Dayak

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Garçon et fille daya, vers 1920

Les Dayak (ou Daya) sont un peuple indigène de l'île de Bornéo, partagée entre l'Indonésie et la Malaisie, ainsi que de l'île de Sumatra et de l'île des Célèbes.

Cette population est divisée en environ 450 groupes ethniques. Parmi les groupements dayak les plus importants, on peut citer les Kayan et les Kenyah, du centre et de l'est de Bornéo, les Ngadju du sud de Bornéo, les Dayak du sud-ouest de l'île, les Iban ou Dayak, de la mer à Sarawak. Au début du XXIe siècle, le nombre des Dayak de Bornéo serait de plus de 4 millions[1].

Groupe de femmes Daya, vers 1910

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme dayak est issu d'une vieille racine austronésienne signifiant « amont » et se retrouve dans l'ethnonyme traditionnel d'un grand nombre de ces populations (Kayan, Kenyah et Ngaju à Bornéo, Gayo dans le nord de Sumatra, Toraja ou Toraya dans le sud de Célèbes). D'autres exemples sont fournis aux Philippines (Mandaya) et à Taïwan-Formose (Siraya).

Ethnologie[modifier | modifier le code]

Dans l'ethnologie de l'époque coloniale, les Dayaks étaient classés comme « proto-malais » (aux côtés des Batak et des Toraja) censés appartenir à une première vague de peuplement qui aurait précédé les peuples du littoral, parmi lesquels les Malais et les Javanais, qualifiés alors de « deutéro-malais ». Aujourd'hui, cette interprétation est caduque. En fait, les Dayaks ne se distinguent de leurs cousins du littoral (souvent eux-mêmes d'anciens Dayaks, alors même que bien des groupes dayaks descendent à leur tour d'anciens marins s'étant établis tardivement à l'intérieur des terres) que par une moindre acculturation étrangère, en particulier par rapport à l'islam. Beaucoup de changements ont été effectués en 20 ans, ils ne vivent plus en autarcie. Attirés par la modernité, les jeunes Dayaks se désintéressent de plus en plus de leur culture, tandis que les anciens sont nostalgiques. Les religions chrétiennes et musulmanes ont détruit la culture des ethnies ce qui entraîne un bouleversement économique, alors que des ethnologues travaillent encore pour conserver vie et souvenirs et pour protéger l'artisanat local moyen d'intégration, sans dévaster les forêts.

Folklore[modifier | modifier le code]

Dans le folklore touristique, les Dayaks passaient volontiers pour de redoutables « chasseurs de têtes », en raison d'anciennes coutumes de décapitation des ennemis vaincus[2]. Ils avaient également la réputation de faire des coupes à boire dans des crânes merveilleusement ciselés[3]. Mais de nos jours, les peuples « dayaks » regroupent en partie des minorités ethniques fortement christianisées, souvent de confession protestante. Une minorité d'entre eux préféra cependant se convertir à l'islam, sans pour autant renier leur identité dayake. Certains croient encore en des esprits (croyances animistes) et ont remplacé les lourds anneaux aux bras, aux jambes et aux oreilles des coutumes sociales du XIXe siècle par d'autres ornements comme des bigoudis.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Certains peuples Dayaks comme les Iban de Sarawak (Malaisie) ou les Ngaju de Kalimantan comptent parmi les peuples les plus modernes de l'Asie du Sud-Est. Leurs élites constituent partout une fraction importante de l'élite nationale de leurs pays respectifs (des professeurs d'université, des scientifiques de haut niveau, des officiers supérieurs, des cinéastes ou autres artistes renommés, etc.).

Langues[modifier | modifier le code]

Ces populations parlent des langues de la branche malayo-polynésienne des langues austronésiennes, répartie entre les groupes suivants :

Territoire[modifier | modifier le code]

La République des États-Unis d'Indonésie, -.

Le Grand Dayak (Dayak Besar) était le nom d'un des territoires fédéraux de l'éphémère République des États unis d'Indonésie reconnue le à l'issue de la Conférence de la Table Ronde, et remplacée le par l’État Unitaire de la République d'Indonésie.

Ce territoire est approximativement celui de l'actuelle province de Kalimantan central.

Menaces sur la culture Dayak[modifier | modifier le code]

La culture des Dayaks, qui vit dans et de la forêt de Bornéo, est durement menacée par la déforestation qui ravage leurs terres ancestrales, l’un des écosystèmes les plus riches en biodiversité de la terre. Benyamin Efraim, directeur de l’Institut Dayakologi, alerte : « Les traditions, les rituels, la médecine, bref l’identité des Dayaks est étroitement liée au cycle agricole et à leur gestion des ressources naturelles. L’extinction de leurs pratiques agricoles et forestières entrainera irrémédiablement l’extinction de leur culture »[4].

Lithographies[modifier | modifier le code]

Des Dayaks dans les années 1880. Lithographies de C.F. Kelley, dessins de Carl Bock.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dayak - Encyclopédie Universalis
  2. La décapitation des ennemis vaincus est une coutume largement répandue à travers le monde, y compris chez les Gaulois antiques : Bernadette Arnaud, Les Gaulois embaumaient les têtes de leurs ennemis vaincus in : Science et Avenir, Novembre 2018, [1]
  3. Le crâne: objet de culte, Musée Cantini, Marielle Latour, Danièle Giraudy, Evelyne Lehalle (1972), p. 30.
  4. « À Borméo, les Dayaks font face à la crise écologique », Bénédicte Fiquet, 2015-2021, lire en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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