François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

François-Alexandre Aubert de La Chenaye-Desbois ou de La Chenaye des Bois (, Ernée - , Paris), est un écrivain et compilateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Religieux[modifier | modifier le code]

Son père, Pierre, était receveur des traites de la ville d'Ernée. Son enfance n'est pas connue. Après avoir reçu une instruction religieuse, il entre comme moine, sous le nom d'Athanase dans un couvent franciscain à Évreux. Actif et batailleur, il quitte sa retraite, par deux fois, avec « le dégoût pour son état » et « emportant des religieux, en général, un fort mauvais souvenir ». Il quitte[1] son couvent sans plus de cérémonie car il ne s'inquiète pas même de se faire relever de ses vœux. Il avait pris d'ailleurs, dans son couvent, une très mauvaise opinion des religieux de toute robe : « Il y a quelque part, des moines véritablement honnêtes gens : j'avoue qu'ils sont fort rares. »[2].

Le mariage[modifier | modifier le code]

En 1742, il se marie avec une demoiselle Picquenot de La Croix. Il est envoyé à la prison Saint-Lazare pour expier ses fautes, ayant abandonné la vie monastique. Sa femme ne peut alors plus correspondre avec lui qu'en se faisant passer pour sa sœur. Ses ennemis (Nicolas René Berryer, lieutenant général de police, l'abbé de Choisexure…) obtiennent du roi en 1747 son transfert à Amsterdam, mais sans sa femme, qui doit rester en France.

La Hollande[modifier | modifier le code]

En désertant son couvent, il se rend en Hollande. Les Lettres Juives paraissaient et avaient un grand succès dans les cercles philosophiques : il entreprend d'y répondre. Il est possible que cette réponse soit le premier ouvrage de La Chenaye. C'est en tout cas le premier désigné par les bibliographes. Il paraît par livraisons séparées, durant les années 1737 et 1738, sous le titre de: Correspondance historique, philosophique et critique entre Ariste, Lisandre et quelques autres amis, pour servir de réponse aux Lettres Juives ; La Haye, A. Van Dole, in-12. L'éditeur publiait deux livraisons par semaine, et l'ouvrage complet forme trois volumes.

Il ne semble pas rester longtemps en Hollande, comme il fait publier en France en 1750 son Dictionnaire des aliments.

Il est indiqué que l'abbé Desfontaines, qui employait Aubert, dit-on, dans sa feuille[3], intitulée Observations sur les écrits modernes, n'avait pas « toujours autant d'esprit que lui ».

La mort[modifier | modifier le code]

Il meurt sans ressources en 1784. On le décrit comme « un homme de haute taille, au teint basané, à la figure picotée de petite vérole ». Son adresse à Paris était rue Saint-André des Arcs, à côté l’« Hôtel de Hollande ».

La Chenaye-Desbois a plusieurs fois insisté sur la triste condition d'un écrivain pauvre et dépourvu de riches protecteurs. Pour Hauréau, il éprouva sans doute les désagréments de cette situation[4].

Publications[modifier | modifier le code]

La Chenaye-Desbois a laissé un grand nombre d'écrits ; quelques-uns sont ignorés ou n'existent plus, d'autres sont rares. Plusieurs de ces ouvrages sont signés d'un pseudonyme (ou de ses initiales D.L.C.D.B. pour « de La Chenaye des Bois »[5]). Il est vivement critiqué pour sa partialité dans quelques-uns de ses ouvrages. On peut lui reprocher d'avoir consigné des faits dont il n'avait pas toujours contrôlé l'authenticité, mais il ne faut pas oublier qu'il a été obligé de travailler pour le compte d'éditeurs qui exploitèrent souvent sa pauvreté.

