Dermacentor marginatus

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Dermacentor marginatus
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Dermacentor marginatus
Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Sous-embr. Chelicerata
Classe Arachnida
Sous-classe Acari
Super-ordre Parasitiformes
Ordre Ixodida
Famille Ixodidae
Genre Dermacentor

Espèce

Dermacentor marginatus
(Sulzer, 1776)

Synonymes

* Dermacentor marginatus (synonyme homotypique)[1]

  • Acarus marginatus Sulzer, 1776 (nom impropre d'espèce)[1]
  • Dermacentor (Dermacentor) aulicus auct. auct. (null) (nom impropre d'espèce)[1]
  • Dermacentor (Dermacentor) hungaricus auct. auct. (null) (nom impropre d'espèce)[1]
  • Dermacentor (Dermacentor) marmorata auct. auct. (null) (nom impropre d'espèce)[1]
  • Dermacentor (Dermacentor) variatus auct. auct. (null) (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Dermacentor antrorum Reznik, 1950 (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Dermacentor dentipes Koch, 1844 (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Dermacentor gynaecoides Olenev, 1927 (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Dermacentor lacteolus Schulze, 1933 (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Dermacentor longicoxalis Olenev, 1927 (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Dermacentor parabolicus Koch, 1844 (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Dermacentor rotundicoxalis Olenev, 1927 (synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]
  • Ixodes marmoratus Risso, 1826(synonyme hétérotrophe pour l'espèce)[1]

Dermacentor marginatus est une espèce de tiques de la famille des Ixodidae[2], qui est vectrice de plusieurs maladies zoonotiques dont des rickettsioses [3],[4],[5],[6], ce pourquoi cette tique est considérée comme posant des risques écoépidémiologiques et de santé publique particuliers pour l'Homme[7].

Description[modifier | modifier le code]

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce thermophile (c'est-à-dire qu'elle recherche les milieux chauds) vit sur le pourtour méditerranéen.

En France, elle peut être trouvée jusqu’à 1 000 m d’altitude sur tout le territoire, hormis en zones froides. C'est plutôt une espèce des milieux ouverts et secs : Poitou, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Midi méditerranéen et Corse[8].

Elle fait partie des espèces qui pourraient être favorisées par le réchauffement climatique qui lui permettrait de remonter vers le nord, mais aussi en altitude.

Espèces hôtes[modifier | modifier le code]

On la trouve notamment sur le sanglier en France, animal qui peut la véhiculer sur plusieurs dizaines de km lors de ses déplacements[9].

Vecteur de maladie[modifier | modifier le code]

Lors d'une étude basée sur l'analyse du portage de rickettsies chez 70 tiques Dermacentor marginatus trouvées sur des sangliers et cochons d'élevage d'octobre et novembre 2000 dans le Sud de la France, le pathogène émergent Rickettsia slovaca a été identifié dans 11 tiques (15,7 % du total). De plus, cette étude a mis en évidence un nouveau génotype de Rickettsia (1,4% de l'échantillon) dont la pathogénicité doit encore être étudiée.

Également à titre d'exemple plusieurs souches de ricketsies responsables de la "Rocky Mountain spotted fever" ont été détectées en Europe centrale et de l'Est chez D. marginatus dès les années 1960[10].

Cette espèce est aussi susceptible de véhiculer des fièvres pourprées (maladie proche du typhus[11] (dont en France et en Allemagne[11]) ou encore la fièvre hémorragique de Crimée-Congo[12] dans des régions où les changements environnementaux anthropiques ont pu favoriser l'expansion des tiques (constatée dans de nombreuses forêts et régions anthropisées)[12].

Classification, génétique[modifier | modifier le code]

On s'est demandé si cette espèce pouvait se croiser avec une espèce morphologiquement proche Dermacentor reticulatus, mais des preuves génétiques et expérimentales (tentatives de croisements artificiels) ont à la fin conclu que non ; ces deux espèces sont bien deux entités taxonomiquement différentes[13].

Ennemis naturels[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m et n Liste de synonymes proposée par le GBIF, consulté 2015-07-11
  2. Référence Classification de Hallan
  3. Beati, L., Humair, P. F., Aeschlimann, A., & Raoult, D. (1994). Identification of spotted fever group rickettsiae isolated from Dermacentor marginatus and Ixodes ricinus ticks collected in Switzerland. The American journal of tropical medicine and hygiene, 51(2), 138-148 (http://europepmc.org/abstract/med/7915498 résumé]).
  4. Beati, L., Finidori, J. P., & Raoult, D. (1993). http://europepmc.org/abstract/med/8095380 First isolation of Rickettsia slovaca from Dermacentor marginatus in France]. The American journal of tropical medicine and hygiene, 48(2), 257-268.
  5. Selmi, M., Bertolotti, L., Tomassone, L., & Mannelli, A. (2008). https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2600248/ Rickettsia slovaca in Dermacentor marginatus and tick-borne lymphadenopathy], Tuscany, Italy. Emerging infectious diseases, 14(5), 817.
  6. Baden-Wuerttemberg, L. (1976). Rickettsia slovaca in Dermacentor marginatus ticks, Germany. Tropenmed Parasitol, 27, 393-404.
  7. Nosek J (1972) The ecology and public health importance of Dermacentor marginatus and D. reticulatus ticks in Central Europe. Folia parasitologica, 19(1), 93.
  8. France Lyme, consulté 2015-07-11
  9. Sanogo, Y. O., Davoust, B., Parola, P., Camicas, J. L., Brouqui, P., & Raoult, D. (2003). Prevalence of Rickettsia spp. in Dermacentor marginatus ticks removed from game pigs (Sus scrofa) in southern France. Annals of the New York Academy of Sciences, 990(1), 191-195 (résumé).
  10. Brezina, R., Rehacek, J., Ac, P., & Majerska, M. (1969). Two strains of rickettsiae of Rocky Mountain spotted fever group recovered from Dermacentor marginatus ticks in Czechoslovakia. Results of preliminary serological identification. Acta virologica, 13(2), 142.
  11. a et b Rehacek, J., Liebisch, A., Urvölgyi, J., & Kovacova, E. (1977). Rickettsiae of the spotted fever isolated from Dermacentor marginatus ticks in South Germany. Zentralblatt fur Bakteriologie, Parasitenkunde, Infektionskrankheiten und Hygiene. Erste Abteilung Originale. Reihe A: Medizinische Mikrobiologie und Parasitologie, 239(2), 275-281. (résumé)
  12. a et b Hoogstraal, H. (1979). Review Article: The Epidemiology of Tick-Borne Crimean-Congo Hemorrhagic Fever in Asia, Europe, and Africa. Journal of medical entomology, 15(4), 307-417.
  13. Zahler M & Gothe R (1997) Evidence for the reproductive isolation of Dermacentor marginatus and Dermacentor reticulatus (Acari: Ixodidae) ticks based on cross-breeding, morphology and molecular studies. Experimental & applied acarology, 21(10), 685-696 (résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. L. Koch, 1844 : Systematische Übersicht über die Ordnung der Zecken. Archiv Für Naturgeschichte, Berlin, vol. 10, p. 217–239 (texte intégral).
  • Zahler M & Gothe R (1997) Evidence for the reproductive isolation of Dermacentor marginatus and Dermacentor reticulatus (Acari: Ixodidae) ticks based on cross-breeding, morphology and molecular studies. Experimental & applied acarology, 21(10), 685-696 (résumé).