Col de la Croix Fry
| Col de la Croix Fry | ||||
Col de la Croix Fry lors de la Time Megève Mont Blanc 2016. | ||||
| Altitude | 1 467 m[1] | |||
|---|---|---|---|---|
| Massif | Chaîne des Aravis (Alpes) | |||
| Coordonnées | 45° 52′ 38″ nord, 6° 24′ 16″ est[1] | |||
| Pays | ||||
| Vallée | Vallée de Manigod (sud-ouest) | Vallée du Nom (nord-est) | ||
| Ascension depuis | Thônes | Saint-Jean-de-Sixt | ||
| Déclivité moy. | 6,6 % | 4,9 % | ||
| Déclivité max. | 12,5 % | 10 % | ||
| Kilométrage | 12,8 km | 10,3 km | ||
| Accès | D 16 | D 16 | ||
| Fermeture hivernale | non | |||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
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Le col de la Croix Fry est un col de montagne routier à 1 467 m d'altitude, dans la chaîne des Aravis, dans les Alpes. Il est situé dans le département de la Haute-Savoie et relie Manigod à La Clusaz. Le col est rallié et franchi par la route départementale 16.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Crux Ferit[a] devient Croix-Fry[2],[b].
Géographie
[modifier | modifier le code]Le col se trouve entre le plateau de Beauregard au nord-ouest et la tête de Cabeau au sud-est.
Station de ski
[modifier | modifier le code]Développement d'une petite station de sports d'hiver autour de deux domaines skiables :
Menhir de la Croix-Fry
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Au col se trouve une pierre levée[5], dite « menhir de la Croix-Fry ». Elle était initialement située plus bas[c]et fut déplacée dans les années 1950 et laissée brisée à l'abandon dans l'herbe d'un marais. Elle a été restaurée et sauvée par les frères des écoles chrétiennes, avec les mots Croix Fry suivis de Crux Ferit[a] gravés sur une pierre du socle.
Il s'agit d'une pierre levée vieille de plusieurs milliers d'années. C'est le plus ancien monument créé par l'homme sur tout le massif des Aravis. Cette pierre était certainement vénérée par les druides à l'époque celtique car, à l'époque où le christianisme s'est imposé, une croix grossière a été gravée sur chacune de ses quatre faces[d]. Cependant, selon la légende, les croix auraient été gravées par la crosse de saint François de Sales lorsqu'il l'a bénie lors de son passage le 11 octobre 1607[2].
Cyclisme
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Passages du Tour de France
[modifier | modifier le code]Le Tour de France est passé six fois par le col, chaque fois classé en 1re catégorie. Voici les coureurs qui ont franchi les premiers le col[7] :
- 1994 : Piotr Ugrumov
Lettonie - 1997 : Laurent Jalabert
France - 2004 : Floyd Landis
États-Unis - 2013 : Rui Costa
Portugal - 2018 : Rudy Molard
France - 2023 : Giulio Ciccone
Italie
Critérium du Dauphiné
[modifier | modifier le code]Son ascension, classée encore en 1re catégorie, est au programme de la 7e étape du critérium du Dauphiné 2020.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- Le dictionnaire latin-français Gaffiot traduit l'inscription latine Crux Ferit — (la) « crux, ŭcis, f. », (la) « fĕrĭō, īre, tr. » — par la Croix frappe, au sens de frapper l'adversaire, battre une monnaie (Cf. étymologie de l'expression « sans coup férir »).
- ↑ Le col est orthographié Croix-Fry[2] par Sylvain Vittoz en 1852, du temps du duché de Savoie. Le menhir de la Croix-Fry est le monument de la Croix-Férit[3] des promenades du baron Achille Raverat de 1872, un texte repris mot pour mot[4] par Antony Dessaix en 1875 dans ses légendes de la Haute-Savoie : « À l'ombre d'un groupe de sapins noueux, tordus par les vents, se trouvent rassemblés trois gros quartiers de rocs, au milieu desquels surgit un bloc allongé, dont les quatre faces, grossièrement taillées, portent l'empreinte d'une croix gravée en creux. Ce monument, appelé la Croix-Férit ou la Pierre-Levée, servit, dit-on, aux cérémonies druidiques ». La Croix-Férit ne signifie en aucun cas la Pierre-Levée mais provient de Crux Ferit[a].
L'écho dont témoigne le baron Raverat : « Un écho sonore, véritable voix de la montagne, répète distinctement, à plusieurs reprises, les paroles que le curieux lui adresse ; l'effet en est surprenant : nous étions tenté de croire que, d'accord entre eux, notre fils et notre guide remplissaient ce rôle de perroquet » laisse entendre que le lieu d'érection du menhir ne tient pas au hasard. La bénédiction de saint François de Sales en 1607 annihile pour toujours les incantations millénaires des druides. - ↑ Dans les années 1950, le franchissement du col de la Croix Fry était repéré par une grande croix en bois — la croix de saint François de Sales — érigée à côté du menhir. Elle figure sur la carte IGN de 1950[6] entre Col de la Crx Fry et la cote 1 467, à proximité de la patte d'oie de trois sentiers menant l'un à Manigod, le second au plateau de Beauregard et le troisième à La Clusaz.
- ↑ Selon l'écrivain et historien Jacques Replat[réf. souhaitée].
Références
[modifier | modifier le code]Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Sylvain Vittoz, Mémoire sur les antiquités religieuses, civiles, politiques de Manigod, Annecy, Aimé Burdet, , 168 p. (lire en ligne), p. 128-131 lire en ligne sur Gallica.
- Achille Raverat, Haute-Savoie : promenades historiques, pittoresques et artistiques en Genevois, Sémine, Faucigny et Chablais, Lyon, l'auteur, , 694 p. (lire en ligne), chap. VI (« Les vallées de Thônes (bassin du Fier) »), p. 127-154 lire en ligne sur Gallica.
- Antony Dessaix, Légendes et traditions populaires de la Haute-Savoie : L'écho de la Croix-Férit, Annecy, Aimé Perrissin et Cie, (L'écho de la Croix-Férit sur Google Livres).
- Joseph Désormaux, « Chronique de toponymie : IV Savoie », Revue des Études Anciennes, t. 34, , p. 413 (lire en ligne) Pour l'origine et l'étymologie de Croix-Fry, l'auteur renvoie à « Une pierre christianisée en Haute-Savoie », un article du colonel André Constantin de 1926 dans la revue Rhodania : Association des Préhistoriens, des archéologues classiques et des numismates du bassin du Rhône..
Liens externes
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