Conrad Poirier

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Conrad Poirier
Description de cette image, également commentée ci-après
Conrad Poirier en avril 1939.
Naissance
Montréal, Québec, Canada
Décès (à 55 ans)
Montréal-Ouest, Québec, Canada
Nationalité Drapeau du Canada Canada
Profession
Formation
Autodidacte
La rue Sainte-Catherine photographiée par Conrad Poirier en 1937

Conrad Poirier (né à Montréal le - mort le à Montréal-Ouest) est un photographe québécois, pionnier du photojournalisme au Québec[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Photographe autodidacte, Poirier commence sa carrière en 1932[2]. En février 1933, il obtient de la Canadian School of Electricity un diplôme de radio-technicien.[3] Il reçoit Grâce au Speed Graphic, un appareil qui utilise une pellicule 4 X 5, Poirier capte des images des événements sportifs et culturels de Montréal[1]. De plus, il photographie de nombreuses personnalités québécoises connues de l'époque[1]. Il est journaliste pigiste et vend ses photos aux grands quotidiens[2] : The Gazette, Montreal Standard, La Patrie, La Presse[1]. Ses clients se recrutent parmi une trentaine de maisons de presse tant francophones qu'anglophones au Canada[1].

La ville au quotidien[modifier | modifier le code]

Sur trente années de métier, il inscrit sur du papier argenté le rythme de la ville de Montréal, alors à l'époque la métropole du Canada[1]. Poirier est photographe de tous les événements mondains. Il est dans la rue, dans les gradins des arénas de hockey[4], au stade de Baseball, dans les meetings politiques électoraux, et ce sans les supports techniques du studio de photo[2]. Il cadre et enregistre sur pellicule la vitalité des montréalais dans leur vie quotidienne[1]. Les historiens d'art disent que Poirier fait de la photographie sociale avant l'heure[2]. La vision directe de l’œuvre de Poirier documente sur l'époque[1].

Son œuvre est préservée dans le fonds Conrad Poirier à BAnQ Vieux-Montréal. Bibliothèque et Archives nationales du Québec conserve ainsi plus de 23 460 photographies : 22 921 négatifs sur pellicule et 539 épreuves n&b en plus de textes écrits par Poirier lui-même et des coupures de presse[2]. Fait cocasse : vers la fin des années 1990, environ 1 000 négatifs attribués à Conrad Poirier sont retrouvés par un hasard à la Cinémathèque québécoise, ayant sans doute été égarés[2]. À la suite de l'identification des négatifs par des spécialistes, la Cinémathèque québécoise les donne aux Archives nationales du Québec, devenue Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Refus de la technique[modifier | modifier le code]

Au cours de ses trente années de carrière photographique, Conrad Poirier n'est pas un assidu des studios et des dernières innovations techniques[1]. Il possède sa chambre noire et utilise toujours le même appareil 4 X 5 muni d'un porte négatif unique[1]: Poirier doit donc toujours planifier ses prises de vue[1]. Mais il manipule avec aisance ce type d'appareil et même en devient un maître.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Les historiens d'art possèdent peu d'information sur sa vie personnelle, si ce n'est une réputation d'excentricité[2]. Chez lui à Montreal-ouest, il collectionne les films américains, les disques de jazz et les magazines populaires[1]. Il construit au grenier de sa maison de Montreal-ouest, une salle de projection où il invite des amis et des collègues photographes[1]. Grâce à son souci du classement[N 1], son œuvre photographique a pu être conservée[2].

Poirier semble avoir délaissé la photographie au cours des dernières années de sa vie. Souffrant d'obésité, il meurt dans la pauvreté et la misère humaine, le 12 janvier 1968 à Montréal-Ouest, à l'âge de 55 ans[2]. Son décès serait dû à une thrombose coronarienne athérosclérose[5].

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Les lieux de divertissement populaire des Montréalais (le Parc Belmont, le Stade Delorimier, les foules du Forum de Montréal, les soirées au chalet de la Montagne sur le Mont-Royal, les plages publiques de l'Île Sainte-Hélène et de Ville Lasalle), font l'objet de plusieurs reportages photographiques de Poirier dans lesquels il se mérite de nombreux prix[1]: Grand prix national Canadien, Prix de la Presse Canadienne, Prix de l'association des photographes du Canada[2].

À l'hiver 2019, une exposition hommage au travail de Poirier est montée afin de souligner l'entrée au domaine public de son travail[6]. Cette exposition photo est sous licence CC0 et peut donc être reprise gratuitement de par le monde. Le photojournaliste Jacques Nadeau a souligné la qualité de cette exposition[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Poirier collectionne soigneusement tous ses négatifs classés dans des enveloppes bien identifiés avec des notes sur chaque événement. Source de référence: Archives nationales du Québec et Michel Lessard, Montréal au XXe siècle, regards de photographes

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m et n (fr) Michel Lessard et collectif d'auteurs, Montréal au XXe siècle, regards de photographes, Éditions de l'Homme, Montréal 1995, 335 pages, (ISBN 978-2761912389)
  2. a b c d e f g h i j et k (fr) Archives Nationales du Québec
  3. « Friends and Family. Radio Diploma », sur BAnQ numérique, (consulté le 19 janvier 2019)
  4. (en) The Early And Rare Canadiens Photography Of Conrad Poirier
  5. « Procès-verbal du coroner » (1968) [Papier]. Fonds : Cour des sessions de la paix; Série : Greffe de Montréal; Sous-série : Enquêtes du coroner; Cote : TP12,S2,SS26,SSS1 Dossier 208. Montréal : BAnQ Vieux-Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. (présentation en ligne)
  6. Jean-François Nadeau, « Hommage à Conrad Poirier, pionnier du photojournalisme au Québec », sur Le Devoir, (consulté le 3 juillet 2019)
  7. Louis-Philippe Ouimet, « Conrad Poirier, un pionnier du photojournalisme », sur Radio-Canada, (consulté le 3 juillet 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.:

  • (fr) Michel Lessard, et collectif d'auteurs, Montréal au XXe siècle, regards de photographes, Éditions de l'Homme, Montréal 1995, 335 pages.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Conrad Poirier, Le Montréal des années '40, Ministère des affaires culturelles, Archives nationales du Québec, 1988, 23 pages.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Consultation du Fonds Conrad Poirier (P48), Bibliothèque et Archives nationales du Québec .Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]