Essure

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Placement de la spirale dans la trompe de Fallope

Essure est une méthode de contraception définitive pour les femmes, développée par la société Conceptus Inc, commercialisée sous cette marque par la firme Bayer, et dont l’utilisation a été approuvée en 2002 en France. Il s'agit d'une méthode de stérilisation tubaire par voie hystéroscopique.

Procédure[modifier | modifier le code]

Deux micro-implants sont placés dans les trompes de Fallope par les voies naturelles (vagin, col de l’utérus et utérus). Une fois en place, ces micro-implants engendrent une réaction de l’organisme : un tissu cicatriciel va se former autour des micro-implants et obstruer les trompes pour aboutir à une occlusion complète de celles-ci au bout de trois mois ; la barrière ainsi formée empêche les spermatozoïdes d’atteindre et de féconder un ovule.

Elle peut se faire avec ou sans anesthésie générale, aucune incision n'est requise. Toutefois, une méthode de contraception temporaire doit être utilisée jusqu’à ce que l’efficacité d’Essure soit confirmée. Trois mois après la procédure, une échographie est réalisée et permet au gynécologue formé à la méthode Essure de confirmer que les trompes sont bouchées et que la femme peut alors compter sur Essure pour assurer sa contraception. L’occlusion des trompes est effective trois mois après la procédure pour 96,5 % des patientes, et est totale après six mois[1]. Toutefois des cas de grossesses sont rapportés.

Les causes d’échec lors de la pose des micro-implants sont « échec du placement des deux micro-implants durant la première procédure (5 %), expulsion (2,2 %) perforation (1,8 %) ou placement non satisfaisant (0,6 %). » Après une insertion réussie et l’occlusion constatée, la procédure Essure est fiable à 99,80 %, chiffre basé sur cinq ans de suivi[2].

Information[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, Essure a obtenu le remboursement par l'assurance maladie pour les femmes présentant une contre-indication à la cœlioscopie. Puis, en 2007, la Haute Autorité de Santé a reconnu la technique Essure comme méthode de stérilisation permanente pouvant être proposée à toute femme n’ayant plus ou n'ayant pas de désir de maternité. Par ailleurs, l’avis de la commission précise : « Essure présente un intérêt pour la santé publique dans la prévention des grossesses non désirées ». Et encore : « Chez la femme autour ou après 40 ans, Essure peut être proposée comme technique de stérilisation en première intention »[3].

Depuis, toutes les femmes peuvent bénéficier de cette technique non invasive dans les cliniques et hôpitaux français la pratiquant.

Entre août 2010 et novembre 2012, Essure n'est plus remboursé que pour les patientes de plus de 40 ans (décision parue dans le Journal officiel du 31 août 2010). Un décret du 8 novembre 2012 (arrêté du 31 octobre 2012) permet à nouveau le remboursement de la stérilisation par Essure à toutes les femmes en âge de procréer[4].

Avant de bénéficier de la procédure Essure, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFFSSAPS) conseille de réaliser un test de dépistage d'allergie au Nickel[réf. nécessaire].

Précautions[modifier | modifier le code]

Les micro-implants ne protègent pas des MST/IST.

La procédure dure environ 15 minutes pour un gynécologue formé et est réalisée en ambulatoire, dans un établissement de soins public ou privé. Contrairement à d’autres méthodes de contraception temporaire, Essure ne contient ni ne délivre d’hormones.

Les micro-implants sont constitués de fibres de polytéréphtalate d'éthylène (PET), de nickel-titane-Chrome et d’acier inoxydable. Essure est une méthode de contraception définitive et irréversible. Il n’existe à ce jour pas de données concernant des procédures de réversibilité. De telles procédures nécessitent une chirurgie et n’ont pas de garantie de résultat. Une méthode contraceptive temporaire doit être utilisée pendant trois mois après la procédure, et jusqu’à confirmation de l'efficacité de la technique par le médecin.

Effets secondaires indésirables[modifier | modifier le code]

  • Perforation, expulsion ou placement insatisfaisant des micro-implants, casse.
  • Douleurs, crampes, saignements, changements du cycle menstruel (règles plus courtes ou plus longues)
  • Nausées, vomissements
  • Malaise vagal
  • Réactions allergiques
  • Troubles musculo-squelettiques
  • Ventre hyper gonflé et hyper tendu
  • Troubles de la vue, vison floue et sécheresses oculaire

[réf. nécessaire]

Conséquences[modifier | modifier le code]

De plus en plus de porteuses ne supportant plus les implants, suite à une dégradation de leur état général, se voient proposer le retrait. Ce qui implique soit une salpingectomie billatérale soit une hystérectomie, en fonction du placement des implants et de l'existence (ou non) d'inflammation de l'utérus.

Critiques[modifier | modifier le code]

Des utilisatrices à l'échelle mondiale, puis des membres du corps médical ont souligné l'absence d'étude indépendante (non financée par Bayer) sur Essure, ce qui a mené en septembre 2015 à la publication de la première étude indépendante sur ce dispositif médical par une équipe de chercheurs du Weill Medical College de l'université de Cornell (États-Unis)[5].

Les critiques à l'encontre d'Essure vont des effets indésirables de ce dispositif[6] — « douleurs, hémorragie, migration incontrôlable, perforation des organes, allergies… » —, au nombre important de deuxième opération nécessité par Essure (21 patientes sur 1 000 d'après l'étude du Weill Medical College[5]), en passant par le nombre important de patientes (19,7 % dans l'étude du Weill Medical College[5]) développant d'autres troubles à la suite de la procédure tels qu'« anémie, dépression, problèmes cardiaques et rénaux, hypertension[6]… »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Food and Drug Administration, 28 avril 2003
  2. Essure. Conceptus
  3. Référentiel de bon usage Hors GHS. ESSURE Dispositif pour stérilisation tubaire par voie hystéroscopique. Recommandation nationale de la Haute Autorité de Santé. 31 octobre 2007.
  4. Legifrance.fr
  5. a, b et c (en) Mao J, Pfeifer S, Schlegel P, Sedrakyan A, « Safety and efficacy of hysteroscopic sterilization compared with laparoscopic sterilization: an observational cohort study », BMJ, no 351,‎ , h5162. (PMID 26462857, PMCID PMC4604215, DOI 10.1136/bmj.h5162, lire en ligne [html]) modifier
  6. a et b Louise Horvath, « Essure, une méthode de contraception irréversible qui fait débat », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]