Classique du football uruguayen

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Classique du football uruguayen
Généralités
Sport Football
Pays Drapeau de l'Uruguay Uruguay
Villes ou région Montevideo
Derby espagnol : Clásico del fútbol uruguayo
Statistiques
Nacional nuls Peñarol
Championnat 86 82 74
Copa Libertadores 13 15 10
Liguilla 12 4 6

Localisation des clubs
Géolocalisation sur la carte : Uruguay (administrative)

Le classique du football uruguayen (espagnol : Clásico del fútbol uruguayo) est le nom donné aux rencontres entre les deux équipes de football les plus populaires et les plus titrées d'Uruguay : le Nacional, créé en 1899 et le Peñarol, créé en 1891. Les deux clubs sont basés dans la capitale Montevideo.

Le Nacional évolue au stade Gran Parque Central et le Peñarol évolue au stade José Pedro Damiani puis au stade Centenario.

La rivalité entre les deux clubs est sociale et apparaît au début des années 1900 entre le Nacional et le Central Uruguay Railway Cricket Club (CURCC), l'ancêtre du Peñarol. Au fil du temps, une rivalité sportive s'installe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine de la rivalité[modifier | modifier le code]

La première confrontation entre Tricolores du Nacional et Aurinegros du CURCC date du , ce qui en fait la rivalité la plus ancienne du monde du football en dehors des Îles Britanniques.

Le CURCC est créé en 1891 par des employés et ouvriers majoritairement anglais de la compagnie de chemins de fer uruguayens. Le club a pour surnom Peñarol, du nom du quartier de Montevideo où est établi le siège de l'entreprise. Le football en Uruguay est dominé par les équipes composées d'étrangers et le Nacional est créé par la fusion de deux clubs d'étudiants à la suite de la nationalisation massive que connaît le pays au début du XXe siècle. Le Nacional est explicitement crée dans le but de concurrencer les équipes étrangères et orne les couleurs bleu, blanc et rouge en référence au drapeau de José Gervasio Artigas, militaire des Provinces-Unies du Río de la Plata et chef de file de l'indépendance de l'Uruguay.

Le CURCC est soutenu par les clases populaires et le Nacional par les universitaires de Montevideo[1] ce qui crée une rivalité à tendance sociale. Des articles de presse de 1908 rapportent que les clubs sont des « adversaires à jamais irréconciliables ».

Le , alors que le Nacional et le CURCC se sont affrontés une cinquantaine de fois, la section football du CURCC devient le CURCC Peñarol[2], et en mars 1914 le Club Atlético Peñarol. Il semble que le CURCC ait malgré tout conservé une section football récréative, coexistant avec le Club Atlético Peñarol jusqu'en 1915. Cette incertitude nourrit une polémique coutumière sur le doyenné du football uruguayen, entretenue par les dirigeants du Nacional[3].

1934 : Le clásico de la valise[modifier | modifier le code]

Le a lieu la finale du Championnat d'Uruguay de football 1933 entre les deux clubs. Le score est de zéro à zéro lorsqu'un joueur du Peñarol effectue un centre qui sort des limites du terrain et le ballon rebondit sur la mallette d'un des soigneurs du Nacional puis revient dans l'aire de jeu et un joueur du Peñarol marque. L'arbitre se voit dans l'obligation d'annuler le but et cela provoque une bagarre à la suite de laquelle trois joueurs du Nacional sont exclus. Dans la foulée, l'arbitre interrompt le match au motif d'un éclairage du stade insuffisant et la finale est remise à une date ultérieure alors qu'il reste vingt minutes à jouer[4].

Le , l'Association uruguayenne de football décide d'annuler le but du Peñarol ainsi que l'un des trois cartons rouges du Nacional. Il est aussi décidé que les vingt dernières minutes sont jouées le à huis clos. Dans une atmosphère de nouveau électrique, trois joueurs du Nacional sont exclus durant le match et à huit contre onze, les joueurs obtiennent le match nul zéro à zéro[Note 1] et l'occasion de jouer une seconde finale[4].

La seconde finale et donc la troisième opposition se solde de nouveau sur un score de 0-0 après prolongations. La troisième finale se tient le et le Nacional remporte le titre de champion grâce à une victoire par trois buts à deux[4].