  • Correspondance historique, philosophique et critique pour servir de réponse aux Lettres juives, La Haye : Van Dole, 1737-1738, 3 vol[6].
  • Lettre à Mme la Comtesse D… pour servir de supplément à l'amusement philosophique sur le langage des bêtes du Père Bougeant, 1739, brochure[7]. L'abbé d'Olivet, qui est assez mal traité dans cette Lettre, la croyait[8] de son impitoyable adversaire, l'abbé Desfontaines.
  • L'astrologue dans le puits, à l'auteur de la nouvelle astronomie du Parnasse, Paris, 1740, in-12[9]
  • Lettres amusantes et critiques sur les romans en général, anglais et français, tant anciens que modernes, Paris : Gissey, 1743[10].
  • Lettre à M.le marquis de… sur le mérope de M. de Voltaire, 1743. On la trouve quelquefois avec cet autre titre : Lettre sur la Mérope de Voltaire et celle de Muffei[11]
  • Le Parfait Cocher ou l'art d'entretenir et de conduire un équipage à Paris et en campagne avec une instruction aux cochers sur les chevaux de carrosse et une connaissance abrégée des principales maladies auxquelles les chevaux sont sujets, (par le duc de Nevers), 2e édition, Mérigot, 1744
  • Lettres critiques avec des songes moraux, sur les songes philosophiques de l'auteur des Lettres Juives, Amsterdam, 1745. Aubert reprend sa polémique contre le marquis d'Argens.
  • Dictionnaire militaire ou recueil alphabétique de tous les termes propres à la guerre sur ce qui regarde la tactique, le génie, l'artillerie, la subsistance des troupes, la marine, Paris : David et Gosey, 1745-1746, 3 volumes ; Egger, Dresde : chez Walter, 1750 ; Supplément, tomes 5 et 6, Paris, 1759
  • Lettres Hollandaises ou les mœurs des Hollandais, Amsterdam, 1747
  • Dictionnaire des aliments, vins et liqueurs, Paris, 1750
  • Dictionnaire universel d’agriculture et de jardinage, de fauconnerie, chasse, pêche, cuisine et manège, en deux parties : La première, enseignant la maniere de faire valoir toutes sortes de Terres, Prés, Vignes, Bois ; de cultiver les Jardins potagers, fruitiers, à fleurs, & d’ornement ; de nourrir, élever, & gouverner les Bestiaux & la Volaille ; avec une explication des Plantes, Arbrisseaux, Arbustes, & Arbres qui croissent en Europe. La seconde, donnant des règles pour la Volerie, la Chasse & la Pêche, & des remedes pour les Oiseaux de Fauconnerie, les Chevaux, & les Chiens de chasse dans leurs maladies, Paris : David le Jeune, 1751, 2 vol. in-4°, 730 p. et 238-467 p. Tome I en ligne - Tome II en ligne ; c’est une édition « considérablement augmentée » du Dictionnaire pratique du bon ménager de campagne et de ville de Louis Liger, selon la préface de l’ouvrage[12]
  • Éléments de l'art militaire par Nicolas d'Héricourt, 1752-1758, 6 volumes. Ex libris manuscrit de Louis-Henry-Georges Aubert du Petit-Thouars (1724-1794), ingénieur, qui fut lieutenant et commandant des ville et château de Saumur à partir de 1754 sur une collection en vente en 2016 [1].
  • Almanach des corps des marchands et des communautés du royaume, Paris, N.-B. Duchesne, 1753-, in-24 (suites sous des titres parfois différents)
  • Ordre naturel des Oursins de mer et fossile avec des observations sur les piquants des Oursins de mer et quelques remarques sur les belemnites ; traduction de l'ouvrage de Jacob Theodor Klein, Paris, Bauche, 1754. On trouve à la suite de l'ouvrage la Table générale d'une méthode zoologique. . Cet ouvrage et la traduction de l'Ordre naturel des Oursins sont attribués tour à tour par la Biographie universelle à Jacques Brisson[13] et à La Chenaye-Desbois[14] : suivant M. Barbier, cette dernière attribution est la mieux fondée.
  • Doutes ou observations de Th. Klein sur le système de Linnoeurs, avec des remarques sur les crustacés, sur les animaux qui ruminent et sur la vie de l'homme comparée avec celle des animaux ; traduction de cet ouvrage, Paris, Bauche, 1754
  • Système naturel du règne animal par classes, familles, ordres, etc, Paris, Bauche, 1754, 2 vol. in-8°
  • Étrennes militaires, 1755-1759
