Claudius de Cap Blanc

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Claudius de Cap Blanc
Claudius-portrait.jpg
Naissance
(66 ans)
Oust
Nom de naissance
Jean-Claude Lagarde

Claudius de Cap Blanc, pseudonyme de Jean-Claude Lagarde[1], né le à Oust est un sculpteur français.

Il se présente comme « vulvographiste », ou « vulvograffeur »[1], c'est-à-dire comme dessinateur de vulves.

Biographie[modifier | modifier le code]

Claudius de Cap Blanc est né le à Oust dans le département de l'Ariège[2], dans une famille paysanne où la vie était rude. Sa mère a eu dix enfants dont trois sont morts. Claudius dit être le « remplaceur » de son frère Jean-Claude, mort à 22 mois de gangrène, après être tombé dans une casserole de lait bouillant. Il déclare : « Ma mère n'arrivait pas à s'en remettre, elle disait toujours le seul enfant que j'ai désiré, c'est toi, pour remplacer ton frère. J'ai l'impression que je vis un peu de la vie qu'il n'a pas eue[3] ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les œuvres de la première période (Art affabulatoire, 1994-2006) sont conservées au Mas d'Azil (Ariège) au musée de l'Affabuloscope, son musée privé, tandis que les œuvres postérieures (Vulvographie) se trouvent disséminées en divers points du département, notamment en moyenne et haute montagne, plusieurs milliers de vulves étant gravées sur le roc.

La démarche « affabulatoire » consiste à partir du constat que l'Histoire est lacunaire : beaucoup de choses — des possibles — auraient pu exister mais n'existent pas ; il s'agit de combler ces vides en inventant des personnages qui inventent « ce qui a oublié d'être ».

Les première œuvres (1994-1996) sont faites de pièces mobiles en bois et en métal avec des poulies, des manettes, des mécanismes parfois compliqués, comme le Redresseur de torts, L'Inverseur de tendance, le Frein à dépense, la Règle de conduite, le Réconciliateur, le Pèse-mot, le Semoir “à tout vent”, L'Arrondisseur d'angles, la Balance à peser le pour et le contre, L'Embouteilleur de nuages, la Machine à gommer le passé, L'Érotographe de Bouvier, la Machine à verser dans le tragiqueetc., sont accompagnées d'un historique renseignant sur l'inventeur supposé, l'époque de l'histoire où est replacé l'objet et sa fonction. Ce sont des « fragments d'histoire » qui bouchent les trous de l'Histoire en essayant de résoudre des problèmes que ni la religion, ni la philosophie, ni la science, ni la politique n'ont pu résoudre avec leurs moyens. Certaines œuvres sont teintées d'humour et de dérision tout en s'attaquant, pour certaines, à des problèmes cruciaux qui se posent à l'humanité depuis longtemps (L'Auto-aliénateur, L'Amidonnoir, Le Sèche-larme, Le Maïeutiqueur, La Roue à mouvement perpétuel, La Machine à joindre les deux bouts).

Les œuvres de la seconde période (1997-2006) se présentent sous forme de série. "Histoire de Larmes" compte 18 œuvres, chacune inventée par un "inventeur inventé" dont la biographie se déroule en textes et en objets à trois dimensions couvrant une période "historique" de trois siècles: 1653 (date de l'invention du premier sèche-larmes par un certain Philibert Jouanin) à 1953, date de la dernière invention par R. Cassignol. Ces inventeurs fictifs ont tous une biographie succincte qui les replace dans le contexte historique où ils sont sensés avoir œuvré. On peut notamment voir leur portrait, soit peint lorsqu'il s'agit des périodes anciennes, soit photographique pour les périodes plus récentes. Ces biographies comportent des détails historiques véridiques, amalgamés à la fable, ce qui rend ces "récits métahistoriques" vraisemblables. Le but de l'artiste étant de faire entrer le regardeur dans un univers particulier où l'on finit par y croire. La série des sèche-larmes de cette "épopée", ainsi qu'une collection de "larmes embouteillées" par les Chasseurs de larmes du XIXe siècle, sont exposés au Musée de l'Affabuloscope.

À partir de 2007 Claudius de Cap Blanc se consacre à la vulvographie, peinture et gravure sur les rochers et les arbres des Pyrénées ariégeoises et dans des lieux publics[4].

