Eugène Camplan

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Eugène Jules Émile Camplan
Naissance
Nîmes (Gard)
Décès (à 54 ans)
Les Adjots, Charente
Origine Drapeau de la France France
Arme French-roundel.svg Aéronautique militaire
Unité Escadrille No. 65 (en)
Grade Sous-lieutenant
Conflits Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale
Distinctions Légion d'honneur
Médaille militaire
Croix de Guerre 1914-1918
Autres fonctions Résistant français

Eugène Jules Émile Camplan, né le à Nîmes (Gard) et mort le à Les Adjots, Charente, était un aviateur français, as de la Première Guerre mondiale avec 7 victoires homologuées (dont 3 en collaboration). Membre de la Résistance intérieure française durant la Seconde Guerre mondiale, il est mort assassiné par d’autres résistants croyant qu’il travaillait pour la Gestapo. Il est inhumé à Ruffec (Charente).

Biographie[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Eugène Camplan est appelé sous les drapeaux en 1910. Alors étudiant en médecine, il parvient à repousser la date de son incorporation jusqu'à l'entrée en guerre. Affecté à la 18e Section d'Infirmiers Militaires[1] le [2] en tant que soldat de 2e Classe, il est transféré au 59e Régiment d'Infanterie[2] le . Le 21 juillet, il retourne dans le service de santé et il est affecté à la 17e Section d'Infirmiers Militaires avec le grade de Médecin Auxiliaire qu'il obtient le . Cinq jours plus tard, le 16 août, il est de nouveau affecté dans l'infanterie, au 11e Régiment d'Infanterie avec lequel il sert jusqu'au , date à laquelle il retourne à la 17e Section d'Infirmiers Militaires[1].

Blessé une première fois le , il est déclaré inapte à servir dans l'infanterie à la suite d'une deuxième blessure[2]. Demandant à être affecté dans l'aviation, il rejoint ce corps le et débute l'entrainement de pilote à Juvisy-sur-Orge sur le terrain de Port-Aviation. Après avoir complété sa formation à Avord, il est envoyé au Groupement des Divisions d'Entrainement (GDE) sur le terrain du Plessis-Belleville, où il reçoit un entraînement sur avions Nieuport et Morane-Saulnier. Il reçoit finalement le Brevet de pilote pilitaire n° 5 220 le [2] avant d'être affecté à l'escadrille N.15[2] puis la N.65 le [1]. Il remporte ses 7 victoires entre le et le [2]. Le , après avoir remporté sa cinquième victoire, il est décoré de la Médaille militaire. Le il reçoit une promotion provisoire au grade de sous-lieutenant[1]. Déjà blessé à deux reprises, il est blessé une troisième fois le au cours d'un engagement contre 8 appareils ennemis[2]. Le , il est fait Chevalier de la Légion d'honneur alors que sa Croix de Guerre comporte 7 palmes[1].

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1919, il fonde l'école d'aviation d'Orly, avec Charles Nungesser. Entre 1920 et 1924, il vole comme pilote de ligne pour la Franco-Roumaine. Il quitte cette compagnie aérienne en 1924 pour créer à Bordeaux une école de pilotage destinée, comme celle d'Orly, aux boursiers du ministère de la guerre. En 1926, à la demande du Ministère de la Marine, il ouvre une école de pilotage d'hydravions au Cap Ferret dans le bassin d'Arcachon. Les deux établissements cessent leur activité en 1928, quand Eugène Camplan rejoint la Société des Avions Bernard[2].

Records[modifier | modifier le code]

Le , associé à Antoine Paillard aux commandes d'un monoplan Bernard 190T à moteur Hispano-Suiza de 600 ch, il bat le record de vitesse sur 100 km avec une charge de 2 000 kg, volant à la vitesse moyenne de 223,546 km/h.

En 1929, les deux aviateurs s'octroient le record du monde de vitesse sur 1 000 km avec une charge de 1 000 kg[2].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pilote d'essai quand éclate la Seconde Guerre mondiale, le commandant Camplan reprend du service actif dans l'Armée de l'air, au sein du groupe de chasse 3/1. Démobilisé à Marignane après l'armistice du 22 juin 1940, il participe activement aux actions de la Résistance avec le grade de colonel[2].

