Courant de conscience

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L'écriture sous la forme du courant de conscience (ou flux de conscience) est associée à la littérature moderniste (Virginia Woolf, James Joyce, William Faulkner et Claude Simon) où il apparaît pour la première fois sous la plume de la romancière Dorothy Richardson. Son introduction dans un contexte littéraire, dérivant de la psychologie, est attribuée à May Sinclair.


Definition[modifier | modifier le code]

Le courant de conscience ou flux de conscience, en anglais stream of consciousness, est une technique littéraire qui cherche à décrire le point de vue cognitif d'un individu en donnant l'équivalent écrit du processus de pensée du personnage. C'est habituellement considéré comme une forme spécifique de monologue intérieur et il se caractérise par des sauts associatifs (et parfois dissociatifs) dans la syntaxe et la ponctuation qui peuvent rendre le texte difficile à suivre. Le courant de conscience et le monologue intérieur doivent être distingués du monologue dramatique, où le locuteur s'adresse à un public ou à une tierce personne, et qui est principalement utilisé dans la poésie ou le drame. Par exemple, les écrivains irlandais Beckett et Joyce ont tous les deux omis les points et les retours à la ligne, James Joyce ayant même supprimé les apostrophes. Dans le courant de conscience, les processus de pensée du locuteur sont le plus souvent décrits comme entendus (ou adressés à soi-même) ; il s'agit principalement d'un outil de fiction.

Le terme anglophone de "Stream of Consciousness" a été inventé par le philosophe et psychologue William James dans l'ouvrage The Principles of Psychology (1890).

Couverture de Ulysses par James Joyce (première édition, 1922), considéré comme le premier exemple de l'utilisation de la technique de courant de conscience.

Développement[modifier | modifier le code]

Des débuts à 1922[modifier | modifier le code]

De 1922 à 2001[modifier | modifier le code]

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le courant de conscience continue d'apparaître dans la littérature contemporaine. Dave Eggers, auteur of A Heartbreaking Work of Staggering Genius (2000), Une œuvre déchirante d’un génie renversant en français, « Parle de la même manière qu'il écrit – un courant de conscience puissant, des pensées qui partent dans toutes les directions » d'après une critique. Le romancier irlandais John Banville decrit le roman Amuleto de Roberto Bolaño comme « un flux de conscience fébrile ». La première décennie a amené une exploration plus profonde, incluant le roman de Jonathan Safran : Tout est illuminé (2002) et une grande partie des nouvelles de l'auteur américain Brendan Connell

Monologue intérieur[modifier | modifier le code]

Alors que de nombreuses sources utilisent les termes « courant de conscience » et « monologue intérieur » comme des synonymes, le Dictionnaire des Termes Littéraires d'Oxford propose qu'ils « peuvent être aussi distingués de manière psychologique et littéraire. Du point de vue psychologique, le courant de conscience est le sujet en lui-même, alors que le monologue intérieur est la technique pour le présenter. » Or pour la littérature, « Alors qu'un monologue intérieur présente toujours les pensées du caractère directement, sans l'apparente intervention d'un résumé et d'un narrateur choisi, cela ne va pas nécessairement les mêler aux impressions et perceptions. Ni ne bafoue les normes de grammaires, ou la logique grammaticale, or la technique du courant de conscience fait aussi une ou deux de ces choses. » De la même manière, alors que l'Encyclopédie Britannique en Ligne accepte que ces termes soient « souvent utilisés et interchangeables », elle suggère que « Alors qu'un monologue intérieur puisse être le reflet de nos pensés, de nos impressions et des associations qui affectent l'inconscient du personnage, il peut aussi être réduit à une présentation organisée des pensées rationnelles du personnage ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Haim Callev, The stream of consciousness in the films of Alain Resnais, McGruer Pub, New York, 1997, 250 p. (ISBN 9659016204)
  • (en) Melvin Friedman, Stream of Consciousness : a Study in Literary Method, Yale University Press, New Haven, 1955, 279 p.
  • (en) Clifford Douglas King, Édouard Dujardin, inner monologue and the stream of consciousness, Blackwell, Oxford, 1953, 116-128 p.
  • (en) Shiv K. Kumar, Bergson and the stream of consciousness novel, Blackie, London, 1962, 174 p.
  • (en) Erwin R. Steinberg (dir.), The Stream-of-consciousness technique in the modern novel, Kennikat Press, Port Washington, N.Y., 1979, 198 p. (ISBN 978-0-8046-9225-0)