Claude Alexandre de Bonneval

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Claude Alexandre de Bonneval
Humbaraci Ahmed Pacha
Mer. Le Comte de Bonneval, appelé en Turquie Ahmet Pacha, peint d’après nature par Liotard.
Mer. Le Comte de Bonneval, appelé en Turquie Ahmet Pacha, peint d’après nature par Liotard.

Naissance
Château de Coussac-Bonneval
Décès (à 71 ans)
Constantinople
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Grade Pacha (1730)
Années de service 16881747

Claude Alexandre, comte de Bonneval, né le 14 juillet 1675 au château de Coussac-Bonneval et mort le 23 mars 1747 à Constantinople, est un officier militaire français connu sous le nom Humbaraci Ahmed Pacha, après sa conversion à l’islam et son passage au service de l’Empire ottoman.

Biographie[modifier | modifier le code]

Descendant d’une vieille famille noble du Limousin issue de milites castri de la vicomté de Ségur, Bonneval intégra, à l’âge de treize ans, la marine française, qu’il servit avec distinction, sous Tourville dont il était parent, se distinguant aux batailles de Dieppe et de La Hogue et servit à Fleurus et Neerwinden sous François-Henri de Montmorency-Luxembourg. Après trois ans, il entra dans l’armée de terre sous Nicolas de Catinat et Louis-Joseph de Vendôme, où il obtint de commander un régiment, et donna des preuves de courage indomptable et d’une grande capacité militaire. Son attitude insolente vers le ministre de la guerre lui valut un passage en cour martiale en 1704. Disgracié par Michel Chamillart pour avoir offensé Madame de Maintenon, condamné à mort, il se sauva en fuyant vers l’Allemagne et passa au service de l’Autriche sous les ordres du prince Eugène. En 1706, il combattit contre sa patrie en Provence, en Dauphiné, à Turin, à Malplaquet.

L’influence du prince Eugène de Savoie lui permit d’obtenir le grade de général dans l’armée autrichienne, et combattit avec beaucoup de bravoure et de distinction contre la France, puis contre la Turquie. Membre du conseil aulique en 1715, il contribua à la victoire de Peterwardein sur les Turcs, où il fut grièvement blessé, et à la prise de Temeswar en 1716[1]. À l’extinction des poursuites engagées contre lui en France, il revint à Paris, où il épousa une fille du maréchal de Biron. Il revint, cependant, après une courte période, à l’armée autrichienne, et combattit avec distinction à Belgrade.

Portrait de Judith-Charlotte, comtesse de Bonneval, née Biron, par Roslin.

Il aurait pu atteindre le plus haut rang, s’il n’avait insulté le prince Eugène, dont il avait moqué la relation ambiguë avec la comtesse Eléonore de Batthyany-Strattmann[2]. Disgracié par le prince Eugène, qui l’envoya comme maitre d’artillerie aux Pays-Bas, où son caractère ingouvernable l’amena à une querelle avec le vice-gouverneur du prince aux Pays-Bas, le marquis de Prié, qui répondit à son défi en le plaçant à l’isolement. Une cour martiale l’ayant condamné à mort, l’empereur commua la condamnation à un an d’emprisonnement et à l’exil.

De retour à Vienne, dépouillé de son rang, ses titres et ses honneurs et exilé à Venise, Bonneval offrit, peu après sa libération, ses services au gouvernement turc. En 1730, il embrassa l’islam, prenant le nom d’Ahmed. Fait pacha, il fut affecté à l’organisation et au commandement de l’artillerie turque, où il a contribué à la défaite autrichienne à Niš et la fin subséquente de la guerre austro-ottomane marquée par le traité de Belgrade de 1739, où l’Autriche a perdu le nord de la Serbie avec Belgrade, la petite Valachie et les territoires du nord de la Bosnie.

Le château Caussac-Bonneval, lieu de naissance de Bonneval.

À Constantinople, il a rencontré le jeune Giacomo Casanova, alors officier de la marine vénitienne, où il était stationné. C’était également l’ami proche d’un mollah local très respecté, Ismaïl Pacha. Il a rendu de précieux services au sultan dans sa guerre contre la Russie et contre Nâdir Châh. Ayant reçu le gouvernorat de Chios en récompense, il encourut néanmoins bientôt les soupçons de la Porte, et fut un temps banni sur les rives de la Mer Noire. Il semble qu’il était prêt à repasser en Occident lorsqu’il mourut à Istanbul en mars 1747.

Il existe des Mémoires du comte de Bonneval qui ne sont pas authentiques. Sa famille existe toujours et est actuellement propriétaire du château de Coussac-Bonneval. Un de ses lointains descendants est le scénariste et dessinateur Gwen de Bonneval, qui publie à partir de 2012 une biographie en bande dessinée de son aïeul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t. 1, Ch. Delagrave, 1876, p. 3331.
  2. Mémoires du comte de Bonneval, Paris, Guyot Desherbier, 1806, t.  1, p. 246-247.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles de Ligne, Mémoire sur le comte de Bonneval, Paris, Hérissant Le Doux, 1817.
  • Albert Vandal, Le Pacha Bonneval, Paris, Cercle Saint-Simon, 1885.
  • Jacques Almira, La Fuite à Constantinople, ou La vie du comte de Bonneval, Paris, Mercure de France, 1986.
  • Gwen de Bonneval et Hugues Micol, série Bonneval Pacha, 3 tomes parus, Dargaud, 2012 - ?.
  • Jean-Claude Hauc in Aventuriers et libertins au siècle des Lumières, Les Éditions de Paris, 2009.

Sources[modifier | modifier le code]

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