Composition de l'Église catholique
La composition de l’Église catholique désigne l'ensemble des Églises qui forment l'Église catholique. Cet ensemble est placé sous l'autorité d'un chef spirituel, le pape, considéré comme le successeur de l'apôtre Pierre et le vicaire du Christ sur Terre.
L’Église catholique se conçoit comme une communion de 24 Églises dites sui iuris : une Église d’Occident, appelée Église latine, et vingt-trois Églises orientales. L’Église latine, de rite principalement romain, regroupe la très grande majorité des fidèles (environ 1,2 milliard), tandis que les Églises orientales, elles aussi en pleine communion avec l'évêque de Rome mais conservant leurs traditions propres, rassemblent environ 18 millions de croyants[1].
Chacune de ces Églises suit sa propre tradition liturgique, appelée rite, le plus répandu étant le rite romain au sein de l’Église latine. Le nom officiel employé par l’Église elle-même est « Église catholique ».
Composition
[modifier | modifier le code]L'Église catholique, structurée sous l'autorité du pape, est tout entière romaine. Elle se compose de deux branches : l'Église latine et les Églises catholiques orientales. L'adjectif oriental ne s'oppose pas à romain, mais à latin.
L'Église catholique d'Occident
[modifier | modifier le code]L'Église catholique d'Occident, ou Église latine, se caractérise par l'usage de rites latins. Alors que, jusqu'au concile de Trente, « la variété des usages et des rites diocésains est sans limites »[2], la tendance est ensuite à une forte uniformisation au profit du seul rite romain.
L'Église d'Occident a commencé et poursuivi à travers vingt et un conciles[N 1] son évolution doctrinale, administrative et juridique à partir de sa séparation d'avec l'Église d'Orient (restée fidèle aux sept conciles œcuméniques[N 2]), séparation qui fut concrétisée lors des excommunications et anathèmes réciproques de 1054.
Avec l'expansion des pays occidentaux à travers le monde, et principalement des grandes puissances coloniales que furent l'Espagne et le Portugal dès le XVIe siècle, dans tout le continent sud-américain, l'Asie (Philippines, Indes), l'Afrique, suivis au XIXe siècle par les Français (missions d'Afrique et d'Indochine) et les Belges dans l'Afrique, l'Église catholique est devenue la confession chrétienne la plus importante en nombre de fidèles.
Les Églises catholiques orientales
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Les Églises catholiques orientales font pleinement partie de l'Église catholique. Elles se caractérisent par le fait de suivre un rite oriental, ce qui les distingue du rite latin qui est largement majoritaire au sein du catholicisme.
Elles sont définies comme étant :
- Église maronite : elle ne s'est jamais désunie de Rome, mais a confirmé son attachement au pape lors du XIIe siècle (croisades).
- Église catholique arménienne union à Rome, 1740.
- Église catholique byzantine, union à Rome, 1924
- Église catholique chaldéenne, union à Rome, 1830.
- Église catholique copte, union à Rome, 1895.
- Église catholique éthiopienne, union à Rome, 1961
- Église catholique érythréenne, union à Rome, 2015
- Église catholique syriaque, 1662, puis 1783
- Église catholique syro-malabare, union à Rome 1599.
- Église catholique syro-malankare, union à Rome, 1930.
- Églises gréco-catholiques, indépendantes entre elles car autocéphales, elles ont en commun la liturgie byzantine :
- Église grecque-catholique albanaise, union à Rome, 1939.
- Église grecque-catholique biélorusse
- Église grecque-catholique bulgare
- Église grecque-catholique hellène, union à Rome, 1911.
- Église grecque-catholique hongroise
- Église grecque-catholique italo-albanaise
- Église grecque-catholique italo-grecque
- Église grecque-catholique macédonienne
- Église grecque-catholique melkite, union à Rome, 1724.
- Église grecque-catholique roumaine, union à Rome, 1698.
- Église grecque-catholique russe, union à Rome, 1908.
- Église grecque-catholique slovaque
- Église grecque-catholique tchèque
- Église grecque-catholique ukrainienne, union à Rome 1595-1596[3].
Appellation
[modifier | modifier le code]Le terme catholique vient du latin catholicus, lui-même emprunté au grec καθολικός (katholikós), qui signifie « universel » ou, plus précisément, « destiné au monde entier ».
Le Vatican emploie parfois, mais rarement, l'appellation « Église catholique, apostolique et romaine »[4]. Le plus souvent, elle se qualifie simplement d'« Église catholique » ou encore d'« Église universelle ». Le nom « Église catholique » est l'appellation utilisée, par exemple, dans le Catéchisme de l'Église catholique et le Code de droit canonique[5].
L’expression « Église catholique, apostolique et romaine » est utilisée dans un contexte protestant, notamment depuis la Réforme anglicane, ou bien pour la distinguer d’autres confessions se disant « catholiques »[6],[7],[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Aux sept conciles œcuméniques fondant la foi chrétienne, l'Église d'Occident en a ajouté quatorze concernant la foi, la doctrine et la discipline. Ces quatorze conciles supplémentaires, auxquels ne participèrent plus l'ensemble des chrétiens, et qui de ce fait, selon les autres Églises, ne sont que des synodes de l'Église latine, et ne peuvent porter le titre d'œcuméniques, sont : Latran I, 1123, Latran II, 1139, Latran III, 1179, Latran IV, 1215, Lyon I, 1245, Lyon II, 1274, Vienne, 1311-1312, Constance, 1414-1418, Florence, 1438-1439, Latran V, 1512-1517, Trente, 1545-1563, Vatican I, 1869-1870, Vatican II, 1962-1965.
- ↑ Les sept conciles œcuméniques sont : Premier concile de Nicée, Premier concile de Constantinople, Concile d'Éphèse, Concile de Chalcédoine, Deuxième concile de Constantinople, Troisième concile de Constantinople, Deuxième concile de Nicée.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Aleteia Brésil, « Le saviez-vous ? L’Église catholique est composée de 24 Églises autonomes ! », sur Aleteia, Aleteia SAS, (consulté le ).
- ↑ N.-M. Denis-Boulet, L'Église en prière, , p. 299-305, ici p. 303.
- ↑ « Les 24 Églises de l’Église catholique », sur Croyances & Villes, (consulté le )
- ↑ Voir par exemple Pie XI, « Chirographe au Cal Pompili », (consulté le ) ou Jean-Paul II, « Discours aux catholiques de France », (consulté le ).
- ↑ « Code de droit canonique » (consulté le ), canon 368.
- ↑ René Luneau, Parole et silences du Synode africain (1989-1995), Paris, Karthala, , p. 116.
- ↑ Robert Amiet, La Veillée pascale dans l’Église latine, t. 1 : Le Rite romain, histoire et liturgie, Paris, Cerf, coll. « Liturgie » (no 11), .
- ↑ Émile Jombart (S.J.), Manuel de droit canon, Toulouse, , p. 67.