Escalier mécanique du Havre

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L'entrée basse de l'escalier mécanique, vue de l'extérieur.

L'escalier mécanique du Havre est un escalier roulant de grande capacité qui relia, de 1928 à 1984, la ville basse du Havre à ses quartiers hauts. Fermé depuis 1984, classé monument historique la même année, il attend depuis cette date une hypothétique réouverture.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, dans l'agglomération havraise, un nouveau quartier ouvrier, Frileuse, s'établit sur le plateau dominant Graville de 50 mètres. Ses habitants, employés pour la majorité dans la zone industrielle de l'arrière-port, connaissaient de graves difficultés dans leurs déplacements domicile-travail. Le tramway de la Côte Sainte-Marie[1] répondant mal à leurs besoins, la municipalité envisagea l'établissement d'un mode de communication reliant l'ensemble récent d'habitation à la ville basse[2]. Après plusieurs études infructueuses de funiculaires, le Chemin de Fer de la Côte[1] chargé de l'ingénierie opta pour une technique originale : l'escalier mécanique, s'inspirant des installations du métro de Paris[3].

Mis en exploitation le 17 mai 1928 sous le contrôle de la Société Havraise de Transports en Commun, cet escalier mécanique de taille exceptionnelle, pouvant transporter 6 000 personnes à l'heure, connut un vif succès dans les années suivant son inauguration[4]. En 1929, 1,2 million de personnes l'empruntèrent dont 69 % à la montée et seulement 31 % à la descente[2]. Après la Seconde Guerre mondiale, avec la diffusion des moyens de locomotion individuels, la clientèle se raréfia et une première fermeture de l'appareil intervint en décembre 1964. Repris, en juillet 1965, par la CGFT, gérant le réseau havrais de transport en commun, l'exploitation continua tout en s'avérant déficitaire en dépit d'une forte réduction des effectifs de personnel (le nombre d'agents étant tombé à 7 contre 22 lors des premières années suivant l'ouverture) mais cessa finalement en mars 1984[3].

Classé monument historique la même année (le 8 juin) par le Ministère de la culture, l'escalier roulant a ainsi échappé à la démolition ; les baies vitrées furent murées, les entrées hermétiquement fermées par des portes métalliques pour éviter toute dégradation[2]. L'escalier mécanique est resté présent dans la mémoire des Havrais qui, depuis l'annonce d'une éventuelle correspondance de tramway (projet de la ligne 2), espèrent sa remise en état.

Description technique[modifier | modifier le code]

L'entrée basse de l'escalier mécanique, vue de l'intérieur.

Empruntant les structures de l'escalier « classique » existant rue Montmorency, cet appareil, long de 153 m, rachetait une différence de niveau de 50 m (équivalent à 17 étages)[3]. L'escalier mécanique fut construit par les établissements Grosselin de Sedan et permettait simultanément la montée et la descente grâce à l'existence de deux galeries superposées en béton armé formant un unique ensemble. L'étage supérieur entièrement situé au-dessus du sol était réservé à la montée, alors que la partie inférieure partiellement enterrée assurait la descente[5]. L'ensemble disposait donc de deux entrées différentes dotées chacune de guichets[6].

La partie mobile de l'escalier mécanique était formée de deux chaînes continues parallèles supportant 338 marches offrant une largeur de 90 centimètres sur 84 centimètres de profondeur. Ces dimensions généreuses permettaient ainsi d'emprunter l'appareil avec des voitures d'enfants ou des bicyclettes, la contrepartie étant une dénivellation importante (38 centimètres) entre chacune des marches[5]. En fonctionnement normal, le trajet était accompli en 5 minutes et 45 secondes grâce à un moteur électrique de 40 CV. En marche accélérée, lors des pointes d'affluence, un moteur plus puissant (140 CV) prenait le relais et réduisait le temps de parcours à 4 minutes et 15 secondes[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Bertin, Petits trains et tramways haut-normands, Le Mans, Cénomane/La Vie du Rail, (ISBN 2905596481 et 2902808526)
  • Jacques Chapuis, « Les transports urbains dans l'agglomération havraise », Chemins de fer régionaux et urbains, no 105,‎ (ISSN 1141-7447)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Voir l'article consacré à l'ancien tramway du Havre.
  2. a, b et c L'escalier roulant au Havre sur le site de la ville du Havre.
  3. a, b et c Bertin 1994, p. 205
  4. a et b Chapuis 1971, p. 41
  5. a et b Chapuis 1971, p. 40
  6. Havrais-dire