Église Saint-Jacques de Lunéville

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Église Saint-Jacques
Image illustrative de l’article Église Saint-Jacques de Lunéville
façade de l'église
Présentation
Culte catholique
Type église paroissiale
Début de la construction 1730
Fin des travaux 1747
Architecte Jean-Nicolas Jennesson
Emmanuel Héré
Style dominant Baroque
Protection Logo monument historique Classé MH (1926)
Géographie
Pays France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Ville Lunéville
Coordonnées 48° 35′ 32″ nord, 6° 29′ 31″ est
Géolocalisation sur la carte : France
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Église Saint-Jacques
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Église Saint-Jacques
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Église Saint-Jacques

L’église Saint-Jacques est une église de style baroque datant du XVIIIe siècle située à Lunéville, dans le département de Meurthe-et-Moselle, en France.

Historique[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Jacques est l'ancienne église de l'abbaye Saint-Remy fondée en 999 par Folmar, comte de Lunéville et aussi constructeur du premier château-fort de Lunéville près d'un pont[1]. L'abbaye d'abord tenue par les bénédictins, puis par des religieuses, est passée en 1135-1140 aux chanoines réguliers de Saint-Augustin, réformés au début du XVIIe siècle par saint Pierre Fourier.

Par un acte de 1186, l'abbaye est en possession exclusive de desservir la paroisse de Lunéville. L'église paroissiale de Lunéville dépendait de l'abbaye Saint-Remy. Cette donation est confirmée en 1196 par Jean, archevêque de Trêves, en 1203 par deux actes signés par Eudes II de Sorcy, archidiacre, et Matthieu de Lorraine, évêque de Toul. La charte de Mathieu est confirmée en 1225 par Eudes II de Sorcy devenu évêque. Cette charte est confirmée par le pape Clément VII en 1382, et l'évêque Hector de Rochefort d'Ally en 1522. Cette dépendance des habitants à l'abbaye a amené des conflits, et les bourgeois ont essayé de s'affranchir de cette tutelle. C'est probablement après 1265, quand les habitants ont obtenu leur affranchissement qu'ils ont fait construire une nouvelle église paroissiale dédiée à saint Jacques hors de l'enclos et de la dépendance de l'abbaye. Une des cloches de l'église, détruite à la Révolution, mentionne : « Je fu ja de Vy apportée du temps le riche duc Ferry mil-trois-cent et vingt-six ». Ce qui suppose que l'église avait été édifiée avant 1326. En 1434, un conflit s'est déclaré entre les bourgeois et l'abbaye au sujet des fonts baptismaux. Ceux-ci se trouvaient dans l'abbatiale et les bourgeois voulaient les transférer dans l'église Saint-Jacques. L'abbé en appela au concile de Bâle qui a décidé de remettre la décision au duc de Lorraine, René d'Anjou.

Après l'occupation de Nancy par les troupes françaises, le duc Léopold s'est installé à Lunéville en 1702. La ville est alors devenue la capitale de la Lorraine et a connu une transformation architecturale.

L’église Saint-Jacques de Lunéville, à cette époque église de l'abbaye Saint-Rémy de Lunéville, a été réédifiée dans le style baroque à partir de 1730. Le duc de Lorraine François III a posé la première pierre le . Les plans de l'église peuvent être attribués principalement à Jean-Nicolas Jennesson pour le premier niveau. On connaît surtout « l'entrepreneur, appareilleur, conducteur de travaux » Romain Chasseur qui semble avoir joué un rôle assez important dans la construction pour obtenir d'être inhumé dans le caveau des chanoines en 1750. Faute d'argent, les travaux vont durer 15 ans avec de longues périodes d'arrêt.

Stanislas Leszczynski devient duc de Lorraine en 1737 et va intervenir dans le chantier de l'église Saint-Remy. En 1743, il a proposé d'y transférer l'église paroissiale Saint-Jacques. Les chanoines semblent accepter cette proposition, mais les paroissiens ont levé nombreuses objections. L'année suivante, le roi Stanislas a levé les objections des paroissiens en leur offrant 19 000 livres pour le parachèvement de la dite église, la construction des tours, de l'orgue et des ornements, et il confia les travaux à son architecte Emmanuel Héré.

La destruction de l'église paroissiale Saint-Jacques, « très ancienne, enfoncée, mal saine et tombant de vétusté », fut décidée et adjugée le .

L'église actuelle est consacrée le par l'évêque de Toul , Scipion-Jérôme Bégon, en présence des chanoines, de leur abbé le R. P. Dominique Bexon et du roi Stanislas. La construction n'est pas encore achevée. Le groupe de l'horloge au-dessus du fronton est érigé aux frais des habitants en 1749, sculpté par Joseph Béchamp « conformément au modèle que le roi a agréé ».

Emmanuel Héré a fait réaliser les deux imposantes tours de 52 mètres, surmontées des statues de saint Michel terrassant le Dragon et de saint Jean Népomucène[2] dues au sculpteur Barthélemy Guibal, ainsi que la tribune et l'étonnant buffet d'orgue qui sont réalisés entre 1749 et 1752. En 1745, l'église accueillit aussi la paroisse Saint-Jacques, qui s'est maintenue jusqu'à nos jours.

Protection[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Jacques fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [3].

Visites guidées gratuites de 14h à 18h du mercredi après-midi au lundi après-midi inclus du mi-juin à mi-septembre.

