Ferdinand Moschenross

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Ferdinand Moschenross
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Biographie
Naissance
Décès
Activité

Ferdinand Moschenross (né à Haguenau en 1929, mort en 2008) est un homme politique, nationaliste alsacien.

De la lutte culturelle à l'engagement politique autonomiste[modifier | modifier le code]

Libraire de profession, il s’impliqua à partir des années 1960 dans le mouvement autonomiste alsacien et fut un des fondateurs du MRAL. Candidat aux élections cantonales de 1970 dans le Canton de Strasbourg-4 face à Pierre Pflimlin, il obtint 13,86% des voix. Lors des élections cantonales de septembre 1973, il fut une nouvelle fois candidat du MRAL contre André Bord dans le canton de Strasbourg-7 (Neudorf) et y recueillit 12,40% des voix[1].

En 1975, il fonde le Front autonomiste de libération[2], mais il l'abandonna en 1977 pour fonder l'Elsass-Lothringischer Volksbund (ELV). Aux élections cantonales de 1976 et de 1979, ses scores oscillent entre 11 et 14 % des voix[3].

En 1981, il fondait l’Elsasser Partei, affilié à l'Alliance libre européenne et présentait en 1982 deux candidats aux élections cantonales : Robert Joachim pour le canton de Haguenau (13% des voix) et lui-même pour celui de Strasbourg-4 (3,01 %).

Agitateur ou précurseur ?[modifier | modifier le code]

Il multiplie les actions symboliques : le 6 janvier 1981, il jette des tracts pendant une séance du conseil général du Bas-Rhin lors de la préparation des cérémonies du tricentenaire du rattachement de Strasbourg à la France et recouvre de 1500 affiches les rues de Strasbourg dénonçant le rattachement à la France[4]. Il recouvre les plaques de rue en français par les anciens noms de rue en alsacien.

Ferdinand Moschenross a été considéré davantage comme agitateur que comme un homme politique sérieux. Il utilisait la provocation pour faire passer ses idées auprès de ses concitoyens. Pourtant les plaques de rue bilingue sont désormais diffusées, depuis 2014, par les communes, les conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et le Grand Est[5]. Fondateur ou cofondateur de de quatre partis alsaciens autonomistes, le combat politique sera repris par une plus jeune génération, dès 2009, qui crée le parti autonomiste alsacien Unser land qui oscille, selon les élections, entre 3 et 12 % des voix, proches des scores de Ferdinand Moschenross.

Sur le plan européen, Ferdinand Moschenross voulait unir les partis régionalistes pour créer une véritable fédération européenne. Il soutient la création du groupe parlementaire européen l'Alliance libre européen qui existe toujours (12 députés européens, 25 partis régionalistes et 5 partis observateurs). Ferdinand Moschenross défend l'union des partis régionalistes de France, La Fédération Régions et peuples solidaires en 1994 et soutient son premier président l'autonomiste corse Max Simeoni. Cette organisation existe toujours et regroupe actuellement 14 partis régionalistes ou autonomistes, dont Unser Land. Cinq députés élus en 2017 à l'assemblée nationale se revendiquent de la fédération[6].

De l'autonomisme à l'anti-impérialisme[modifier | modifier le code]

Pendant ses dernières années , il représentait l’Alsace à l'Union fédérale des nationalités européennes (UFCE-FUEVA) et soutenait les campagnes de Mohammed Latrèche, chef du Parti des musulmans de France, en faveur du peuple palestinien et contre la guerre en Irak. Il part en Irak pour être bouclier humain et empêcher ainsi les bombardements américains[7].

Il se revendiquait autonomiste, mais pas séparatiste[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Fortier, « L'autonomisme dans les urnes », Les Saisons d'Alsace n°65,‎ , p. 112-115 (ISSN 0048-9018)
  2. https://www.rue89strasbourg.com/archives-autonomisme-alsacien-130766
  3. « Dans les années 70, l’autonomisme alsacien en pleine effervescence », sur rue89 Strasbourg, (consulté le 5 décembre 2018)
  4. « TRICENTENAIRE CONTESTÉ EN ALSACE. », sur Le Monde, (consulté le 5 décembre 2018)
  5. « Guide des aides », sur oclalsace.org, (consulté en 2018)
  6. Tudi Kernalegenn, Romain Pasquier, L’Union démocratique bretonne. Un parti autonomiste dans un État unitaire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 272 p. (ISBN 978-2-7535-3262-5, lire en ligne), p. 41-57
  7. « Les ressources de Mohamed Latrèche gelées par le gouvernement », sur La feuille de chou, (consulté le 5 décembre 2018)
  8. « La mort de l'autonomiste Ferdinand Moschenross », sur DNA,