Le défaut d'autorisation lui vaudra d'être poursuivi en justice pour "dégradation" de biens. En 2013, "pour avoir exprimé, à plusieurs reprises, son art à un endroit inapproprié" (l'entrée de la grotte du Mas d'Azil) en geste de protestation "contre un projet d'art contemporain couteux pour le contribuable et qui, selon lui, défigurait la grotte", il est condamné à 2 mois de prison et 6 000  d'amende[5].

L'Affabuloscope[modifier | modifier le code]

Musée privé installé au Mas-d-Azil.

Radio[modifier | modifier le code]

Claudius de Cap Blanc a fait l'objet d'un documentaire radiophonique "Sur les Docks" de France Culture : Derrière le miroir, Claudius de Cap Blanc[6], diffusé le 15 octobre 2012. Productrice : Sophie Bocquillon. Réalisation : Jean-Claude Loiseau.

Film[modifier | modifier le code]

Claudius de Cap Blanc fait également l'objet d'un long-métrage documentaire, À l'aube du vulvolithique, tourné avant qu'il quitte l'Affabuloscope et montré pour la première fois à Lavelanet, fin juillet 2020, au cinéma Le Casino[7]. Fabrice Leroy, qui a réalisé ce film, a également fait un documentaire sonore d'une durée de 80 minutes, Dans les entrailles de l'Affabuloscope.

Télévisions[modifier | modifier le code]

- Eclats de rue, Antenne 2, 7 juillet 1994, n° de notice INA : CPB94006060

- TF1 20 heures, 19 juillet 1995, n° de notice INA : 0093983002043

- JT Toulouse Soir, France 3, 30 juillet 1995, n° de notice INA : TLC9503233928

- Vent Sud Pyrénées, France 3, 24 mai 1996, n° de notice INA : RBC08043597

- Alice Pyrénées France 3, 16 avril 1998, n° de notice INA : TL00001263607

- Vent Sud Pyrénées, France 3, 4 mai 1998, n° de notice INA : RBC08078723

- Demain c’est dimanche, Pyrénées, France 3, 19 septembre 1998, n° de notice INA : RBC08073472

- Magazine 12-14, France 3, 26 septembre 2001, n° de notice INA : TL00001292100

- JT Toulouse midi 15 minutes, Pyrénées, France 3, 2 décembre 2003, n° de notice INA : TL00001325496

- Les dossiers de France 3, Pyrénées, France 3, 18 décembre 2003, n° de notice INA : TL00001326542

- JT Toulouse midi, Pyrénées, France 3, 29 avril 2005, n° de notice INA : TL00001353260

- Midi pile Midi Pyrénées, Pyrénées, France 3, 10 janvier 2011, n° de notice INA : TL00001490689

- JT Toulouse soir, Pyrénées, France 3, 26 avril 2011, n° de notice INA : TL00001498034

- 12-13 édition Midi-Pyrénées, France 3, 28 avril 2016, n° de notice INA : G2035458_001_008

Publication[modifier | modifier le code]

  • Claudius de Cap Blanc Le Premier Testament des Mangphus, La Pâte-à-Histoires, Le Mas-d'Azil, 2017 (ISBN 978-2-37277-153-5).
  • Claudius de Cap Blanc, La Vulve et ses proscrits, La Pâte-à-Histoires, Le Carla-Bayle, 2018 (ISBN 978-2-9564989-4-0).
  • Claudius de Cap Blanc, L'ère vulvolithique, La Pâte-à-Histoires, Le Carla-Bayle, 2018 (ISBN 978-2-9564989-0-2).
  • Claudius de Cap Blanc, Le Signe de a Vulve, Les Affabulés, Le Mas d'Azil, 2019 (ISBN 978-2-9564989-7-1).

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Claudius de Cap-Blanc change de cap », sur ladepeche.fr (consulté le 28 juillet 2020)
  2. « Derrière le miroir (1/4) : "Claudius de Cap Blanc" », sur France Culture (consulté le 13 août 2020)
  3. AFP, « Claudius de Cap Blanc sème les vulves et la zizanie dans les Pyrénées », sur TAHITI Infos, les informations de Tahiti, (consulté le 3 août 2020)
  4. « Vulves Ariege Gravure vulve gravures Sexe rock rocher », sur fcorpet.free.fr (consulté le 17 août 2020)
  5. Mr Mondialisation, « Claudius, artiste français, a été emprisonné pour des graffitis militants », sur Mr Mondialisation, (consulté le 17 août 2020)
  6. « Derrière le miroir (1/4) : "Claudius de Cap Blanc" », sur France Culture (consulté le 14 août 2020)
  7. « bande-annonce », sur vimeo

Liens externes[modifier | modifier le code]