Ephedra sinica

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Ephedra sinica
Description de cette image, également commentée ci-après
Port de la plante.
Classification selon Tropicos
Règne Plantae
Classe Equisetopsida
Sous-classe Gnetidae
Ordre Ephedrales
Famille Ephedraceae
Genre Ephedra

Espèce

Ephedra sinica
Stapf, 1927 [1]

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure


Ephedra sinica, l'éphédra chinois ou ma huang, est une espèce de plantes gnétophytes (gymnospermes, classe des Equisetopsida) de la famille des Ephedraceae, originaire d'Asie de l'Est.

C'est un arbuste gracile poussant en bord de mer, qui contient des alcaloïdes à action sympathomimétique et qui est inscrit depuis des millénaires dans la pharmacopée chinoise pour ses propriétés stimulantes.

Description[modifier | modifier le code]

Ephedra sinica est un sous-arbrisseau, pouvant atteindre 40 cm de haut, à l'aspect de « balai de sorcière ». La plante est peu ramifiée, à tiges ligneuses, anguleuses, courtes ou prostrées, avec des ramifications droites ou incurvées parfois légèrement enroulées. Les entre-nœuds, de 3 à 4 cm de long sur environ 2 mm de diamètre, sont superficiellement sillonnés. Les feuilles, réduites, sont opposées, connées sur un tiers à deux tiers de leur longueur, la partie libre, subulée à étroitement triangulaire, à l'apex très pointu, a moins de 5 mm de long[2]. Les cônes mâles, à pollen, solitaires ou groupés en grappes aux nœuds, rarement terminaux, sont sessiles ou pédonculés. Ils présentent 4 paires de bractées à marge très étroite, membraneuse, à l'apex obtus ou subaigu, et 7 ou 8 anthères sessiles ou peu stipitées. Les cônes femelles, à graines, terminaux ou axillaires, sont solitaires, ovoïdes-oblongs- ou subglobuleux, et ont environ 8 mm de long à maturité. Ils présentent 4 paires de bractées, connées sur un tiers à trois quarts de leur longueur, qui deviennent rouges et charnues à maturité. Les graines, généralement au nombre de 2, sont rouge-noirâtre ou brun-grisâtre[2].

Cytologie[modifier | modifier le code]

Ephedra sinica est une espèce allotétraploïde à 28 chromosomes (2n = 4x = 28)[2],[3].

Répartition[modifier | modifier le code]

Elle se trouve en Chine, en Sibérie[4].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Synonymes[modifier | modifier le code]

Selon The Plant List (31 décembre 2019)[1] :

  • Ephedra flava F.P.Sm.
  • Ephedra ma-huang Tang S.Liu

Liste des variétés[modifier | modifier le code]

Selon NCBI (31 décembre 2019)[5] :

  • Ephedra sinica var. pumila Florin

Propriétés[modifier | modifier le code]

La plante contient des alcaloïdes dont l'éphédrine et la pseudoéphédrine (Méthyléphédrine, Pseudoéphédrine3) entre 0,2 et 1 % de la masse totale : elle a donc des propriétés stimulantes et est considérée comme produit dopant.

Elle aurait des propriétés : hypolipémiante (lipolytique), bronchodilatateur, vasoconstricteur nasal, antimigraineux[réf. nécessaire].

Usage[modifier | modifier le code]

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

L'éphédra chinois, mahuang, 麻黄, est utilisé à des fins médicales depuis l'Antiquité en Chine. Il est mentionné dans le premier ouvrage de matière médicale, le Classique de la matière médicale du Laboureur Céleste, (Shénnóng běncǎo jīng, 神农本草经), compilé au Ier siècle de notre ère[6]. À la même époque, en Europe, le grec Dioscoride mentionne l'usage thérapeutique d'éphédra (probablement E. major) et le romain Pline l'Ancien se fait aussi l'écho de ces prescriptions (Histoire naturelle, vol 2, XX).

Certains pensent que cette drogue pourrait être le fameux soma[7] (religion indo-européenne), tandis que d'autres penchent pour l'amanite tue-mouches.

Les parties utilisées sont surtout les feuilles et la tige.

La médecine chinoise traditionnelle l'utilise contre l'asthme et les crises de bronchite aiguë[4]. C'est un produit piquant chaud qui libère le biao vent froid. Sa principale propriété est qu'il permet de faire la sudorification.

