Lacuzon

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Claude Prost (dit Lacuzon ou Lacuson ou encore La Cuson), serait né (d'après Dom Benoît) le 17 juin 1607 à Longchaumois dans le comté de Bourgogne alors possession des Habsbourg, et mort le à Milan, est un personnage de l'histoire de la Franche-Comté. il paraît impossible de fixer sa date de naissance avec précision car les registres des baptêmes et enterrements de Longchaumois n'ont été conservés qu'à partir de l'année 1668.

Cette date précise émane d'un religieux érudit et historien, Dom Benoît qui publia "Histoire de l'abbaye et de la terre de Saint-Claude" (en 2 volumes 1890 -1892). Aucun autre historien n'a confirmé cette date et on ne sait pas de quelle archive Dom Benoît a-t-il pu la tirer. Cette date est donc à prendre avec la plus grande circonspection.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lacuzon est un personnage controversé de l'histoire de la Franche-Comté, authentique patriote héros de l'indépendance franc-comtoise pour les uns (notamment pour Robert Fonville), soudard opportuniste pour les autres (notamment pour Louis Lautrey).

Commerçant à Saint-Claude, il prend les armes dès l'invasion de la Franche-Comté en 1636 par les Français. Il réussit à se constituer une force militaire capable de lutter contre les troupes suédoises alliées des Français et dirigées par Bernard de Saxe-Weimar. Il est surnommé Lacuzon, ce qui, en dialecte local, signifie « le souci » à cause de son humeur taciturne et vigilante.

Il lutte d'abord dans le Bugey, puis multiplie les coups de main en Bresse. Installé au château de Montaigu, il s'empare en 1641 de la forteresse de Saint-Laurent-la-Roche et pousse ses actions jusqu'à Louhans. Les traités de Westphalie en 1648 mettant fin à la guerre de Trente Ans, Lacuzon interrompt son activité militaire.

Il s'est enrichi, est devenu un petit hobereau local. En 1654, on lui intente un procès (en partie dirigé en sous-main par son ennemi Marc de Montaigu). On l'accuse de harcèlement sexuel, de violences et abus de pouvoir. Il réplique par un contre-procès et l'emporte, avec un fort soutien populaire.

Lorsque Louis XIV entre en Franche-Comté en 1668, le vieux partisan reprend les armes mais la résistance comtoise s'essouffle. En 1674, Lacuzon, « le héros de l'indépendance », refusant l'annexion française, s'exile, sur le point d'être pris, et gagne le Milanais, possession espagnole. Il meurt à Milan le 21 décembre 1681, entouré de ses camarades d'exil. On ne sait pas où il fut enterré.

Longtemps ignoré de l'Histoire officielle, il entre dans la légende. Le XIXe siècle le redécouvre et les romantiques, tel Désiré Monnier, se passionnent pour le "Robin des Bois franc-comtois". Victor Hugo envisage même d'écrire sur lui un roman de cape et d'épée à la manière de Walter Scott.

Il reste pour les Comtois le symbole de l'esprit d'indépendance et de révolte. De nos jours, de nombreuses rues et places portent son nom dans les villes et villages comtois.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • N'étant pas un guerrier né, Lacuzon tremble au début de chaque combat et se dit pour se donner du courage : « Chair, qu'as-tu peur ? Ne faut-il pas que tu pourrisses ? ».
  • Plusieurs grottes du Jura portent son nom notamment celle qui se trouve sur le parcours des cascades du Hérisson, près de la cascade du Grand Saut, où il aurait selon la légende, trouvé refuge entre ses coups de main mais c'est fort improbable. Le personnage était le plus souvent à Montaigu ou au château de Saint-Laurent-la-Roche.
  • Dans la grotte de La Frasnée, en 1810, un jeune chevrier découvre un squelette tenant une épée espagnole à la main. L'imagination populaire le fait longtemps passer pour Lacuzon, qui se serait laissé mourir de faim dans la grotte de la Vouivre, sa protectrice, après la victoire des Français et l'annexion de la Comté.

Xavier de Montépin s'est inspiré très librement du personnage pour son livre Le Médecin des pauvres, publié en 1861, une version qui tord définitivement le cou à toute vérité historique, livre d'ailleurs issu du plagiat d'un ouvrage paru en 1844, Lacuzon de Louis Jousserandot et qui valut un procès à de Montépin.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Louis Jousserandot, Le Capitaine Lacuzon, vol. 2 vol., Paris, L. de Potter, , in-8° (notice BnF no FRBNF30664432)
  • Louis Jousserandot, Le Diamant de la Vouivre, Paris, L. de Potter, 1843
  • Lacuzon d'après de nouveaux documents, impr. de Gauthier (Lons-le-Saunier), 1847, in-8
  • Robert Fonville, Lacuson. Héros de l'indépendance franc-comtoise au XVIIeme siècle, éditions Marque-Maillard, 1955.
  • Louis Lautrey, Vie du Capitaine La Cuson, Librairie ancienne H. Champion - Paris, 1913.
  • Joël Van der Elst : L'héritage de Lacuzon, roman, paru en octobre 2002 aux éditions Cabédita, ne peut pas être considéré comme une source mais raconte de manière intéressante et bien documentée, des épisodes romancés de la vie du capitaine Lacuzon.
  • André Besson : Indomptable Lacuzon, Éditions Vulliens, Mon Village, 2006
  • Monique Lancel : La Tentation du capitaine Lacuzon, Éditions L'Harmattan, Théâtre des Cinq Continents, 2014 (ISBN 978-2-343-03622-9)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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