Couche-culotte

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Couche-culotte jetable pour bébé.
Couche-culotte lavable pour bébé.

La couche-culotte est un produit conçu pour effectuer l'emmaillotement des enfants, en phase d'entraînement à la propreté, et remplacer les langes ([1]), qu'il faut devait plier, maintenir, laver. Elle peut être jetable ou réutilisable. Elle est constituée de deux parties distinctes :

  1. Une partie absorbante composée de cellulose et de gels chimiques pour les versions jetables et de tissus de coton, de bambou ou de chanvre pour les versions réutilisables.
  2. Une partie imperméable constituée de matériaux plastiques, ou pour les versions réutilisables de tissu enduit de polyuréthane, de polyester ou de laine vierge.

Les premières couches-culottes jetables furent commercialisées par le britannique Robinsons and Sons en 1950 avec la gamme Paddi Pad. Elles avaient la forme d'une alaise rectangulaire et possédaient des plis entre les jambes les rendant plus étanches à l'humidité. En 1961, Procter & Gamble, lance sa gamme Pampers, puis introduit la fixation adhésive de ses couches en 1972 et adopte le concept de la forme anatomique dès 1986.

Les couches-culottes sont prioritairement portées par les enfants non entraînés à la propreté ou souffrant d'énurésie nocturne.

Cependant, elles peuvent également servir chez les adultes souffrant d'incontinence ou durant certaines circonstances lorsque les toilettes ne sont pas disponibles. Cela inclut les personnes âgées souffrant d'un handicap mental et les gens travaillant dans des conditions extrêmes tels que les astronautes. Il n'est pas inhabituel pour les personnes de porter des couches après avoir souffert de certaines fuites. Les couches sont portées par nécessité et non pas par choix, bien qu'il y ait quelques exceptions : des personnes telles que les infantilistes et les fétichistes des couche-culottes qui portent des couches par plaisir, confort, recherche émotionnelle ou gratification sexuelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Unangenehme Vaterpflichten [Une tâche déplaisante pour le père] par Adriaen Brouwer (1631) : l'artiste montre un papa qui torche son enfant avec ses langes.
Publicité parue en France pour les couches-culottes Jiffy Kleinert (1923).

Le principe des langes, d'un linge en tissu destiné à séparer le fessier d'un habit (culotte, pantalons, dessous, etc.) pour en éviter la souillure remonte sans doute aux débuts des Temps modernes. Ce linge, fabriqué à partir de fibres de lin, était, une fois souillé, lavé et donc réutilisé. Cet usage va cohabiter à partir des années 1960 avec un nouveau produit, la couche-culotte jetable.

La couche-culotte spécifiquement destinée aux nourrissons apparaît en 1887 aux États-Unis, elle est due à Maria Allen, qui produit des couches insérées dans un vêtement. Une autre invention est celle de l'épingle à nourrice qui, produite en série à partir des années 1870-1880 permet de maintenir la couche sans risque de blesser l'enfant. En Europe et en Amérique du Nord, où cet usage se popularise, les matériaux utilisés sont désormais le coton et son dérivé de mousseline, ainsi que le papier de riz, fin, résistant et absorbant. Dans les années 1920, une marque comme I.B. Kleinert Rubber[1] produit pour toute l'Europe la gamme Jiffy qui comprend la couche en elle-même, insérée dans une culotte recouverte d'un matériau en caoutchouc permettant l'étanchéité et disposant d'une ceinture élastique. En français, l'expression apparaît dans le dictionnaire[2], dans son sens actuel, en 1929. On note également que sont proposées dans certains catalogues de vente britanniques dès les années 1930 des « couches-culottes jetables » à base de cellulose et de coton, par exemple chez Robinsons and Sons (of Chesterfield)[3].

En 1944, Hugo Drangel, un employé de la société papetière suédoise, la Pauliström, crée la première couche contenant fibres et tissus recyclés ayant un pouvoir absorbant, sans toutefois convaincre : la matière une fois humide avait tendance à irriter la peau de l'enfant et à former des boules compactes et dures.

En 1949, Valerie Hunter Gordon (en) (1921-2016)[4], petite-fille de l'inventeur Sebastian Ziani de Ferranti, propose à la société Robinsons and Sons, le concept de la première couche-culotte jetable composée à partir de matériaux stérilisés et la gamme Paddy Pads est lancée dans la foulée. La gamme Paddi Pads est leader sur le marché mondial jusqu'en 1960. Elle comprend au départ des boutons à pression et des renforts en fibre de nylon pour le maintien, ainsi qu'une glissière pour l'épingle de sûreté : seul le pad (la serviette) en question est jetable, l'enveloppe-culotte est réutilisable. Une nouvelle gamme fut ensuite lancée dans les années 1950, totalement jetable.

Sur ce même principe, la gamme concurrente Pampers est lancée à grande échelle en 1961 en Amérique du Nord puis en Europe : en 1957, Victor Mills, un employé de Procter & Gamble, en jetait le principe. Les bandes adhésives ont remplacé les épingles de sûreté et les boutons pression dans les années 1970. En France, la gamme Peaudouce apparaît en 1971 mais les Frères Willot, qui rachetèrent la marque, avait proposé des couches en cellulose dès 1963.

Dans les années 1990, conscient du coût, du gaspillage de ressources et du volume de déchet généré par les couches-culottes jetables, des entreprises ont commencé à proposer des couches lavables.

Le marché des couches jetables a tendance à augmenter fortement en Chine depuis une vingtaine d'années.

Couches lavables[modifier | modifier le code]

On peut voir l'émergence des couches lavables comme un retour aux langes, avec cependant les différences suivantes :

  • la partie culotte est munie d'un revêtement imperméable et d'élastiques, limitant les fuites ;
  • un voile lavable (généralement en polaire) ou jetable se place entre la partie absorbante et la peau du bébé, pour recueillir les selles ;
  • les couches ne nécessitent pas un pliage particulier ni d'épingle de sûreté, elles sont maintenues par des boutons pression ou des velcros ;
  • la plupart des foyers des pays industrialisés sont équipés d'une machine à laver ou ont accès à une laverie automatique ; par ailleurs, certains magasins fournissent un service de blanchisserie avec enlèvement et livraison à domicile ;
  • on utilise 24 couches lavables, avec un coût de 500 $ (lavage et voiles jetables compris) ;
  • on utilise 3 800 couches jetables soit un budget de 1 000 $.

Notons que cela représente plus de dix couches jetables par jour, ce qui semble excessif pour un seul enfant. Pour un enfant d'environ deux ans et en utilisant des couches de bonne qualité, on peut se limiter à trois ou quatre couches par jour sans problème, soit 1 460 couches par an.

Le magasin Dirty Diaper Laundry (magasin de Denver, Colorado) a comparé l'utilisation de couches jetables et de couches lavables en un an (valeur en 2013)[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La société américaine I. B. Kleinert Rubber a été fondée par Ralph Kleinert Guinzburg (1891-1957) : issu d'une famille de chimistes établie à New York, il découvrit durant la Première Guerre mondiale un procédé pour traiter le caoutchouc des masques à gaz et le rendre hermétique ; sa société, véritable multinationale, vendait des couches dans le monde entier.
  2. Définition du CNRTL, en ligne.
  3. (en) From Pill boxes to Bandages and Back Again The Robinson Story, 1839-2000, sur archives.org.
  4. Nécrologie de Valerie Hunter Gordon, The Telegraph, Londres, 20 octobre 2016.
  5. Dirty Diaper Laundry, article du 11 janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]