Composition de l'Église catholique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cet article traite de la communauté qui forme l'Église catholique en tant qu'institution. Pour la définition et le fonctionnement de cette institution, voir Église catholique. Pour l'assemblée des croyants en communion avec le pape et les évêques, voir Catholicisme. Pour les aspects historiques, voir Histoire de l'Église catholique.

La composition de l'Église catholique est strictement romaine. L'Église catholique, hiérarchisée dans sa structure, a en effet un seul chef spirituel : le pape, considéré comme le « vicaire du Christ sur Terre » et le « successeur de Pierre ». Le pape est traditionnellement l'évêque de Rome.

Elle se subdivise en deux ensembles : l'Église catholique d'Occident, dite aussi « Église latine[1] », dans laquelle le rite ou rituel romain[2] est d'usage majoritaire[3], qui compte environ un milliard de fidèles ; et les Églises catholiques orientales (dont les Églises grecques-catholiques), qui rassemblent en tout quelques millions de fidèles.

Définition[modifier | modifier le code]

Appellation[modifier | modifier le code]

Le terme catholique vient du latin catholicus, lui-même emprunté au grec καθολικός (katholikos), qui signifie « universel » ou, plus précisément, « destiné au monde entier ».

Le nom est « Église catholique, apostolique et romaine »[4] depuis la fin du XVIe siècle, lorsque le pouvoir politique a organisé la pluralité religieuse. En 1595, l'édit de Nantes reconnaissait deux religions : la « Religion catholique, apostolique et romaine » et la « Religion prétendue réformée », c'est-à-dire le protestantisme[5]. C'est sous cette désignation qu'elle est reconnue comme religion officielle dans la constitution de certains pays comme Malte[6] et l'Argentine[7] ou est mentionnée dans le droit des cultes à Madagascar[8].

Le Vatican emploie parfois l'appellation « Église catholique, apostolique et romaine » [9] mais, le plus souvent, se qualifie simplement d'« Église catholique » ou encore d'« Église universelle ».

L'autodéfinition de l'Église catholique est « une, sainte, catholique et apostolique » selon les quatre notes de l'Église qui figurent dans le symbole de Nicée.

Plusieurs confessions portent l'épithète de « catholique » alors qu'elles n'appartiennent pas à l'Église catholique romaine[10].

Les rites catholiques[modifier | modifier le code]

Le Catéchisme de l'Église catholique indique, à la section 1203, que « les traditions liturgiques, ou rites, actuellement en usage dans l’Église sont le rite latin (principalement le rite romain, mais aussi les rites de certaines Églises locales comme le rite ambrosien, ou de certains ordres religieux) et les rites byzantin, alexandrin ou copte, syriaque, arménien, maronite et chaldéen. Obéissant fidèlement à la tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières (SC 4)[11] ».

Elle comprend plusieurs traditions liturgiques et plusieurs rites. À l'Église occidentale historique, principalement de rite romain (ou plus rarement mozarabe, ambrosien et de Braga), se sont jointes diverses communautés chrétiennes orientales à partir du XVIIe siècle et surtout aux XIXe et XXe siècles. Celles-ci ont conservé leurs rites et liturgies d'origine : gréco-byzantine, copte, abyssine, arménienne, araméenne, chaldéenne, syro-malabare... Ces Églises sont dites sui iuris : elles possèdent leur « droit propre » dans le cadre du Code des canons des Églises orientales promulgué par le pape en 1990 et jouissent d'une certaine autonomie. Par exemple, les patriarches sont élus par le Synode des Églises patriarcales catholiques, et le pape est seulement informé. Leurs dignitaires ont rang de cardinal.

À ces différents rites, s'ajoute, depuis 1980, l'usage anglican qui est une forme particulière du rite latin utilisée par d'anciennes paroisses anglicanes entrées en communion avec Rome, notamment au Canada et aux États-Unis.

Composition[modifier | modifier le code]

Église latine[modifier | modifier le code]

L'Église catholique d'Occident, ou Église latine, se caractérise par l'usage de rites latins. Alors que, jusqu'au concile de Trente, « la variété des usages et des rites diocésains est sans limites »[12], la tendance est ensuite à une forte uniformisation au profit du seul rite romain.

L'Église d'Occident a commencé et poursuivi à travers vingt et un conciles[13] son évolution doctrinale, administrative et juridique à partir de sa séparation d'avec l'Église d'Orient (restée fidèle aux sept conciles œcuméniques[14]), séparation qui fut concrétisée lors des excommunications et anathèmes réciproques de 1054.

Avec l'expansion des pays occidentaux à travers le monde, et principalement des grandes puissances coloniales que furent l'Espagne et le Portugal dès le XVIe siècle, dans tout le continent sud-américain, l'Asie (Philippines, Indes), l'Afrique, suivis au XIXe siècle par les Français (missions d'Afrique et d'Indochine) et les Belges dans l'Afrique, l'Église catholique est devenue la confession chrétienne la plus importante en nombre de fidèles.

Églises catholiques orientales[modifier | modifier le code]

Patriarche et évêques maronites à Rome (1906)

Les Églises catholiques orientales font pleinement partie de l'Église catholique. Elles se caractérisent par le fait de suivre un rite oriental, ce qui les distingue du rite latin qui est largement majoritaire au sein du catholicisme.

