Dicamba

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dicamba
Dicamba
Identification
No CAS 1918-00-9
U.S. EPA PC 029801
CA DPR Chem 200
No EINECS 217-635-6
SMILES
InChI
Apparence cristaux incolores[1].
Propriétés chimiques
Formule brute C8H6Cl2O3  [Isomères]
Masse molaire[2] 221,037 ± 0,012 g/mol
C 43,47 %, H 2,74 %, Cl 32,08 %, O 21,72 %,
pKa 1,97
Propriétés physiques
fusion 114 à 116 °C[1]
ébullition Se décompose au-dessous du point d'ébullition à 200 °C[1]
Solubilité dans l'eau à 25 °C : 7,9 g·l-1[1]
Masse volumique 1,57 g·cm-3[1]
Pression de vapeur saturante à 25 °C : 0,0045 Pa[1]
Précautions
SGH[3]
SGH05 : Corrosif
Danger
H302, H318, H412,
Directive 67/548/EEC
Nocif
Xn



Transport
-
   3077   
Écotoxicologie
DL50 1 190 mg·kg-1 souris oral
>1 000 mg·kg-1 rat peau
CL50 200 mg·l-1 (rat, inhalation)
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le dicamba est un désherbant organochloré. Il a été déclaré en tant que pesticide aux USA en 1967 et a depuis été communément utilisé aussi bien en agriculture que dans les secteurs industriels et résidentiels.[4] C'est un dérivé toxique du benzène ou plus précisément de l'acide benzoïque. Il est produit par de nombreuses entreprises (25 fabricants aux USA en 2010) et commercialisé sous diverses marques, notamment Banvel, Diablo, Oracle et Vanquish. Les principaux producteurs à l'échelle mondiale sont BASF, Changqing Agrochemical, Dupont, Monsanto, Syngenta et Yangnong Chemical.[5],[6]

Mode d'action[modifier | modifier le code]

Le dicamba fait partie des « herbicides hormonaux » ou phytohormones. À doses infimes, il peut stimuler ou interrompre la croissance des dicotylédones.

Il pourrait être utilisé en conjonction du Roundup de Monsanto auxquelles diverses adventices (mauvaises herbes) commencent à s'accoutumer.[réf. souhaitée]

Toxicité[modifier | modifier le code]

Le dicamba est réputé modérément toxique par ingestion et faiblement par inhalation ou via la peau (la LD50 orale chez le rat est de 757 mg·kg-1 de poids corporel, et de plus de 2,000 mg·kg-1 par la peau. Pour l’inhalation la LC50 est de 200 mg·l-1 ou plus chez le rat)[réf. souhaitée].

La plupart des données proviennent d’études sur des animaux de laboratoires, non extrapolables avec certitude à l’Humain, et ne prenant pas en compte d’éventuels effets synergiques, de long terme ou de potentialisation.[réf. souhaitée]

De plus les effets varient selon les animaux étudiés : une étude n’a pas montré d’effet sur la reproduction de rats en captivité (exposés sur trois générations) mais chez la lapine le taux d’avortement augmente au-dessus de 10 mg·kg-1 et le poids des fœtus diminue à 0; 0,5; 1; 3; 10 ou 20 mg·kg-1·j-1 (distribuées du 6e au 18e jour de la gestation), avec des effets toxiques notés chez la mère. Des effets sur le foie sont notés chez la souris, mais n’ont pas été détectés chez l’homme[7]

L'application par avion qui se pratique dans certains pays augmente le risque d'exposition des humains, du bétail, et de la faune.[réf. souhaitée] L'exposition chronique peut conduire aux mêmes symptômes que ceux décrits ci-dessus.[réf. souhaitée]


Le dicamba est mis en cause dans nombres de cas d'intoxications accidentelles, car il a tendance à s'évaporer au dessus des champs sur lesquels il est pulvérisé[détournement de source][8],[9]. Son interdiction est envisagée par l’État de l'Arkansas en 2018[10].

Effet sur la santé[modifier | modifier le code]

Le dicamba ne semble pas être mutagène, mais est suspecté d’être tératogène chez l’homme, bien que de tels effets n’ont pas été démontrés chez le rat ou le lapin.
Il pourrait aussi interférer avec les processus de reproduction.

Symptômes d’empoisonnement chez l'homme, par le dicamba : perte d’appétit (anorexie), vomissement, douleurs et contractions musculaires (spasmes, battements de cœur) essoufflement, effets sur le système nerveux central, traces d'acide benzoïque dans l'urine, incontinence, cyanose (peau bleue), et épuisement induit par spasmes musculaires répétés.
L’inhalation peut être suivie d'irritation des cloisons nasales, des poumons et d’une perte de voix.

Le dicamba est très irritant et corrosif pour les muqueuses oculaires et l’œil qu’il peut endommager durablement en cas de projection si les yeux n’ont pas été immédiatement nettoyés (rinçage à l'eau courante durant au moins 15 minutes, qui n’exclura éventuellement pas un gonflement des paupières et une opacification de la cornée durant une semaine.

La plupart des individus ayant subi un empoisonnement grave au dicamba et ayant survécu ont récupéré dans les deux à trois jours sans effets durables apparents.[réf. souhaitée]

Réglementation[modifier | modifier le code]

Sur le plan de la réglementation des produits phytopharmaceutiques :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f DICAMBA, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. Numéro index 607-043-00-X dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  4. United States Environmental Protection Agency,Reregistration Eligibility Decision for Dicamba and Associated Salts, 2006
  5. https://toxnet.nlm.nih.gov/cgi-bin/sis/search2/r?dbs+hsdb:@term+@rn+@rel+1918-00-9
  6. https://www.openpr.com/news/592405/Global-Dicamba-Market-2017-Monsanto-Dupont-BASF-Syngenta-Yangnong-Chemical.html
  7. Pesticide Information Profile - Dicamba, Pesticide Management Education Program, université Cornell
  8. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :0
  9. « Arkansas one step from ban on controversial herbicide next summer », Reuters,‎ fri sep 22 02:40:37 utc 2017 (lire en ligne)
  10. (en) Lorraine Chow, « Arkansas Could Become First State to Ban Dicamba », ecowatch.com, (consulté le 1er octobre 2017)