  • Dictionnaires importants sur la Noblesse, 1re éd., (1757-1765), 7 vol. dont 4 en supplément. L'ouvrage est intitulé Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique, contenant l'origine et l'état actuel des premières maisons de France, des maisons souveraines et principales de l'Europe ; les noms des provinces, villes, terres, … érigées en principautés, duchés, marquisats, comtés, vicomtés et baronneries ; les maisons éteintes qui les ont possédées, celles qui par héritage, alliance ou achat ou donation du souverain les possèdent aujourd'hui, les familles nobles du royaume et les noms et les armes dont les généalogies n'ont pas été publiés par M. D.L.C.D.B., Paris, Duchesne, 1757. Les trois derniers volumes sont de son élève Badier (1706). Les 12 premiers volumes forment le dictionnaire complet de A à Z. La deuxième édition (1770-1784) publiée par la veuve Duchesne est rare, car la majeure partie des exemplaires fut détruite pendant la Révolution. La 3e édition, 19 volumes, édités par Schlesinger frères (1863-1866)
  • Œuvres militaires dédiées au prince de Bouillon, Charleville : Thézin, Paris : veuve David, 1757 (sous pseudonyme Sionville[15]).
  • Dictionnaire militaire portatif contenant tous les termes propres à la guerre sur ce qui regarde la tactique, le génie, l'artillerie, la substance, la discipline des troupes et la marine, Gisey, 1758 ; 2e édition, Paris : Duchesne, 1759.
  • Dictionnaire raisonné universel des animaux, ou le règne animal, consistant en quadrupèdes, cétacés, oiseaux, reptiles, poissons, insectes, vers, etc., Paris, chez C.-J.-B. Bauche, 1759, 4 vol. in-4°. Ce curieux dictionnaire contient un grand nombre de recettes et de remèdes tirés des animaux, des plantes, des momies : graisse de loup pour la dentition des jeunes enfants, poumons de renard contre la phtisie, excréments de chien contre les coliques, huile de civette contre la gale, fiente d'oie contre la jaunisse, poudre de vipère desséchée, etc
  • Le Calendrier des Princes et de la Noblesse de France contenant l'État actuel des maisons souveraines, princes et seigneurs de l'Europe, Paris : Veuve Duchesne, 1762 et années suivantes.
  • Dictionnaire domestique portatif, contenant toutes les connoissances relatives à l’œconomie domestique et rurale, où l’on détaille les différentes branches de l’agriculture, la manière de soigner les chevaux, celle de nourrir et de conserver toute sorte de bestiaux, celle d’élever les abeilles, les vers-à-soie, et dans lequel on trouve les instructions nécessaires sur la chasse, la pêche, les arts, le commerce, la procédure, l’office, la cuisine…, par une Société de gens de lettres, Paris, chez Vincent, 1762-1764, 3 vol. in-8°, XII-538, 592 et 639 p. (avec Jean Goulin et Augustin Roux) ; éd. revue et corrigée, Paris, Lottin le jeune, 1769, 3 vol. in-8°[16]
  • Calendrier des Princes et de la Noblesse de France, Paris : Duchesne, 1765, 419 pages ; "contenant l'État actuel des Maisons Souveraines, Princes Seigneurs de l'Europe, & de la Noblesse de France par l'Auteur du Dictionnaire Généalogique, Heraldique, Historique, & Chronologique, Pour l'Année 1765".
  • Étrennes de la noblesse ou État actuel des familles nobles de France et des maisons et princes souverains de l'Europe, Paris : Des ventes de la Doué, 1772-1780.
  • Dictionnaire historique des mœurs, usages et coutumes des Français, contenant aussi les établissements, fondations, époques, progrès dans les sciences et dans les arts et les faits les plus remarquables arrivés et intéressants depuis l'origine de la monarchie jusqu'à nos jours, Paris : Vincent, 1767, 3 vol.
  • Dictionnaire historique des antiquités, curiosités et singularités des villes, bourgs et bourgades de France, 1769, 3 vol.
  • État de la Noblesse, Année 1781, Paris : Onfroy, Lamy, 1781 ; [discours préliminaire]-(1)[table des abréviations]-(4)[éclipses/planètes, quatre saisons/fêtes mobiles]-(12)[calendrier]-248-(2)p. ; imprimé « pour servir de continuation aux neuf premiers volumes des Étrennes de la Noblesse », et de supplément à tous les ouvrages historiques, chronologiques, héraldiques et généalogiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour Grosse-Duperon, il quitta l'église des Capucins de Mayenne.
  2. Correspondance historique, Lettre IV, p. 31.