Intérieur de l'édifice[modifier | modifier le code]

L'intérieur est également de facture baroque, mais reste assez sobre si on le compare aux édifices de même style construits à la même époque (comme l'abbaye d'Ottobeuren ou l'église de Wies, toutes deux en Bavière). Le badigeon coloré procure une agréable lumière jaune (« jaune Marie-Thérèse »). Outre l'orgue, l'église possède de belles boiseries dans le chœur et des peintures de Jean Girardet.

Émilie du Châtelet est inhumée sous une dalle noire[4]. À gauche de l'entrée se trouve également, un monument funéraire ayant contenu les entrailles de Stanislas Leszczyński qui fut profané à la Révolution française.

L'orgue[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble du Grand Orgue

Dessiné par l'architecte Emmanuel Héré (architecte de la Place Stanislas à Nancy et des tours de l'église), l'orgue est un très rare exemple d'instrument sans tuyaux apparents[5]. Ce buffet inhabituel est ici complété par une fresque en trompe-l'œil représentant "l'entrée du Paradis". Caché derrière dans un décor de colonnes et de balustrades, l'orgue fut construit entre 1749 et 1751 par le facteur d'orgues nancéien Nicolas Dupont.

En 1823, le facteur Jean-Baptiste Gavot ajouta une grosse caisse avec son mécanisme à l’instrument, comme en avaient déjà été pourvu les orgues de Dupont à Toul et à Nancy. Au début du XIXe siècle, la titulaire de l'orgue fut Marguerite Nôtre (1759-1837), fille de Jean-Baptiste Nôtre (1732-1807), organiste de la cathédrale de Toul et compositeur. L'orgue fut transformé en un instrument romantique, entre 1850 et 1852, par le facteur d'orgue Jean-Nicolas III Jeanpierre, qui réutilisa une grande partie de la tuyauterie de Dupont. Théodore Jaquot y apporta quelques modifications entre 1882 et 1928. L'orgue fut démonté pour permettre la restauration du buffet en 1991. Accusant le poids des années, il fut décidé de reconstruire l'instrument à partir de 1998, sur un plan de Michel Chapuis en essayant de garder le meilleur des esthétiques de Dupont et de Jeanpierre. La reconstruction fut confiée à Bertrand Cattiaux et Laurent Plet (qui s'occupa de la tuyauterie). Le nouvel orgue fut inauguré le par Philippe Lefebvre et Michel Chapuis le .

L'orgue fait également l'objet d'un classement monument historique[6].

Liste des organistes de l’église[modifier | modifier le code]

  • Charles Caspar (1827 – 1905), de 1845[7] à 1905
  • Albert Colotte (18.. – 19..)[8], de 1914[7] à 1966
  • Maurice Jacques (1922 – 2008[9]), de 1965 à 2003[7]
  • Aude Schuhmacher titulaire actuelle[7], ancienne élève de Pierre Cortellezzi, Jean-Philippe Fetzer (CNR) et Jean Boyer (CNSM Lyon)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Ambroise, « Les vieux châteaux de la Vezouze. Chapitre II. Le premier château de Lunéville. - Dagsbourg et le Pape Léon IX. - Les comtes de Metz. - Folmar, fondateur de l'Abbaye de Saint-Remy », dans Le Pays lorrain, 1908, p. 357-365 (lire en ligne)
  2. Le culte de saint Jean Népomucène était répandu en Europe centrale. Ce choix correspondait à une dévotion personnelle du roi Stanislas.
  3. Notice no PA00106081, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Premier atelier d'Annie Jourdain, novembre 2011, sur le blog de l'Université Populaire de Perpignan
  5. Un autre exemple est fourni par l'Orgue Aeolian de l'église des Gets
  6. Notice no PM54001307, Notice no PM54000440, Notice no PM54000394, base Palissy, ministère français de la Culture.
  7. a b c et d « Les organistes des Trois Evêchés de Lorraine au XXe siècle », sur Musimem.com, (consulté le )
  8. « catalogue général - Notice d'autorité personne », sur BnF, (consulté le )
  9. « M. JACQUES Maurice Laurent Joseph », sur Décès en France (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dom Augustin Calmet, « Des abbés de Rengéval, ordre de Prémontré », dans Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine, qui comprend ce qui s'est passé de plus mémorable dans l' archevêché de Trèves, et dans les évêchés de Metz, Toul et Verdun, depuis l'entrée de Jules César dans les Gaules jusqu'à la mort de Charles V, duc de Lorraine, arrivée en 1690, chez Jean-Baptiste Cusson, Nancy, tome 3, 1728, col. CLXXXIII-CLXXXVI (lire en ligne)
  • Emmanuel Héré, « Église de Saint-Remy de Lunéville », dans Recueil des plans, élévations et coupes des châteaux et jardins que le roi de Pologne occupe en Lorraine, 1re partie, figures 12 et 13 (voir)
  • Recherches historiques sur la ville de Luneville. Notice sur l'ancienne église paroissiale Saint-Jacques démolie en 1745, chez Wiener, Nancy, 1865 (lire en ligne)
  • Pierre Marot, « Lunéville. Église Saint-Jacques », dans Congrès archéologique de France. 96e session. Nancy et Verdun. 1933, Société française d'archéologie, Paris, 1934, p. 307-310
  • Martine Tronquart, « Lunéville. Église Saint-Jacques », Éditions Serpenoise (collection Itinéraires du patrimoine no 35), Metz, 1993, (ISBN 2-87692-159-6)
  • Pierre Sesmat, « Lunéville, église Saint-Jacques (ancienne abbatiale Saint-Rémy) », dans Congrès archéologique de France. 164e session. Nancy et Lorraine méridionale. 2006, Société française d'archéologie, Paris, 2008, p. 69-74, (ISBN 978-2-901837-32-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]