Consubstantiation

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Ne doit pas être confondu avec consubstantialité.

La consubstantiation est la doctrine protestante luthérienne par laquelle, lors de la Cène, le pain et le vin conservent leurs substances propres avec lesquelles coexistent les substances du corps et du sang du Christ. Cette notion, définie par Guillaume d’Occam ou Duns Scotus, fut reprise par Luther dans La Captivité babylonienne de l'Église en 1520[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Moyen Age[modifier | modifier le code]

Le concept de consubstantiation prit naissance lors de la controverse qui opposa Paschase Radbert et Ratramne de Corbie tous deux moines de l'abbaye de Corbie au IXe siècle. Dans son ouvrage, De corpore et sanguine Domini (Livre du corps et du sang du Seigneur), premier traité théologique sur l'eucharistie, Paschase Radbert défendit la théorie selon laquelle le pain et le vin consacrés étaient réellement le corps et le sang de Jésus. Par la consécration, il y avait mutation transubstantielle du pain et du vin qui devenaient présence spirituelle du corps historique du Christ. Ratramne de Corbie, dans son ouvrage, De corpore et sanguine Domini (Sur le corps et le sang du Seigneur), répondit à Paschase Radbert en prétendant que, lors de la consécration sacerdotale, le pain et le vin étaient des symboles mystiques offerts en mémoire du corps et du sang du Christ, conservant leur aspect extérieur tout en recelant une puissance divine que seule la foi conférait et permettait de connaître. Pour Ratramne, le pain et le vin ne se transformaient pas réellement en corps et en sang du Christ.

Le concile de Vercelli de 1050 ordonna qu'on brûlât l'ouvrage de Ratramne de Corbie et la théorie qu'il défendait fut également condamnée par l'Eglise catholique au synode de Latran de 1059.

Bien que mis à l'Index et condamné à être brûlé, le traité de Ratramne survécut. Les exemplaires de l'ouvrage qui échappèrent à la destruction circulèrent sous le manteau et servirent de base de réflexion aux Réformateurs protestants du XVIe siècle[2].

Epoque moderne[modifier | modifier le code]

En 1551, au Concile de Trente, les catholiques réaffirmèrent le dogme de la transsubstantiation dans le cadre de la Réforme catholique, basant leur réflexion sur Thomas d'Aquin et condamnèrent une nouvelle fois le dogme de la Consubstantiation.

En fait, Thomas d'Aquin popularisait une théorie d'Aristote : la « substance », invention d'Aristote quand il conteste son maître Platon. Platon considère que le réel est constitué du monde intelligible (monde des idées), dont le monde que nous connaissons et duquel nous faisons partie (monde sensible) est un pâle reflet. Au contraire, Aristote décrit un monde constitué de « choses ». Chacune de ces « choses » est définie par des propriétés accidentelles fixées sur une « substance » essentielle. En résumé, la substance est la réalité ultime.

Ulrich Zwingli contesta tant la position de Luther que la position catholique issue de l'Aquinate. Pour lui, la Cène commémore, dans la communauté rassemblée, le dernier repas de Jésus avec ses disciples qui nous rappelle tous les biens et grâces que Dieu nous a donnés par son fils Jésus-Christ. Il affirme que le Christ n'est pas corporellement présent dans le pain et le vin au moment de la communion mais qu'il est présent dans le cœur, l'esprit et la vie de ceux, rassemblés, qui les partagent. Cette présence réelle se déplace des espèces à l'assemblée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]