Couche-culotte

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Couche-culotte
Disposablediaper.JPG
Couche-culotte jetable pour bébé.
Caractéristiques
Type
Origine
Lange

La couche-culotte est une sorte de sous-vêtement conçu pour recueillir les selles et l'urine de son porteur. Elle est généralement utilisée pour des enfants en bas âge, mais peut aussi être employée dans des contextes spécifiques (par exemple pour des sujets souffrant l'incontinence urinaire).

Ce produit apparu au milieu du XXe siècle en Occident et a tendu à remplacer les langes précédemment utilisés.

Jetable ou lavable, la couche-culotte est constituée de deux parties distinctes :

  1. Une partie absorbante composée de cellulose et de cristaux anhydres (ou gel) pour les versions jetables et de tissus de coton, de bambou ou de chanvre pour les versions réutilisables.
  2. Une partie imperméable constituée de matériaux plastiques, ou pour les versions réutilisables de tissu enduit de polyuréthane, de polyester ou de laine vierge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Unangenehme Vaterpflichten [Une tâche déplaisante pour le père] par Adriaen Brouwer (1631).
Publicité parue en France pour les couches-culottes Jiffy Kleinert (1923).

Le principe des langes, d'un linge en tissu destiné à séparer le fessier d'un habit (culotte, pantalons, dessous, etc.) pour en éviter la souillure remonte sans doute aux débuts des Temps modernes. Ce linge, fabriqué à partir de fibres de lin, était, une fois souillé, lavé et donc réutilisé. Cet usage va cohabiter à partir des années 1960 avec un nouveau produit, la couche-culotte jetable.

La couche-culotte spécifiquement destinée aux nourrissons apparaît en 1887 aux États-Unis, elle est due à Maria Allen, qui produit des couches insérées dans un vêtement. Une autre invention est celle de l'épingle à nourrice qui, produite en série à partir des années 1870-1880 permet de maintenir la couche sans risque de blesser l'enfant. En Europe et en Amérique du Nord, où cet usage se popularise, les matériaux utilisés sont désormais le coton et son dérivé de mousseline, ainsi que le papier de riz, fin, résistant et absorbant. Dans les années 1920, une marque comme I.B. Kleinert Rubber[1] produit pour toute l'Europe la gamme Jiffy qui comprend la couche en elle-même, insérée dans une culotte recouverte d'un matériau en caoutchouc permettant l'étanchéité et disposant d'une ceinture élastique. En français, l'expression apparaît dans le dictionnaire[2], dans son sens actuel, en 1929. On note également que sont proposées dans certains catalogues de vente britanniques dès les années 1930 des « couches-culottes jetables » à base de cellulose et de coton, par exemple chez Robinsons and Sons (of Chesterfield)[3].

En 1944, Hugo Drangel, un employé de la société papetière suédoise, la Pauliström, crée la première couche contenant fibres et tissus recyclés ayant un pouvoir absorbant, sans toutefois convaincre : la matière une fois humide avait tendance à irriter la peau de l'enfant et à former des boules compactes et dures.

En 1949, Valerie Hunter Gordon (en) (1921-2016)[4], petite-fille de l'inventeur Sebastian Ziani de Ferranti, propose à la société Robinsons and Sons, le concept de la première couche-culotte jetable composée à partir de matériaux stérilisés et la gamme Paddi Pads est lancée dans la foulée. La gamme Paddi Pads est leader sur le marché mondial jusqu'en 1960. Elle comprend au départ des boutons à pression et des renforts en fibre de nylon pour le maintien, ainsi qu'une glissière pour l'épingle de sûreté : seul le pad (la serviette) en question est jetable, l'enveloppe-culotte est réutilisable. Une nouvelle gamme fut ensuite lancée dans les années 1950, totalement jetable.

Sur ce même principe, la gamme concurrente Pampers est lancée à grande échelle en 1961 en Amérique du Nord puis en Europe : en 1957, Victor Mills, un employé de Procter & Gamble, en jetait le principe. Les bandes adhésives ont remplacé les épingles de sûreté et les boutons pression dans les années 1970. En France, la gamme Peaudouce apparaît en 1971 mais les Frères Willot, qui rachetèrent la marque, avait proposé des couches en cellulose dès 1963.

Dans les années 1990, conscient du coût, du gaspillage de ressources et du volume de déchet généré par les couches-culottes jetables, des entreprises ont commencé à proposer des couches lavables.[réf. souhaitée]

Le marché des couches jetables a tendance à augmenter fortement en Chine depuis une vingtaine d'années.[réf. souhaitée]

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les couches-culottes sont prioritairement portées par les enfants en bas âge non entraînés à la propreté ou souffrant d'énurésie nocturne. Cependant, elles peuvent également être utilisées en cas de nécessité médicale chez les adultes souffrant d'incontinence, ou dans des circonstances particulières (par exemple dans des conditions extrêmes pour les astronautes).

L'utilisation de couche a principalement un but utilitaire, bien qu'il y ait quelques exceptions : des personnes telles que les infantilistes et les fétichistes des couche-culottes qui portent des couches par plaisir, confort, recherche émotionnelle ou gratification sexuelle.

