Emmy von N.

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Emmy von N.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
KilchbergVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Fanny Louise von Sulzer-WartVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Emmy von N.Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Conjoint
Johann Heinrich Moser (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Fanny Moser (en)
Mentona Moser (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Emmy von N. est le pseudonyme de la baronne Fanny Moser, née le [1], une patiente dont Sigmund Freud décrit la cure dans les Études sur l'hystérie (1895), livre écrit avec Joseph Breuer.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'était une femme séduisante, dans la quarantaine, épouse d'un riche industriel. De médecins en médecins (entre autres Auguste Forel[2]) elle aboutit chez Freud qui regroupe ses troubles sous le terme d'hystérie (diagnostic qui a été par la suite souvent remis en cause). Elle présente des troubles spasmodiques de la parole allant jusqu'au bégaiement, agitation spasmodique des doigts, mouvements convulsifs de la face et ce fameux claquement de la langue que des confrères de Freud comparent au "son final qu'émet le coq de bruyère lors de l'accouplement".

Hystérie[modifier | modifier le code]

C'est une époque où les hystériques étaient déconsidérées dans le milieu médical et Freud a été l'un de ceux[3] qui s'est intéressé à ces patientes sans les déconsidérer.

Thérapie[modifier | modifier le code]

La patiente est hypnotisable et le traitement en deux temps se fait en quinze mois (sept mois d'une année et de huit sur la suivante) ; il comprend aussi des massages. Après une mésentente au sujet d'une suggestion post-hypnotique que Freud lui avait faite, ce dernier renonce à l'hypnose qu'il trouve dès lors et généralement inappropriée.

Emmy von N. a ensuite été la première à bénéficier de la méthode cathartique.

Emblématique pour les psychanalystes, elle demande à Freud de « ne pas bouger », de « ne pas parler » et de « ne pas la toucher » ce qui mit Freud sur la piste d'une étiologie sexuelle. C'est elle qui lui a enjoint de cesser de l'interrompre par des remarques, des questions.

En 1918, à la suite d'une lettre de la fille de Fanny Moser à Freud dans laquelle elle lui écrit que sa mère n'est pas du tout guérie, Freud répond : « Je vous demande également de garder à l'esprit qu'à l'époque, je ne comprenais rien du tout au cas de votre mère »[4] ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fanny Moser (1848-1925)
  2. Yves Ranty : Les Somatisations, L'Harmattan, coll. « Santé, sociétés et cultures », 2000, (ISBN 2738421431)
  3. Pierre Briquet en 1859 avait déjà pris la défense des hystériques en disant de l'hystérie qu'elle n'était pas cette maladie honteuse dont le nom seul rappelle au monde étranger à la médecine et à beaucoup de médecins ce vers de notre grand poète tragique: "C'est Venus tout entière à sa proie attachée", mais qu'elle était au contraire due à l'existence, chez la femme, des sentiments qu'elle seule est capable d'éprouver". Cité par Raymond de Saussure et Léon Chertok,Naissance du psychanalyste, Empêcheurs de penser en rond, 1997, (ISBN 2-908602-88-1)
  4. O. Andersson, « A supplément to Freud's case history of "Frau Emmy von N." », Studies on Hysteria (1895), Scandinavian Psychoanalytic Review, vol. 2, 1979, n° 5, p. 14