Ernest Gaubert

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gaubert.

Marie-Ernest-Augustin Gaubert de Valette de Favier, dit Ernest Gaubert, né à Saint-André-de-Sangonis (Hérault) le [1] et mort le , est un journaliste, romancier et poète français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il publie sa première plaquette de vers à l’âge de dix-sept ans et s’installe peu après à Paris[2]. Il fonde en 1900 une revue éphémère, La Vie, revue d’art, de littérature, de sociologie et d’actualité, à laquelle collaborent autre autres Laurent Tailhade et Félicien Champsaur[3]. Il organise des récitations de poèmes en province et se fait le promoteur du mouvement régionaliste dans le Languedoc et en Provence. Il s'essaie au théâtre. Il publie plusieurs romans et nombre de biographies consacrées à des poètes et écrivains contemporains tels que Pierre Louÿs, Jean Lorrain, François Coppée et Rachilde, dont il fréquente le salon au Mercure de France. Il collabore et contribue des chroniques, des critiques, des poèmes et des nouvelles à la plupart des journaux et des revues de son temps.

Après la Première Guerre mondiale, il cesse d'écrire et dirige successivement plusieurs quotidiens régionaux, dont le dernier, Le Département de l'Indre, continue à paraître sous l'Occupation. Ses deux fils, Jean et François, sont exécutés par la résistance. Le premier, membre de la Milice Française, est incarcéré à Châteauroux au printemps 1944 pour un fait divers. Lors de la première libération de la ville le 21 août 1944, il est fusillé par un groupe franc de l'Armée Secrète au sein même de la prison. Le deuxième, qui a travaillé dans l'Office de Placement allemand ouvert à Châteauroux puis pour le compte de l'entreprise Favre en relation avec l'I.G. Farben Industrie, se réfugie au moment du débarquement dans un hameau au nord du département de l'Indre. Reconnu, il est arrêté par des maquisards et passé par les armes vers la mi-juin 1944. Son corps n'est retrouvé qu'un mois plus tard [4]. Ernest Gaubert fuit Châteauroux peu après le 15 août 1944 et entre dans la clandestinité jusqu'à son décès. Il est en effet activement recherché par les nouvelles autorités républicaines dans le cadre de la répression des faits de collaboration. Très affecté par le décès de ses deux fils, souffrant d'une grave maladie cardiaque, Ernest Gaubert s'éteint à Paris dans les premiers jours de l'année 1945. Simone Gaubert, fille d'Ernest, a rédigé en 2011 un article consacré à sa mère, l'écrivaine Jeanne Broussan-Gaubert, texte qui renferme de nombreux éléments biographiques sur la famille Gaubert [5].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Vers de lointains échos, poèmes, 1898
  • Flore d'éveil, notes de vie, poèmes, 1899
  • Les Vendanges de Vénus, poèmes, 1900
  • L'Une et l'Autre, comédie et un acte et en prose, avec Serge Raffalovich, Paris, Théâtre de la Bodinière, 1900
  • Les Petites passionnées, roman, 1901
  • La Poésie tchèque contemporaine, 1903
  • Pierre Louÿs, biographie, 1904
  • Sylvia, ou le Roman du nouveau Werther, roman, 1904
  • L'Amante et la captive, roman, 1905
  • Vendanges d'amour, roman, 1905
  • Jean Lorrain, biographie critique, 1905
  • François Coppée, biographie critique, 1906
  • La Nouvelle littérature, 1895-1905, avec Georges Casella, 1906
  • Le Retour de Chérubin, comédie lyrique en un acte et en vers, Paris, Théâtre des Bouffes-Parisiens, 1906
  • Rachilde, biographie critique, 1907
  • La Sottise espérantiste, avant-propos de Remy de Gourmont, 1907
  • Les Roses latines : Les Paysages sur la mer. La Ronde des heures. Les Élégies pour Bérénice. Du Souvenir aux lèvres, poèmes, préface de Pierre Louÿs, 1908
  • Quand on tenait la poule, comédie en 1 acte, Paris, Théâtre des Arts, 14 février 1908
  • Anthologie de l'amour provençal, morceaux choisis, accompagnés de notices biographiques et d'un essai de bibliographie, avec Jules Véran, 1909
  • Figures françaises. Critique et documents. A. de Rivarol, Eugène Fromentin, François Coppée, Emmanuel Signoret, Charles Guérin, Maurice Barrès, 1910
  • Œuvres choisies de Maurice et Eugénie de Guérin, avec une introduction biographique et critique, des notes bibliographiques, 1910
  • L'Œuvre et la morale d'Octave Mirbeau, 1911
  • Les Poèmes à dire (théâtres et salons) : J. Aicard, Th. de Banville, Henry Bataille, A. de Chénier, Corneille, A. Daudet, etc., 1912
  • Scènes, monologues et poèmes à dire (théâtre et salons) (2e série) : Théodore de Banville, Émile Blémont, François Coppée, A. Dorchain, Anatole France, Edmond Haraucourt, etc., 1913
  • L'Amour marié, roman espagnol, 1913
  • L'Esprit des Français : Madrigaux et epigrammes, mots, réparties, anecdotes, 1913
  • Frédéric Mistral, poète et patriote provençal, 1914
  • Ce qui a été dit sur la femme depuis 30 siècles : portraits, scènes, poèmes, morceaux choisis, maximes, pensées sur la femme, d'après les Pères de l'Église, les livres sacrés et les grands écrivains de tous pays jusqu'à nos jours, 1914 ; réédité sous le titre Voix de femmes, 1916
  • Sous l'aile des Coucous, roman, 1917
  • La Mayorquine, roman, 1917

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Date de naissance indiquée par Adolphe van Bever in Les Poètes du terroir. IV. Maine, Orléanais, Touraine, Picardie et Artois, Poitou, Saintonge, Aunis et Angoumois, Provence, Roussillon, Savoie, Paris, C. Delagrave, 1914, p. 168.
  2. Éléments biographiques d’après Raoul Davray et Henry Rigal, Anthologie des poètes du Midi, morceaux choisis accompagnés de notices biographiques et d'un essai de bibliographie, Paris, P. Ollendorff, 1908, p. 113-121.
  3. Gilles Picq, Laurent Tailhade, ou De la provocation considérée comme un art de vivre, Paris, Maisonneuve & Larose, 2001, p. 463.
  4. Archives départementales du Loiret, dossiers d'enquête du Service régional de police judiciaire d'Orléans. Les deux affaires sont classées sans suite. .
  5. Simone Gaubert, Le tragique destin de Jeanne Broussan-Gaubert, Au fil du temps..., Revue des Amis du Blanc et de sa Région, n°12, janvier 2011, p.28 à 42.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Ernest Gaubert, « Les Poètes au Café » in L'Opinion, semaine du 16 avril 1910 Texte en ligne