Dans les pays occidentaux, c'est comme énergisant qu'on utilise l'éphedra, pour perdre du poids[réf. nécessaire]. De nos jours, Ephedra sinica est considérée en Europe comme obsolète, même chez les médecins avec une orientation phytothérapeutique. Il existe en effet pour le traitement des troubles concernés des médicaments modernes, en partie dérivés de l'éphédrine, dont le rapport bénéfice risque est meilleur que celui de Ephedra sinica.

Produit dopant[modifier | modifier le code]

Ses propriétés stimulantes en font un produit dopant, interdit par les organismes sportifs internationaux.

Elle servait notamment en arts martiaux pour ses capacités à libérer la respiration[4].

Herbal X[modifier | modifier le code]

Une poudre dénommée Herbal Ecstasy, Herbal XTC ou Herbal X se trouve en vente sur Internet ou dans des smartshops[8].

Il s'agit d'une préparation de plantes stimulantes dont la composition est variable mais qui contient généralement principalement de l'éphédra notamment Ephedra sinica[8].

La préparation se consomme mêlée dans un liquide ; les effets sont légèrement stimulant et peuvent induire une altération de la tension artérielle, des insomnies voire des diarrhées[8].

Culture[modifier | modifier le code]

La culture de cette plante demande quelques efforts : il faut la cultiver sur du sol sableux et en plein soleil.

Pour la production de semences, il faut des plantes femelles et mâles.


Processus botanique [9]

Cette plante vivace a une croissance lente de par sa composante rustique et a l'avantage de ne pas geler si elle est en pleine terre.

- Pour le type de terre, Ephedra sinica pousse dans une terre sableuse et riche en nutriment.

- En ce qui concerne l'humidité et l'arrosage, la plante demande peu d'entretien et donc pas forcément d'arrosage en peine terre. En pot, arroser l'Ephedra une fois par semaine environ. Il est très important de planter le Ma Huang dans un sol bien drainant.

- Enfin, pour la lumière et l'exposition, le Ma Huang en demande beaucoup et il est conseillé sur certains tutoriels de la placer en plein soleil (cependant c'est un risque quand on cultive une plante et il est préférable par sécurité de choisir un endroit très éclairé sans exposition directe). En ce qui concerne les lumières artificielles, préférer des HPS ou MH.


Astuce : la plante étant peu demandeuse d'eau, il est à noter en cas d'arrosage, qu'on parle d'un bon drainage qu'en l'eau s'est évacué entre 1 et 2j. Plus de 3j c'est mauvais et supérieur à une semaine il faut agir urgemment.[10]

Effets et conséquences[modifier | modifier le code]

Son caractère stimulant peut provoquer une augmentation de la pression artérielle et une augmentation ou irrégularité des battements cardiaques[4] sur une période de consommation prolongée. Les complications peuvent alors causer des hémorragies cérébrales, des arythmies cardiaques pouvant déboucher sur des arrêts cardiaques.

L'usage prolongé peut induire des atteintes à la mémoire et à la concentration, anxiété, tremblements et insomnies[4].

Aspect culturels[modifier | modifier le code]

Il existe un timbre de Mongolie à son effigie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b The Plant List, consulté le 31 décembre 2019
  2. a b et c (en) « 7. Ephedra sinica Stapf, Bull. Misc. Inform. Kew. 1927: 133. 1927 », sur Flora of China, Jardin botanique du Missouri (consulté le 31 décembre 2019).
  3. (en) M. Raj Ahuja, « Polyploidy in Gymnosperms: Revisited », Silvae Genetica, vol. 54, no 2,‎ , p. 59-69 (DOI 10.1515/sg-2005-0010, lire en ligne).
  4. a b c d et e Michel Hautefeuille et Dan Véléa, Les drogues de synthèse, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », , 127 p. (ISBN 2-13-052059-6)
  5. NCBI, consulté le 31 décembre 2019
  6. utilisé depuis 2000 ans donc et non pas 5000 ans comme il est parfois dit.
  7. Vincent Blondel, Soma et Haoma, Mars 2003 [1]
  8. a b et c Marie-José Auderset, Jean-Blaise Held, Jean-François Bloch-Lainé, Héroïne, cocaïne... voyage interdit, Paris, De La Martinière, coll. « Hydrogène », , 109 p. (ISBN 2-7324-2712-8)
  9. « Culture et description de l'Ephedra sinica, Ma-huang », sur www.ethnoplants.com (consulté le 2 février 2019)
  10. Gerbeaud, « Jardin trop humide : que faire ? », sur www.gerbeaud.com (consulté le 2 février 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :