Franckéite

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Franckéite[1]
Catégorie II : sulfures et sulfosels[2]
image illustrative de l’article Franckéite
Mine de Carguaicollo - Département de Potosí - Bolivie (3,5×2,8 cm)
Général
Classe de Strunz 2.HF.25b
Classe de Dana 3.01.04
Formule chimique FePb5S14Sb2Sn3 (Pb,Sn)6Fe2+Sn2Sb2S14
Identification
Masse formulaire[3] 2 140,4 ± 0,6 uma
Fe 2,61 %, Pb 48,41 %, S 20,97 %, Sb 11,38 %, Sn 16,64 %,
Couleur gris sombre à noir pouvant s’iriser
Classe cristalline et groupe d'espace pinacoïdal, P1
Système cristallin triclinique
Réseau de Bravais primitif P
Macle complexe
Clivage parfait sur {001}
Habitus massif, aciculaire à prismatique, tabulaire
Échelle de Mohs 2,5
Trait gris sombre
Éclat métallique
Propriétés optiques
Transparence opaque
Propriétés chimiques
Densité 5,5 - 5,9
Solubilité dans HNO3 et HCl à chaud
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La franckéite est une espèce minérale composée de sulfure de plomb, étain, fer et antimoine avec des traces de zinc, argent, germanium et indium.

Historique de la description et appellations[modifier | modifier le code]

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

La franckéite fut décrite par Stelzner en 1893 et dédiée à deux ingénieurs des mines, Carl et Ernest Francke[4].

Topotype[modifier | modifier le code]

Le topotype se trouve à Veta del cuandro et San Juan mine, las animas dist., Chocaya, Bolivie.

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • ilijteria

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

Critères de détermination[modifier | modifier le code]

La franckéite est opaque et d'éclat métallique. Sa couleur varie du gris sombre au noir, pouvant s’iriser. Son trait est gris sombre. Son habitus est massif, aciculaire à prismatique et tabulaire.

Elle est soluble dans l'acide nitrique et l'acide chlorhydrique à chaud.

Composition chimique[modifier | modifier le code]

La composition de la franckéite n'est pas déterminée avec certitude. Ceci est dû au fait qu'elle forme des cristaux de structure composite modulée. En 1995, Wang, Buseck et Liu ont indiqué une formule approximative de Pb5FeSn3Sb2S14 pour la franckéite[1].

Variétés et mélanges[modifier | modifier le code]

  • Incaite : variété riche en étain. Le nom a été donné en l'honneur de l'empire inca. L'incaite fut initialement décrite à la mine de Santa Cruz, Poopó, province de Poopó, département d'Oruro, Bolivie.
  • Potosiite : variété de franckéite pauvre en étain de formule Pb6Sn3FeSb3S16. Elle a été déclassée du rang d'espèce en 1997 par l'IMA. Elle apparaît dans de nombreuses occurrences mondiales, en Argentine, au Chili, au Canada et au Japon.

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

La franckéite fait partie du groupe de la cylindrite selon la classification de Dana, noté 3.01.04 : il s'agit d'un sulfosel (groupe 3) de formule générale A+iA2+jByCz où A est un métal, B est un métalloïde, C est un non-métal et le rapport z/y est supérieur à 4 (groupe 3.01).

Groupe de la cylindrite
Minéral Formule
Abramovite Pb2SnInBiS7
Coiraite (Pb,Sn)12,5As3Sn5FeS28
Cylindrite Pb3Sn4FeSb2S14
Franckéite
  • Incaite
  • Potosiite
(Pb,Sn)6FeSn2Sb2S14
  • Pb4Sn4FeSb2S15
  • Pb6Sn2FeSb2S14

Selon la classification de Strunz, la franckéite appartient au groupe 2.HF.25b des sulfures et sulfosels (II) de structure similaire à celle de SnS (2.H) contenant des motifs structurels de type SnS et PbS (2.HF). Ce groupe comprend les minéraux coiraite, franckéite, incaite et potosiite.

Cristallographie[modifier | modifier le code]

La franckéite possède une structure composite modulée. Elle peut être considérée comme étant composée de deux sous-réseaux : un réseau pseudo-quadratique et un réseau pseudo-hexagonal[5],[6].

  • Paramètres de la maille pseudo-quadratique : = 17,2 Å, = 5,79 Å, = 5,82 Å, α = 91,4°, β = 95,5°, γ = 88,2° (V = 576,52 Å3).
  • Paramètres de la maille pseudo-hexagonale : = 17,2 Å, = 3,65 Å, = 6,30 Å, α = 91,3°, β = 96,2°, γ = 88,6° (V = 390,51 Å3).

Gîtes et gisements[modifier | modifier le code]

Gîtologie et minéraux associés[modifier | modifier le code]

La franckéite se trouve dans les veines hydrothermales Ag-Sn et au contact des dépôts métamorphiques.

Gisements producteurs de spécimens remarquables[modifier | modifier le code]

En France

Dans le monde

  • Dépôt de Tongkeng-Changpo Nandan Co., Préfecture de Hechi, Guangxi Zhuang Région autonome de Chine[9]
  • Pacific Limestone Products quarry (Kalkar quarry), Santa Cruz, Santa Cruz Co., Californie, États-Unis[10]
  • Mine de Carguaicollo Province de Quijarro, Département de Potosí, Bolivie[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Su Wang, P.R. Buseck et J. Liu, « High-angle annular dark-field microscopy of franckeite », American Mineralogist, vol. 80, nos 11-12,‎ , p. 1174-1178 (lire en ligne).
  2. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  3. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  4. (de) Stelzner, dans Jb. Min., vol. 11, 1893, p. 114.
  5. (en) Nadejda N. Mozgova, N. I. Organova et Anatoli I. Gorshkov, « Structural resemblance between incaite and franckeite », Døklady Akademie Nauk SSR, vol. 228,‎ , p. 705-708.
  6. (en) Z. L. Wang et J. M. Cowley, « Simulating high-angle annular darkfield STEM images including inelastic thermal diffuse scattering », Ultramicroscopy, vol. 31,‎ , p. 437-454.
  7. (en) P. Picot et Z. Johan, « Atlas of Ore Minerals », BRGM, Elsevier, 1982.
  8. Roland Pierrot, Louis Chauris, Claude Laforêt, Inventaire minéralogique de la France n°3 - Finistère, Éditions du BRGM, 1973
  9. (en) John W. Anthony, Richard A. Bideaux, Kenneth W. Bladh et Monte C. Nichols, The Handbook of Mineralogy : Elements, Sulfides, Sulfosalts, vol. I, Mineral Data Publishing, .
  10. (en) Eugene B. Gross, John E. N. Wainwright et Bernard W. Evans, « Pabstite, the tin analogue of benitoite », American Mineralogist, vol. 50, no 9,‎ , p. 1164-1169 (lire en ligne).
  11. (es) Federico Ahlfeld et Alejandro Schneider-Scherbina, « Los Yacimientos Minerales y de Hidrocarburos de Bolivia », Ministerio de Minas y Petroleo, La Paz, 1964.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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