Principaux fabricants[modifier | modifier le code]

Les principaux fabricants de couches-culottes jetables sont Procter & Gamble (Pampers), Kimberly Clark (Huggies) et Svenska Cellulosa Aktiebolaget (ex-Peaudouce, Lotus Baby). On retrouve également des fabricants en marque blanche à destination de la grande distribution qui les vendent sous leurs marques.

Couche-culotte lavable pour bébé.

Couches lavables[modifier | modifier le code]

Les couches lavables utilisées depuis les années 2000 sont constituées des éléments suivants :

  • la partie culotte est munie d'un revêtement imperméable. Elle peut être constituée de PUL (polyuréthane laminé) et d'élastiques à la taille et aux cuisses, ou de laine.
  • les absorbants ne se limitent pas aux langes en coton mais peuvent être en chanvre, microfibre, bambou. Ils peuvent être sous la forme de rectangle de la taille de l'entrejambe, ou d'un carré de tissu à plier.
  • un voile lavable ou jetable se place entre la partie absorbante et la peau du bébé, pour recueillir les selles.

Ces différents éléments peuvent être cousus ensemble (couches tout en un) ou séparés (couches tout en deux, tout en trois). Les manipulations pour préparer les couches et lors du change sont alors légèrement différentes : une couche tout en un aura été préparée à l'avance et se met sans manipulation lors du change. Si les parties imperméables et absorbantes sont séparées, il est possible d'utiliser plusieurs fois la culotte avant lavage, et de ne changer que l'absorbant.

Les couches lavables produisent peu de déchets par rapport à leurs homologues jetables. Selon l'Ademe[5],[6], les couches lavables peuvent toutefois avoir un impact écologique comparable à celui des couches jetables, principalement dû à l'étape de lavage, qui consomme de l'eau, de l'énergie et des détergents. Cet impact peut cependant être fortement réduit grâce à certaines "bonnes pratiques" d'utilisation (lavage à 60°C, séchage à l'air libre, réutilisation pour plusieurs enfants, etc.), qui rendent alors les couches lavables avantageuses par rapport à leurs analogues jetables.

Composition des modèles jetables[modifier | modifier le code]

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Les couches culottes jetables sont constituées de 4 strates de matériaux. Elles sont maintenues entre elles à l'aide de colles chimiques.

De l'intérieur vers l'extérieur : un textile non tissé, un rembourrage, des cristaux anhydres, un tissu extérieur.

Selon une étude de l'ANSES publiée en janvier 2019, qui ne précise pas quels modèles sont concernés, "des substances chimiques dangereuses" ont été retrouvées dans les couches vendues sur le marché français[7].

Vue éclatée de la couche-culotte avec de haut en bas : la pièce de textile non tissé en contact avec l'enfant, au milieu le rembourrage, à l'extérieur le film imperméable.

Textile non tissé[modifier | modifier le code]

La pièce en textile non tissé est faite à base de fibres synthétiques. En contact avec la peau du porteur, son but est d'améliorer le confort et de recueillir les selles et l'urine tout en drainant le liquide vers le rembourrage.

Rembourrage[modifier | modifier le code]

Le rembourrage est constitué de fibres de cellulose. Cette strate draine le liquide depuis la pièce en textile non tissé vers les cristaux anhydres. Le rembourrage évite le contact entre la peau et les cristaux transformés en gel sous l'action du liquide contenu dans l'urine et les selles.

Vue de détail du rembourrage.

Cristaux anhydres — gel[modifier | modifier le code]

Le troisième composant est le plus technologique : il s'agit de cristaux anhydres qui se transforment en gel une fois hydratés. La taille des cristaux secs est comprise entre celles des grains de sel de table et de sucre. Ils sont capables de retenir jusqu'à 400 fois leur masse en eau.

Film extérieur[modifier | modifier le code]

Le film extérieur est au contact des cristaux anhydres (ou du gel). Il est fabriqué en plastique.

Les accroches repositionnables et extensibles ainsi que les fronces permettent au change d'être au mieux ajusté (hanche, cuisses, aine) et garantissent l'imperméabilisation de la couche-culotte ainsi que son confort.

Le change est également pourvu d'un indicateur d'humidité, généralement une bande qui change de couleur, qui permet aux parents (ou soignants) de savoir si la couche est usagée sans avoir à l'ouvrir.

Certains modèles incorporent également une bande autocollante à l'extérieur pour maintenir la couche fermée une fois qu'elle a été changée.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La société américaine I. B. Kleinert Rubber a été fondée par Ralph Kleinert Guinzburg (1891-1957) : issu d'une famille de chimistes établie à New York, il découvrit durant la Première Guerre mondiale un procédé pour traiter le caoutchouc des masques à gaz et le rendre hermétique ; sa société, véritable multinationale, vendait des couches dans le monde entier.
  2. Définition du CNRTL, en ligne.
  3. (en) From Pill boxes to Bandages and Back Again The Robinson Story, 1839-2000, sur archives.org.
  4. Nécrologie de Valerie Hunter Gordon, The Telegraph, Londres, 20 octobre 2016.
  5. « Chiffres clés sur les couches lavables et jetables », (consulté le 12 avril 2018)
  6. « Impacts environnementaux des couches pour bébé », sur ademe.fr, (consulté le 5 avril 2019)
  7. ANSES, Sécurité des couches pour bébé, (lire en ligne), p. Conclusion page 129 et suivantes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]