Emma Eckstein

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Emma Eckstein
Portrait de Emma Eckstein
Emma Eckstein
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à Gaudenzdorf (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 59 ans)
à VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité AutricheVoir et modifier les données sur Wikidata

Emma Eckstein (1865-1924) est une célèbre patiente de Sigmund Freud, qui après son analyse est elle-même devenue psychanalyste pendant une très courte période.

Biographie[modifier | modifier le code]

Emma Eckstein, née le 28 janvier 1865 à Gaudenzdorf (aujourd'hui dans le XIIe arrondissement de Vienne, Meidling) et décédée le 30 juillet 1924 à Vienne, est issue d'une grande famille viennoise de tradition socialiste.
Elle participa activement au mouvement féministe.
Elle a écrit un livre sur l'éducation sexuelle des enfants en 1904.

Patiente de Freud[modifier | modifier le code]

À 27 ans, elle consulte Freud notamment pour des symptômes de douleurs intestinales et un syndrome dépressif lié à la menstruation. Il diagnostique alors un trauma psychologique dû à des abus sexuels dans l'enfance. Freud adresse sa patiente à son ami Wilhelm Fliess, selon qui un lien physique existe entre l'organe génital féminin et le nez (théorie de la "névrose nasale réflexe"). Il l'opère du nez la même année. L'opération est un désastre. Fliess commet une grave erreur, en oubliant des cautères dans le nez de sa patiente. Réopérée, elle en gardera de graves lésions sur le visage toute sa vie. Freud s'était bien rendu compte que Fliess avait commis une faute grave, "un de ces actes manqués chirurgicaux", mais il mit du temps à en tirer les conséquences dans sa réévaluation du savoir de son ami et confident[1]. La rupture entre les deux hommes n'interviendra qu'en 1904, soit douze ans plus tard, et sera définitivement consommée lorsque Fliess publiera Pour ma propre cause, un livre dans lequel il accuse Freud d'avoir dévoilé ses théories sur les cycles vitaux à des plagiaires. Freud détruira alors toutes les lettres envoyées par son ancien ami.

C'est une patiente de Freud qui suscite encore la controverse au sujet de l'abandon de Freud de sa théorie de la séduction. Freud mettait ce type d'affirmation en doute à la faveur du fantasme œdipien considéré à son tour comme psycho-traumatogène. [réf. souhaitée]

Importance d'Emma Eckstein dans l'œuvre freudienne[modifier | modifier le code]

Selon Bertrand Vichyn, qui en forme l'hypothèse, le « cas Emma » qui « n'a jamais été publié par Freud », serait « identifiable dans une brève “histoire de malade” publiée dès 1894 par Freud »[2], donc avant le récit de ce cas dans L'Esquisse (1895)[3] qui illustre sur le plan clinique la théorie du « traumatisme en deux temps » relié aux Études sur l'hystérie, et avant l'abandon en 1897 par Freud de sa première théorie dite des neurotica ou théorie de la séduction. Aux yeux de Vichyn « la contribution d'Emma Eckstein au savoir analytique reste en grande partie méconnue ». Beaucoup de psychanalystes n'ont retenu son nom que « grâce aux hypothèses relatives à sa participation au personnage composite d'Irma » dans L'Interprétation du rêve[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Max Schur: La Mort dans la vie et l'œuvre de Freud, Gallimard, 1982, (ISBN 2-07-025794-0) (p. 108 et 109)
  2. Bertrand Vichyn, « Emma Eckstein, la première psychanalyste ou Celle qui ne pouvait plus (s'en) sortir », in Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse (dir. Sophie de Mijolla-Mellor) , Actes du Colloque de l'Association Internationale d'Histoire de la Psychanalyse (VIIe Rencontre Internationale de l'A.I.H.P., Londres, 16-18 juillet 1998), Bordeaux-Le-Bouscat, L'Esprit du Temps, 1999, p. 215-234.
  3. Le « cas Emma » est consigné dans la deuxième partie de l' Esquisse (écrit en 1895) intitulée « Psychopathologie » où il est question de la « psychopathologie de l'hystérie ». Il va donner lieu pour Freud à un développement théorique sur le refoulement hystérique et la notion de « proton pseudos » ou « premier mensonge hystérique », cf Freud, « Psychopathologie de l'hystérie » dans « L'Esquisse» qui vient à la suite des Lettres à Fliess, dans leur ancienne traduction: Freud, La naissance de la psychanalyse [titre de l'éditeur], Paris, P.U.F., 1956, 5e éd. 1985, p. 364-367.
  4. Bertrand Vichyn, in Les femmes dans l'histoire de la psychanalyse, p. 215.

Voir aussi[modifier | modifier le code]