Devise de la Franche-Comté

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La devise de la Franche-Comté est : Comtois, rends-toi ! Nenni, ma foi ![1],[2]. Cet échange verbale entre assaillants Français et défenseurs comtois aurait eu lieu au cours d'un des sièges de la ville de Dole, et plus vraisemblablement de celui de 1636. Cette « devise » a été officialisée en octobre 1986.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La ville de Dole a plusieurs fois été assiégée, notamment par les Français, alors que le comté de Bourgogne, la Franche-Comté d'alors, était terre du Saint-Empire romain germanique.

Le 25 mai 1479, Charles d'Amboise, à la tête des troupes de Louis XI, pille et incendie la ville, après avoir fait tomber les places fortes alentour. Les derniers résistants, retranchés dans la « cave d'enfer », font preuve d'un tel héroïsme que Charles d'Amboise leur laisse la vie sauve. De Dole, seules l'église des Cordeliers, la tour Vergy et la maison des Vurry, où se logeait d'Amboise, subsistaient [3],[4].

Remparts de Dole de nos jours

Charles Quint fait relever les fortifications, ajoute des remparts et des fossés par l'ingénieur Precipiano ; Louis XIII menace à nouveau la Franche-Comté : on perfectionne encore les défenses de la ville.

Richelieu déclare la guerre à l'Espagne ; le prince de Condé assiège Dole le 29 mai 1636. Il somme la garnison de se rendre : « Rien ne nous presse, répondit le commandant de la place de La Verne ; après un an de siège, nous délibérerons sur le parti à prendre ». Condé multiplie les attaques, adresse sommation sur sommation, sans succès. Il est même menacé d'arrêt de sa propre personne par les Dolois, lorsqu'il lève le siège fin août, avec l'arrivée des troupes lorraines et impériales de Ferdinand II venues défendre la ville.

L'échange verbal[modifier | modifier le code]

C'est au cours de l'un de ces deux épisodes, en 1479 ou plus vraisemblablement en 1636, que les Français auraient lancé : « Comtois, rends-toi ! », auquel les assiégés répondirent : « Nenni, ma foi ! ». Les Français auraient donc poursuivi : « Où sont vos chefs ? », duquel les Comtois auraient rétorqué : « Nous sommes tous chefs ! ».

Cet échange verbal aurait eu lieu entre un soldat français et un capitaine jurassien nommé Morel[5]. Ce dernier était un vétéran de la guerre précédente de 1595. Mais le doute persiste avec le siège de 1479 et on ne sait pas aujourd'hui avec certitude au cours duquel des deux sièges, cela s'est produit[6]. Celui de 1636 demeure le plus probable et le plus admis.[7] Notamment à cause du terme "comtois" qui s'est répandu et généralisé surtout au XVIIe siècle. Jusqu'au XVIIe siècle, les Comtois de Bourgogne se disaient et étaient appelés Bourguignons. Appellation d'autant plus mise en avant, car il s'agit de la Bourgogne (par opposition au duché) qui n'a pas été annexée par la France à la fin des États bourguignons. L'ensemble de ces États qui ont échappé aux prétentions françaises sont réunis au sein du cercle impérial de Bourgogne. C'est à cause de cette rémanence de l'idée bourguignonne que les Comtois s'opposeront perpétuellement aux Français et à leurs tentatives d'annexion durant les XV, XVI et XVIIe siècle. Le terme comtois s'impose au XVIIe siècle, alors que les conflits entre la province et la France s'intensifient, pour se démarquer du duché de Bourgogne français et éviter toute ambiguïté.

Cette devise pleine de laconisme montre ainsi l'opiniâtreté, la détermination et l'esprit d'indépendance du Comtois.

Autre origine possible[modifier | modifier le code]

D'autres auteurs évoquent une autre origine possible de la devise comtoise. Il s'agit du siège de Calais de 1346 par les Anglais.[8] La ville française assiégée, est défendue par le comtois Jehan de Vienne. L'échange aurait eu lieu entre le roi d'Angleterre Edouard III et le commandant comtois. Cette possibilité est défendue notamment par l'écrivain comtois Jean Defrasne[9].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 2017, le Football Club Sochaux-Montbéliard reprend la devise franc-comtoise sur ses éléments de communications officielles[10]. Pour démarrer sa campagne, le club invite des supporteurs à poser[11]. Ils représentent la devise de la région et leur attachement au club.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.franche-comte.fr/fr/la-franche-comte/histoire/armoiries-et-devise/
  2. Rougebief, Histoire de Franche Comté ancienne et moderne, (lire en ligne), p. 519
  3. Rougebief, Histoire de Franche Comté ancienne et moderne, (lire en ligne), p. 394
  4. Élie Puffeney, Histoire de Dôle, racontée par le P. Fodéré, Gollut, Dunod, de Grivel, Chifflet, Normand, de Persan, Marquiset, Rougebief, D. Monnier, Ed. Cler, dont les travaux ont été résumés et coordonnés par E. Puffeney,..., C. Marion, Morel et Cie, (lire en ligne), p. 124
  5. Frédéric THIRIEZ, Dictionnaire amoureux de la montagne, Place des éditeurs, (ISBN 978-2-259-24978-2, lire en ligne)
  6. Michel Biard, Jean-Numa Ducange et Jean-Yves Frétigné, Centralisation et fédéralisme, Presses universitaires de Rouen et du Havre, (ISBN 979-10-240-0873-8, lire en ligne)
  7. Lionel Labosse, M&mnoux, Editions Publibook, (ISBN 978-2-342-16375-9, lire en ligne)
  8. Revue britannique: Revue internationale reproduisant les articles des meilleurs écrits periodiques de l'étranger, complètés par des articles originaux, Dondey-Dupré, pére et fils., (lire en ligne)
  9. Jean Defrasne, Franche-Comté et Francs-Comtois, Editions Camponovo, (lire en ligne)
  10. « Comtois rends-toi ! Nenni ma foi ! », sur www.fcsochaux.fr, (consulté le )
  11. « Comtois rends-toi ! Nenni ma foi ! Découvrez le visuel de la saison 2017/2018 qui sera décliné sur les supports de communication du FCSM. », sur instagram.com,