Croûte continentale

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Schéma simplifié de la croûte terrestre. 1 : croûte continentale ; 2 : croûte océanique ; 3 : manteau supérieur.

La croûte continentale est la partie supérieure de la lithosphère continentale et constitue l'armature des continents. D'une structuration complexe et mal définie, elle est essentiellement constituée de roches magmatiques acides (granitoïdes) et de roches métamorphiques. Sa partie supérieure est constituée d'une couche hétérogène de sédiments et de roches sédimentaires d'extension et d'épaisseur variables (de quelques mètres à quelques kilomètres). Elle présente une épaisseur moyenne de 35 km, qui peut être réduite à quelques kilomètres dans les zones de rift et dépasser les 70 km sous les chaînes de montagnes (racine orogénique crustale)[1].

Alors que les terres réellement émergées comprennent un peu moins de 30 % de la surface du globe, la croûte continentale se prolonge dans les océans au niveau des plateaux continentaux qui occupent 7,6 % de la surface totale des océans) et couvre aujourd'hui 45 % de la surface terrestre. Le reste de la surface terrestre (55 %) est couverte par la croûte océanique[2].

Croissance de la croûte continentale[modifier | modifier le code]

Croissance au début de l'histoire de la terre[modifier | modifier le code]

La raison de l'extension de la croûte continentale au détriment de la croûte océanique au début de l'histoire de la terre résulte de son mode de croissance. Plusieurs hypothèses ont été formulées à ce sujet, sans qu'aucune ne soit définitivement confirmée. On peut cependant retenir le scénario suivant[3] : — à l'Hadéen il y a environ 4,6 milliards d'années se crée une lithosphère probablement d’un seul tenant. Vers 4 milliards d’années, alors que la différenciation du manteau terrestre primaire a donné naissance aux premières « plaques », de taille probablement réduite, de nature komatiitique, le flux géothermique élevé a contribué à la mise en place de la tectonique des plaques[4] — puis, par accrétion de ceintures orogéniques, ces plaques croissent de façon centrifuge. La disposition concentrique de ces ceintures autour des « noyaux » continentaux traduit les cycles de Wilson[5],[6].

Parmi les anciens éléments de croûte continentale, on peut notamment distinguer :

Croissance actuelle[modifier | modifier le code]

Épaisseur de la croûte terrestre en km.

La croissance de la croûte continentale se caractérise par le transfert de matériaux mantelliques juvéniles dans la croûte. Deux mécanismes sont généralement proposés : mode de croissance horizontale par des processus de subduction (production de magmatisme d’arc ou accrétion d’arcs insulaires) ; mode de croissance verticale par du magmatisme tardi à post-orogénique (sous placage de magma mantellique en réponse à une délamination de la lithosphère par rupture de panneau plongeant de la lithosphère océanique ; fusion intracrustale lié à l’extension lithosphérique ou à un panache)[7].

Depuis le Paléoprotérozoïque et l’installation d’une tectonique des plaques moderne, le volume de croûte généré au niveau des zones de subduction est de 2.8 à 3 km3/an, alors que le taux de recyclage de la croûte continentale est estimé à 3,2 km3/an[8]. Cette différence suggère que le volume actuel de croûte continentale a été atteint dès l’Archéen ou le début du Protérozoïque et que depuis, la production de croûte continentale a progressivement diminué au profit du recyclage de la croûte existante, lors de la formation des supercontinents[9].

« Le taux d'accrétion continentale, rapide au Précambrien, semble être quasi-nul depuis environ 400 Ma », ce qui suggère qu'« à partir de cette époque, l'érosion des masses continentales est équivalente à l'accrétion orogénique[3] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Foucault et Jean-François Raoult, Dictionnaire de géologie, Paris, Dunod, (réimpr. 1984, 1988, 1995, 2000, 2005), 7e éd. (1re éd. 1980), 388 p. (ISBN 978-2-10-054778-4), p. 355-356
  2. Sylvie Vauclair, La Terre, l'espace et au-delà, Albin Michel, (lire en ligne), p. 11.
  3. a et b J. M. Caron, A. Gauthier, Planète terre, Editions OPHRYS, (lire en ligne), p. 251.
  4. (en) David Bercovici & Yanick Ricard, « Plate tectonics, damage and inheritance », Nature,‎ (DOI 10.1038/nature13072)
  5. Christophe Voisin, La Terre, Le Cavalier Bleu, , p. 54-55.
  6. (en) Timothy M. Kusky, Xiaoyong Li, Zhensheng Wang, Jianmin Fu, Luo Ze, Peimin Zhu, « Are Wilson Cycles preserved in Archean cratons? A comparison of the North China and Slave cratons », Canadian Journal of Earth Sciences, vol. 51, no 3,‎ , p. 297-311doi=10.1139/cjes-2013-0163.
  7. (en) Roberta Rudnick, « Growing from below », Nature, vol. 347,‎ , p. 711-712 (DOI 10.1038/347711a0)
  8. (en) David W. Scholl & Roland von Huene, « Implications of estimated magmatic additions and recycling losses at the subduction zones of accretionary (non-collisional) and collisional (suturing) orogens », The Geological Society, vol. 318,‎ , p. 105-125 (DOI 10.1144/SP318.4)
  9. (en) EA Belousova, YA Kostitsyn, WL Griffin, GC Begg, SY O'Reilly, N.J. Pearson, « The growth of the continental crust: constraints from zircon Hf-isotope data », Lithos, vol. 119, nos 3-4,‎ , p. 457-466 (DOI 10.1016/j.lithos.2010.07.024)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Nick M. W. Roberts, Martin J. Van Kranendonk, Stephen Parman & Peter D. Clift, « Continent formation through time », Geological Society, vol. 389,‎ , p. 1-16 (DOI 10.1144/SP389.13)