Dicamba

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Dicamba
Image illustrative de l’article Dicamba
Identification
No CAS 1918-00-9
U.S. EPA PC 029801
CA DPR Chem 200
No ECHA 100.016.033
No EC 217-635-6
SMILES
InChI
Apparence cristaux incolores[1].
Propriétés chimiques
Formule brute C8H6Cl2O3  [Isomères]
Masse molaire[2] 221,037 ± 0,012 g/mol
C 43,47 %, H 2,74 %, Cl 32,08 %, O 21,72 %,
pKa 1,97
Propriétés physiques
fusion 114 à 116 °C[1]
ébullition Se décompose au-dessous du point d'ébullition à 200 °C[1]
Solubilité dans l'eau à 25 °C : 7,9 g·l-1[1]
Masse volumique 1,57 g·cm-3[1]
Pression de vapeur saturante à 25 °C : 0,0045 Pa[1]
Précautions
SGH[3]
SGH05 : Corrosif
Danger
H302, H318, H412,
Transport
-
   3077   
Écotoxicologie
DL50 1 190 mg·kg-1 souris oral
>1 000 mg·kg-1 rat peau
CL50 200 mg·l-1 (rat, inhalation)

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le dicamba est un désherbant organochloré actif sur un certain nombre d'adventices dicotylédones. Il a été déclaré en tant qu'herbicide aux États-Unis en 1967 et a depuis été communément utilisé aussi bien en agriculture que dans les secteurs industriels et résidentiels[4]. C'est un dérivé du benzène, ou plus précisément de l'acide benzoïque. Il est produit par de nombreuses entreprises (25 fabricants aux États-Unis en 2010) et commercialisé sous diverses marques, notamment Banvel, Diablo, Oracle et Vanquish[5]. Les principaux producteurs à l'échelle mondiale sont BASF, Changqing Agrochemical, DuPont, Monsanto, Syngenta et Yangnong Chemical[6],[7].

Mode d'action[modifier | modifier le code]

Le dicamba fait partie des herbicides agissant comme une phytohormone. À doses infimes, il peut stimuler ou interrompre la croissance des dicotylédones[8].

La firme Monsanto, principal producteur de dicamba dans le monde en parallèle du glyphosate (auquel certaines plantes ont développé localement une résistance), produit des espèces végétales génétiquement modifiées, résistantes au dicamba[9].

Toxicité[modifier | modifier le code]

Le dicamba est modérément toxique par ingestion pour l'homme (la DL50 orale chez le rat est de 757 mg·kg-1 de poids de corps) et faiblement toxique par inhalation (CL50200 mg·l-1 pour le rat) ou voie cutanée (DL50 > 2,000 mg·kg-1 pour le rat)[10].

La plupart des données proviennent d’études sur des animaux de laboratoires, non extrapolables avec certitude à l’Humain, et ne prenant pas en compte d’éventuels effets synergiques, de long terme ou de potentialisation[réf. souhaitée].

De plus les effets varient selon les animaux étudiés : une étude n’a relevé aucun effet sur la reproduction de rats en captivité (exposés sur trois générations) mais chez la lapine le taux d’avortement augmente au-dessus de 10 mg·kg-1 et le poids des fœtus diminue à 0; 0,5; 1; 3; 10 ou 20 mg·kg-1·j-1 (distribuées du 6e au 18e jour de la gestation), avec des effets toxiques notés chez la mère. Des effets sur le foie sont notés chez la souris, mais n’ont pas été détectés chez l’homme[11].

Son interdiction est envisagée par l’État de l'Arkansas en 2018[12].

Les réserves émises à l'encontre de son utilisation relèvent de son action nocive pour la flore (et possiblement la faune) locale — le produit, volatil, pouvant être transporté sur de longues distances après épandage[9],[13] — et du principe de précaution, son action sur les divers organismes (dont l'homme) étant toujours à l'étude.

Effet sur la santé[modifier | modifier le code]

Le dicamba ne semble pas être mutagène, mais est suspecté d’être tératogène chez l’homme, bien que de tels effets n’ont pas été démontrés chez le rat ou le lapin.

Il pourrait aussi interférer avec les processus de reproduction.

Symptômes d’empoisonnement chez l'homme, par le dicamba : perte d’appétit (anorexie), vomissement, douleurs et contractions musculaires (spasmes, battements de cœur), essoufflement, effets sur le système nerveux central, traces d'acide benzoïque dans l'urine, incontinence, cyanose (peau bleue), et épuisement induit par spasmes musculaires répétés.
L’inhalation peut être suivie d'irritation des cloisons nasales, des poumons et d’une perte de voix.

Le dicamba est très irritant et corrosif pour les muqueuses oculaires et l’œil qu’il peut endommager durablement en cas de projection si les yeux n’ont pas été immédiatement nettoyés (rinçage à l'eau courante durant au moins 15 minutes, qui n’exclura éventuellement pas un gonflement des paupières et une opacification de la cornée durant une semaine.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Sur le plan de la réglementation des produits phytopharmaceutiques :

Controverse[modifier | modifier le code]

Pour remplacer le Roundup, le firme Monsanto pousse ce désherbant qui inquiète fortement des associations de citoyens car il est estimé que celui-ci est 75 à 400 fois plus dangereux que le glyphosate pour les plantes environnantes et les insectes.

Cet herbicide inquiète d'autant plus les associations que celui-ci a la propriété de se « re-vaporiser » après épandage, de cette manière le dicamba peut contaminer plusieurs hectares de végétation à cause d'un simple coup de vent.

Par ailleurs une ferme bio a été obligée de détruire ses propres récoltes après avoir été contaminées par du dicamba utilisé à des kilomètres[14],[15].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f DICAMBA, fiche(s) de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée(s) le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. Numéro index 607-043-00-X dans le tableau 3.1 de l'annexe VI du règlement CE N° 1272/2008 (16 décembre 2008)
  4. United States Environmental Protection Agency,Reregistration Eligibility Decision for Dicamba and Associated Salts, 2006
  5. « Agrochimie. Après le glyphosate, le dicamba fait des ravages aux États-Unis », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  6. https://toxnet.nlm.nih.gov/cgi-bin/sis/search2/r?dbs+hsdb:@term+@rn+@rel+1918-00-9
  7. https://www.openpr.com/news/592405/Global-Dicamba-Market-2017-Monsanto-Dupont-BASF-Syngenta-Yangnong-Chemical.html
  8. Arnold P. Appleby, Franz Müller. "Weed Control, 2" in Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry 2011, Wiley-VCH, Weinheim. DOI:10.1002/14356007.o28_o01
  9. a et b Aurore Coulaud, « Dicamba : après le glyphosate, un autre désherbant déclenche une nouvelle polémique », sur liberation.fr, (consulté le 16 juin 2018)
  10. (en) « Dicamba », sur pmep.cce.cornell.edu (consulté le 16 juin 2018)
  11. Pesticide Information Profile - Dicamba, Pesticide Management Education Program, université Cornell
  12. (en) Lorraine Chow, « Arkansas Could Become First State to Ban Dicamba », ecowatch.com, (consulté le 1er octobre 2017)
  13. « Dicamba : le pesticide qui se répand au-delà des champs », sur criigen.org (consulté le 16 juin 2018)
  14. MesOpinions.com, « Pétition : Dicamba : l’herbicide de l’apocalypse », sur https://www.mesopinions.com/ (consulté le 24 août 2018)
  15. Aurore Coulaud, « Dicamba : après le glyphosate, un autre désherbant déclenche une nouvelle polémique », Libération.fr,‎ (lire en ligne)