Elles sont définies comme étant :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucius Ferraris, Prompta bibliotheca canonica, juridica, moralis, theologica … , tomus VII, Paris, Migne, Col. 22 : "RITUS. Super ritibus Ecclesiae, eorumque observantia haec, quae sequuntur, praestat adnotare : Ritus Latinus semel a quocunque susceptus deseri amplius non potest". (Trad: "Rites. Au sujet des rites de l'Église et de leur observance, il y a lieu de prendre note de ce qui suit : Lorsque le rite latin a pour une fois été adopté par quelqu'un, il ne peut plus par la suite être abandonné." ; et : Charles Walker, The server’s handbook, London, 1871, p. 15 : "Ritus Latinus Ecclesiae Romanae" (Trad. : "Le rite latin de l'Église romaine") ; et : Benedicti Papae XIV, De Synodo dioecesana libri tredecim, tomus I, Ferrare, 1764, p. 329 : "quoad regnum Cypri, in quo praevalere inceperat ritus Latinus ob multitudinem Latinorum Antistitum ibidem degentium : ut enim idem ritus per totum regnum propagaretur". (Trad. : "en ce qui concerne le royaume de Chypre dans lequel le rite latin commençait à prévaloir à cause du grand nombre d'évêques latins qui s'y trouvaient, de sorte que ce même rite se propageait à travers tout le royaume" ; et : Gabriel Antoine, Theologia moralis universa, tome I, Venise, 1778 p. 178 : "Primum quod Latinus ritus sit Sanctae Romanae Ecclesiae, quae omnium Ecclesiarum est Mater atque Magistra". (Trad. : "Premièrement parce que le rite latin est celui de la Sainte Église romaine, qui est la mère et l'institutrice de toutes les Églises"). Toutefois, comme le fait remarquer René Luneau, on assiste actuellement à un remplacement du mot rite latin, d'usage officiel depuis toujours, par celui de rite romain: René Luneau, Paroles et silences du Synode africain (1989-1995), p. 116. De même, il remarque : « La fréquente substitution du "rite romain" au "rite latin" fait croire facilement que dès lors qu'on appartient à l'Église catholique romaine, on appartient aussi à l'Église latine".
  2. Robert Amiet, La Veillée pascale dans l'Église latine. T 1. Le Rite romain, histoire et liturgie, coll. « Liturgie », n° 11, Paris, Cerf, 1999.
  3. Émile Jombart, S. J., Manuel de droit canon, Toulouse, 1958, p. 67 : "Aujourd’hui le rite latin s’identifie à peu près avec le rite romain ; il comporte toutefois quelques variétés secondaires : rites mozarabe, milanais, lyonnais, des Carmes, des Dominicains, des Chartreux. Au contraire les Églises orientales présentent plusieurs rites nettement différenciés…".
  4. Régis Burnet, Catholicisme 'in Encyclopædia Universalis'
  5. Edit de Nantes sur Wikisource
  6. Assemblée parlementaire européenne, Documents De Séance: Session Ordinaire De 2007 (Troisieme Partie), 25-29 juin 2007 (lire en ligne), « État, religion, laïcité et droits de l'homme », p. 253
  7. Constitution de l'Argentine Art. 2º.- El Gobierno federal sostiene el culto católico apostólico romano.
  8. Ordonnance N° 62-117 relative au régime des cultes
  9. Voir par exemple Chirographe au Cal Pompili de Pie XI] ou le Discours du pape Jean-Paul II aux catholiques de France
  10. Il s'agit surtout des Églises dites « vieilles-catholiques », regroupées au sein de l’Union catholique internationale d'Utrecht à partir de 1870 : Église vieille-catholique ou Église catholique-chrétienne, Église vieille-catholique romaine et Église polonaise-catholique. Par ailleurs, divers mouvements religieux ou sectes d'inspiration fondamentaliste ou théosophique utilisent cet adjectif pour se définir : Église catholique apostolique du Brésil, Église catholique apostolique évangélique lusitanienne, Église catholique libérale, Église catholique apostolique, entre autres.
  11. Catéchisme de l'Église catholique, texte français en ligne.
  12. (N.-M. Denis-Boulet, dans L'Église en prière, 1961, p. 299-305, ici p. 303)
  13. Aux sept conciles œcuméniques fondant la foi chrétienne, l'Église d'Occident en a ajouté quatorze concernant la foi, la doctrine et la discipline. Ces quatorze conciles supplémentaires, auxquels ne participèrent plus l'ensemble des chrétiens, et qui de ce fait, selon les autres Églises, ne sont que des synodes de l'Église latine, et ne peuvent porter le titre d'œcuméniques, sont : Latran I, 1123, Latran II, 1139, Latran III, 1179, Latran IV, 1215, Lyon I, 1245, Lyon II, 1274, Vienne, 1311-1312, Constance, 1414-1418, Florence, 1438-1439, Latran V, 1512-1517, Trente, 1545-1563, Vatican I, 1869-1870, Vatican II, 1962-1965.
  14. Les sept conciles œcuméniques sont : Premier concile de Nicée, Premier concile de Constantinople, Concile d'Éphèse, Concile de Chalcédoine, Deuxième concile de Constantinople, Troisième concile de Constantinople, Deuxième concile de Nicée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]