Décès[modifier | modifier le code]

À la suite de la trahison d'André Grandclément (1913-1944), qui est arrêté par la Gestapo le et conclut un accord avec Friedrich Dohse, le chef de la Gestapo à Bordeaux, Eugène Camplan est nommé en octobre 1943 chef régional de l'Organisation civile et militaire (OCM). Camplan reconstitue un état-major. Mais la situation se complique avec l'arrivée du Délégué militaire régional Claude Bonnier, envoyé de Londres par de Gaulle pour « faire le ménage » dans la Résistance aquitaine après la trahison de Grandclement qui a mis toute la région Bordelaise en question. Les relations entre les deux hommes sont d'emblée exécrables[3]. Dans un climat de suspicion réciproque, les divergences et l’hostilité ne font que croître jusqu’à leur disparition presque simultanée. Le , Camplan prend à Bordeaux le train pour Paris. Il reçoit l'ordre d'aller reconnaître un important dépôt d'armes parachutées par les Britanniques dans le bois de Linaux, sur le territoire de la commune des Adjots, non loin de Ruffec[4]. C'est un piège. Deux « camarades » l'attendent. Une fois dans le bois, ils l'abattent d'une balle de gros calibre dans la tête[2]. Le corps d'Eugène Camplan fut retrouvé par des promeneurs le [5], et identifié grâce à la blessure de guerre du [2]. Il est inhumé au cimetière de Ruffec[6]. Sa tombe a depuis disparu.

Bonnier fut dénoncé par les jeune adjoints de Camplan, Yves Toussaint, et les frères François et Jacques Lespines, qui collaborent avec Dhose, après leur arrestation en janvier 1944. Dhose, qui avait effectivement détourné Grandclement, avait laissé entendre que Bonnier avait donné l'ordre d'exécution de leur chef.[7] Claude Bonnier est arrêté par la Gestapo le et se suicide dans sa cellule avec une pilule de cyanure pour ne pas parler sous la torture.

Cinq mois plus tard, le , André Grandclément, sa femme et son adjoint sont abattus par un commando de résistants français et d'agents britanniques du Special Operations Executive dirigé par Roger Landes, peu après que la BBC ait diffusé un message indiquant qu'il était un traître[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

« Agent d'élite. Ayant été blessé à deux reprises dans l'infanterie et rendu impropre à ce service, il a été formé comme pilote de poursuite à sa demande, où pendant deux ans, il a gagné les admirations de tous par son intégrité, son courage et son mépris absolu de danger. il descendit sept avions ennemis et a fait de nombreuses reconnaissances volontaires de longues durées. Gravement blessé lors de l'attaque de huit avions ennemis seul, il a récupéré et est retourné à son unité.[8] »

« La poursuite de pilote de bravoure et l'esprit indescriptible de dévotion. Donnant constamment preuve des plus hautes qualités militaires. Il s'est particulièrement distingué au cours des dernières opérations de mitraillage des troupes ennemies à très basse altitude, en attaquant des ballons, à plusieurs reprises, et le vol de longue distance en reconnaissance en solo dans des conditions particulièrement périlleuses. récemment, il a abattu son quatrième avion ennemi. Deux blessures. Trois citations.[8] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « CAMPLAN Eugène Jules Emile », sur Ciel de gloire.
  2. a b c d e f g h i j k et l (Marck 2005, p. 178-179)
  3. a et b Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la Résistance, , 512 p. (ISBN 2-2592-1835-0, EAN 978-2-2592-1835-1, lire en ligne).
  4. Rémi Thomas, Bordeaux Ravensbrück Leipzig Bordeaux, Editions Le Manuscrit, , 401 p. (ISBN 2-7481-6287-0, EAN 978-2-7481-6287-5, lire en ligne), p. 94-97.
  5. Dominique Lormier, Histoires extraordinaires de la Résistance française, Cherche Midi, , 276 p. (ISBN 2-7491-2198-1, EAN 978-2-7491-2198-7, lire en ligne).
  6. « LE SOUVENIR FRANÇAIS REND HOMMAGE AUX AS DE LA GRANDE GUERRE », sur Le Souvenir Français, (consulté le 15 janvier 2018).
  7. J.Lapeyre-Mensignac P. Barrere, C. Franc, G. Margaritti, J.Nancy, Nos Combats Dan L'Ombre, Bordeaux, Pilote24, 275 p. (ISBN 2950914942), p. 126
  8. a et b « Eugene J.E. Camplan », sur Fan d'avions, (consulté le 14 janvier 2018).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]