  3. Biographie universelle, article : Chenaye-Desbois (La).
  4. Hauréau indique qu'après avoir « fait connaître, dans un certain nombre d'ouvrages critiques, ses goûts littéraires, la libre humeur de son esprit et le genre facile de son talent mal réglé, il se mit aux gages des libraires et rédigea pour eux, sur les matières les plus diverses, des abrégés, des compilations. »
  5. « www.google.fr », inauthor:"D. L. C. D. B." (consulté le 27 mars 2011)
  6. Pour Barthélemy Hauréau, ce n'est pas une réfutation des critiques acerbes du marquis d'Argens; on les approuve aussi souvent qu'on les blâme : c'est une conversation sur les mêmes sujets entre d'autres interlocuteurs qui ne manquent ni de goût, ni d'esprit. La Correspondance historique est assurément un des meilleurs ouvrages de La Chenaye-Desbois.
  7. Pour Hauréau, la brochure n'est pas dépourvue d'enjouement. C'était un mérite assez commun au XVIIIe siècle qu'un style vif, facile, dégagé de toutes périphrases ; mais il n'y avait pas non plus en ce temps-là disette d'écrits lourds, pédants et maussades : il y a donc lieu de signaler cet heureux tour qui distingue certains libelles de La Chenaye-Desbois
  8. Note sur un exemplaire de la Bibliothèque Nationale de France : Z. 2281,*, J., 107.
  9. C'est pour Hauréau un des plus violents et des plus médiocres pamphlets de La Chenaye-Desbois. La Nouvelle Astronomie avait été publiée sans nom d'auteur par le chevalier de Neufville-Montador, très-fécond et très vulgaire écrivain. La Chenaye-Desbois lui fit comprendre qu'il savait son secret, et il le traita de la façon la plus incivile. Ces méchants libelles étaient lus dans les cafés et avaient un jour de vogue. On en cite plusieurs qui ont mérité de survivre. L'Astrologue dans le Puits n'est pas de ce nombre.
  10. Hauréau ne trouve pas que ces Lettres soient précisément amusantes; elles ont même, à son avis, peu de gaieté: mais elles sont assez correctement écrites et contiennent de bons jugements. On les a quelquefois attribuées au chevalier de Neufville. Elles contiennent, en effet, un fort pompeux éloge de Marivaux. Or, Marivaux, épargné par l'auteur de la Nouvelle Astronomie, ne l'avait pas été par le critique des Lettres Juives. Mais le registre des privilèges de la librairie nous donne sur l'auteur des Lettres amusantes des renseignements précis, devant lesquels s'évanouissent toutes les conjectures. Le privilège est accordé nominativement au sieur Aubert, et à la suite vient un acte de cession, par lequel ledit sieur de La Chenaye-Aubert transporte son privilège aux libraires Gissey, Bordelet et David. Ainsi, dans l'intervalle de quelques années, La Chenaye-Desbois avait changé d'opinion sur l'auteur de Marianne. On lit encore, dans les Lettres amusantes, tout un chapitre en l'honneur de la Pamela de Samuel Richardson. François-Alexandre de La Chenaye-Aubert passe pour avoir, le premier, traduit ce roman en français : Pamela, ou la vertu récompensée; Londres, Osborne, 1742, 2 vol. M. Barbier ne parle pas de cette traduction anonyme.
  11. Pour Hauréau, il n'y a rien de remarquable dans cette lettre: elle n'est pas même écrite sur le ton facile et enjoué qui distingue quelques autres œuvres de La Chenaye-Desbois. L'auteur estime que, dans la Mérope de Voltaire, il a plus à louer qu'à blâmer. C'est une opinion désormais généralement admise. Mais quand les ennemis de Voltaire blâmaient tout dans Mérope, ses amis y louaient tout.
  12. Florian Reynaud, Les bêtes à cornes (ou l'élevage bovin) dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, Caen, thèse de doctorat en histoire, 2009, annexe 2 (2. 1751)
  13. Article de M. Dupetit-Thouars.
  14. Article de M. Villenave.
  15. Suivant Élie Fréron, ce M. de Sionville n'est qu'un pseudonyme, imaginé par La Chenaye-Desbois pour dissimuler l'incompétence d'un ci-devant capucin en matière de bombardes et de stratégie militaire.
  16. Florian Reynaud, Les bêtes à cornes (ou l'élevage bovin) dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, Caen, thèse de doctorat en histoire, 2009, annexe 2 (2. 1762)

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]