternité[modifier | modifier le code]

La sauvegarde du rite slavon[modifier | modifier le code]

À l'image des traditionalistes occidentaux qui défendent l'usage liturgique du latin contre celui des langues vernaculaires, la Fraternité sacerdotale Saint-Josaphat (FSSJK) s'oppose à l'abandon par l'Église catholique ukrainienne du slavon d'église, langue liturgique traditionnelle des Églises slaves orthodoxes et catholiques, au profit de l'ukrainien moderne.

Pour les contradicteurs de la fraternité l'essence de la pratique liturgique orientale serait de prier dans une langue comprise par le peuple, ce que n'est plus le slavon d'église, en particulier au sein de la diaspora. Pour la fraternité, néanmoins, le rite slavon est essentiel pour souligner la nécessaire unité catholique entre tous les peuples slaves et pour affaiblir le nationalisme, qui a longtemps divisé les chrétiens slaves.

Le refus de l'œcuménisme[modifier | modifier le code]

La FSSJK condamne l'œcuménisme tel que le Saint-Siège et l'Église grecque-catholique ukrainienne le pratique, cette dernière ayant notamment refusé l'entrée en son sein de prêtres et de laïcs orthodoxes souhaitant se convertir, afin de garder de bonnes relations avec les Églises orthodoxes. La fraternité soutient, en effet, le devoir de rechercher et de favoriser la conversion des « schismatiques orientaux », comme le préconisait Mgr Marcel Lefebvre, et envoie continuellement des missionnaires auprès des chrétiens orthodoxes.

Le refus de la « délatinisation »[modifier | modifier le code]

La FSSJK rejette les réformes de « délatinisation », appliquées au sein de l'Église grecque-catholique ukrainienne depuis les années 1930 et, plus encore, depuis la fin du concile Vatican II et la signature du décret Orientalium Ecclesiarum (1964). Concrètement, la FSSJK s'oppose à l'abandon forcé de certaines pratiques et traditions religieuses comme les chemins de croix, le rosaire ou encore l'ostension eucharistique. Toutefois, en rejetant ces réformes liturgiques, ils sont accusés de nier aux autorités ecclésiales le droit de procéder à de telles réformes.

Pour les adversaires de la FSSJK, les membres de la fraternité célèbreraient des offices trop courts — calqués sur les offices de rite romain, traditionnellement plus courts que ceux de rite oriental — et privilégierait des dévotions trop « romaines ». Les partisans de la société soutiennent toutefois que les symboles et rituels dits « latins » ont été empruntés à leurs voisins polonais, puis conservés pendant des siècles par les grecs-catholiques ukrainiens, et que leur suppression reviendrait à priver ces fidèles d'une partie de leur propre héritage sacré. Dans son ouvrage Persecuted Tradition, le père Basil Kovpak accuse par ailleurs la hiérarchie de l'Église grecque-catholique ukrainienne d'exercer une pression psychologique sur les clercs opposés ou simplement réticents à l'interdiction du rituel romain et avance que de nombreux fidèles, liés à ce rite depuis plusieurs générations, préféreraient ne plus aller à la messe plutôt que d'assister à une cérémonie « délatinisée ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Effectifs[modifier | modifier le code]

Le nombre de prêtres incardinés dans ses rangs en 2009 était de quinze, à cela faut-il ajouter un nombre inconnu de prêtres qui ont rallié la Fraternité ou lui sont alliés. La branche religieuse féminine est composée des Sœurs Basiliennes. Le nombre de séminaristes en 2009 était de dix-sept. On peut estimer le nombre de fidèles à quelques milliers, bien que leur nombre soit en augmentation. La FSSJK possédait en l’année 2009, quinze églises et dix autres lieux de cultes.

En décembre 2011, l'abbé Stehlin de la FSSPX annonce deux ordinations sacerdotales et deux ordinations diaconales à venir, par Mgr Tissier de Mallerais[1]. En avril 2013, il annonce le chiffre de 20.000 fidèles desservis[2]. En 2014, il annonce que la FSSJK compte 20 prêtres, et dessert 24 chapelles[3].

En mai 2018, la FSSPX annonce sur son site officiel que Mgr Fellay a ordonné deux diacres et un prêtre pour la FSSJK[4].

Séminaire[modifier | modifier le code]

Le séminaire de la FSSJK est situé à Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine. Il est dédié au Coeur Immaculé de Marie et compte chaque année une trentaine de séminaristes. Selon la fraternité, le séminaire se veut un modeste tremplin pour la conversion de l'Ukraine et de la Russie au catholicisme.

Il est jouxté d'un petit couvent de sœurs basiliennes, liées à la fraternité.

Différends avec l'Église grecque-catholique[modifier | modifier le code]

La hiérarchie de l'Église grecque-catholique ukrainienne voit la FSSJk d'un très mauvais œil, en raison du statut particulier de celle-ci, de ses liens avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et de leur opposition frontale vis-à-vis de certains sujets.

En 2003, le cardinal Lubomyr Husar, archevêque-majeur de l'Église grecque-catholique ukrainienne, excommunie le père Basil Kovpak (en), supérieur et fondateur de la FSSJK, en raison de son rapprochement avec la FSSPX. En raison d'un vice de forme canonique, l'excommunication est déclarée nulle et non avenue par la Congrégation pour la doctrine de la foi. En novembre 2007, le cardinal Lubomyr Husar excommunie à nouveau le père Kovpak, pour avoir assisté à l'ordination sans mandat épiscopal et selon le rite tridentin de deux de ses prêtres par l'évêque Richard Williamson, alors membre de la FSSPX[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. District de France FSSPX, « Lettres publiées par l'association "Missions" », sur laportelatine.org (consulté le 8 mai 2018)
  2. « Missions », Missions,‎ (lire en ligne)
  3. District de France FSSPX, « L'Abbé Karl Stehlin quitte la Maison autonome des Pays de l'Est : lettre d'Adieu et humble demande », sur laportelatine.org (consulté le 8 mai 2018)
  4. « Ukraine : ordinations pour la Fraternité Saint-Josaphat | FSSPX.Actualités / FSSPX.News », sur fsspx.news (consulté le 8 mai 2018)
  5. http://www.catholicculture.org/news/features/index.cfm?recnum=54919

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]