Église catholique-apostolique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'Église catholique-apostolique (Catholic Apostolic Church) est une dénomination religieuse qui unit divers éléments chrétiens, issue d'un mouvement millénariste britannique datant du début du XIXe siècle. Organisée en 1835 sous la direction d'Edward Irving, elle porte parfois le nom d'irvingienne. Depuis les années 1970, elle n'a plus d'évêques, de prêtres ni de diacres.

En France, son patrimoine immobilier est géré par l'Association des chapelles catholiques et apostoliques.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancienne église catholique-apostolique de Stockholm, construite en 1889-1890. Depuis les années 1970, l'édifice est administré par l'Église orthodoxe grecque.

Au début du XIXe siècle, quelques chrétiens de différentes dénominations britanniques se réunissent pour prier en demandant une effusion du Saint-Esprit et le retour du Christ. À partir de 1826, ils se rassemblent autour du banquier londonien Henry Drummond (1786-1860) lors d'une retraite annuelle de prière pour le renouvellement des dons du Saint-Esprit, dans la propriété du banquier à Albury Park (Surrey). Vers 1830, divers dons, notamment les dons de prophétie, du parler en langues et de guérison, se seraient manifestés parmi les fidèles en Angleterre et en Écosse.

À la même époque, Edward Irving (1792-1834), ancien professeur et pasteur presbytérien de la paroisse écossaise de Londres, publie en 1826 un ouvrage intitulé Babylone et l'incrédulité devant les prophéties de Dieu. Il prêche régulièrement sur le retour du Christ, en demandant les dons de l'Esprit comme dans le livre des Actes des Apôtres. Comme Irving autorise la pratique libre de ces dons, il est exclu de l'Église écossaise le 2 mai 1832. Il se voit obligé de louer une salle dans Newman Street, à Londres, afin de pouvoir continuer ses réunions.

Le premier des douze nouveaux « apôtres », John Cardale, est désigné par "révélation prophétique" le 31 octobre 1832, suivi de onze compagnons les trois années suivantes. Cardale consacre Irving l'année suivante comme « ange » (c'est-à-dire évêque) de leur paroisse centrale de Londres. Le 17 juillet 1834, le Collège des apôtres est au complet. Ils divisent la terre en plusieurs parties à évangéliser et les nomment selon les douze tribus d'Israël. Ils envoient des messages nommés Testimonium à tous les chefs d'Église et à de nombreux chefs d'État en 1838.

Pendant les années suivantes les disciples fondent plusieurs paroisses en Angleterre et en Allemagne mais aussi dans d'autres pays européens. La dîme est établie comme expression de la volonté de Dieu. De même l'imposition des mains par les apôtres est reconnue comme Saint-Scellé, l'onction des malades et l'eau bénite à l'entrée du lieu de culte comme symbole de la grâce du baptême.

Irving meurt le 8 décembre 1834. À partir de 1855, les premiers disciples commencent à mourir sans avoir vu le retour du Seigneur. En 1860, seulement six apôtres sont encore en vie. En 1879, tous ont disparu, à l'exception du dernier, Francis Valentine Woodhouse, qui meurt le 3 février 1901, à l'âge de 96 ans. Étant donné que seul le Seigneur peut désigner des apôtres et que seuls ces apôtres peuvent ordonner des ministres du culte, l'Église catholique-apostolique n'a plus ni apôtres ni ministres ordonnés. Depuis cette époque, elle s'estime dans le « temps du silence ». Le nombre de ses fidèles va alors décroissant[1].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Le dernier évêque de l'Église catholique-apostolique est mort à Siegen (Allemagne) en 1960 ; le dernier prêtre, à Londres en 1971 ; le dernier diacre, à Melbourne en 1972.

La dernière congrégation active au Royaume-Uni se réunit une fois par semaine dans son église de Maida Avenue, près de la gare de Paddington, dans une quasi-absence de liturgie puisqu'il n'existe plus de ministre du culte. L'autre grand édifice londonien, la « cathédrale » de Christ the King à Gordon Square (Bloomsbury), est affecté à l'aumônerie anglicane de l'University of London depuis le début des années 1960. La chapelle des débuts, à Albur, appartient toujours à l'Église mais n'est plus utilisée.

Les fidèles se réunissent en petit nombre : en Allemagne, en Australie, en Autriche, au Canada, au Danemark, aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, en Irlande, aux Pays-Bas et en Suisse. Généralement, ils fréquentent les cultes protestants, puisqu'ils n'ont plus de ministres propres.

En France, ils ont eu trois lieux de culte : l'église Sainte-Rita de Paris dans le 15e arrondissement (jusque dans les années 1980), Montigny-en-Cambrésis et Strasbourg. Ne pouvant administrer les sacrements, ils se réunissent pour prier et écouter la lecture de la Bible. Le sous-diacre, vêtu d'une soutane noire et d'un surplis blanc, lit des textes bibliques ; puis on chante des psaumes et on écoute une homélie.

Dissidences[modifier | modifier le code]

Une dissidence se manifeste en 1863 avec le prophète allemand Heinrich Geyer, qui révèle un nouvel apôtre à Königsberg. Il n'est pas reconnu par les apôtres anglais. Geyer et ses fidèles, exclus de l'Église, fondent la Mission générale apostolique chrétienne. En 1878, l'évêque F. W. Schwartz, de la paroisse de Hambourg, s'oppose à Geyer et fonde un nouveau mouvement qui mène à la création de l'Église néo-apostolique[2]. Les dissidences qui se sont produites depuis lors au sein de cette dernière ne sont pas non plus reconnues par l'Église catholique-apostolique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]