Finale, premier match

Club Nacional de Football 0-0
(0-0)
Club Atlético Peñarol Stade Centenario, Montevideo
Spectateurs : 42 000
Arbitrage : Drapeau : Uruguay Telésforo Rodríguez
Finale, fin premier match

Club Nacional de Football 0-0
(0-0)
Club Atlético Peñarol Stade Centenario, Montevideo
Spectateurs : À huis clos
Arbitrage : Drapeau : Uruguay Aníbal Tejada
Finale, deuxième match

Club Nacional de Football 0-0 (a.p.)
(0-0)
Club Atlético Peñarol Stade Centenario, Montevideo
Spectateurs : 35 000
Arbitrage : Drapeau : Uruguay Domingo Lombardi
Finale, troisième match

Club Nacional de Football 3-2
(0-1)
Club Atlético Peñarol Stade Centenario, Montevideo
Spectateurs : 35 000
Arbitrage : Drapeau : Uruguay Juan Carlos Cerón

H.Castro But inscrit après 53 minutes 53e But inscrit après 61 minutes 61e But inscrit après 77 minutes 77e

Braulio Castro But inscrit après 42 minutes 42e
Juan Pedro Arremón But inscrit après 58 minutes 58e

Années 1940 : Le jour du 10-0 et le clásico de la fuite[modifier | modifier le code]

Le , le Nacional bat le CA Peñarol sur un score de 6-0. Plus tôt dans la journée, les équipes réserves s'affrontent et les réservistes du Nacional gagne 4-0. En accumulant les résultats des deux rencontres, les supporters du Nacional aiment à dire que leur club a battu le rival sur un score de 10-0.

Le , le Peñarol mène à la mi-temps par un score de deux buts à zéro et joue à onze contre neuf. Le Nacional refuse de reprendre le match et l'arbitre donne la rencontre gagnée au Peñarol. Les supporters du CA Peñarol appellent ainsi cette confrontation, le Clásico de la fuite.

« Il avait plu pendant toute la première mi-temps. Quand l'arbitre est venu nous voir pour nous annoncer que nous avions gagné, le soleil est apparu ! »

— Alcides Ghiggia, joueur du CA Peñarol lors de la rencontre du 9 octobre 1949.

Années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

Les deux équipes se rencontrent en phase de poule lors de la Copa Libertadores 1971. Le Nacional bat le Peñarol à domicile et à l'extérieur et s'ouvre la voie pour remporter sa première Copa Libertadores. Cette double victoire intervient dans une série de seize rencontres consécutives sans défaites du Nacional dans le classique du football uruguayen (confrontations 303 à 318).

En 1975, le Peñarol remporte à l'extérieur le centième derby de l'ère professionnel sur un score de 1-2.

En 1985 est organisée une compétition appelée la Coupe d'Or des Grands (espagnol : Copa de Oro de los Grandes). Cette compétition vise à déterminer la suprématie de l'un des deux clubs sur l'autre et se joue sur une série de huit matchs. Au terme de la sixième rencontre, le Peñarol mène avec quatre victoires pour deux matchs nul et remporte ce tournoi.

Années 1990 et 2000 : alternance de règne[modifier | modifier le code]

Le Peñarol règne sur le football uruguayen lors de la décennie 1990 avec l'acquisition de six titres de champion dont cinq d'affilée entre 1993 et 1997. Les rôles s'inversent lors de la décennie 2000, avec le Peñarol qui ne gagne que l'édition 2003, lorsque dans le même temps, le Nacional glane six titres et connait d'une manière générale de meilleurs résultats en compétitions internationales[5].

Confrontations[modifier | modifier le code]

Les deux équipes s'affrontent lors de 510 matchs entre 1900 et l'été 2011. Parmi eux, cinq matchs sont annulés et les statistiques officielles retiennent ainsi 505 oppositions. Toutes compétitions confondues, le Peñarol mène 181 victoires à 163.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Atilio García.

Hormis sous la période amateure, le Peñarol est devant le Nacional au nombre de victoires dans l'ensemble des compétitions où les deux clubs se sont affrontés.

Le Nacional détient à son actif d'autres performances face à son rival avec la plus large victoire grâce à un écart de six buts lors du 6-0 de la confrontation 165 en 1941, le buteur le plus prolifique de ce derby avec Atilio García qui inscrit 34 buts ou le plus de finales remportées avec 17 victoires pour 10 défaites.

Confrontations Nacional - Peñarol en compétition officielle
Compétition Victoires du
Peñarol
Matchs nuls Victoires du
Nacional
Buts pour
Peñarol
Buts pour
Nacional
Championnat 86 82 74 242 303
Copa Libertadores 13 15 10 38 44
Liguilla 12 4 6 22 34
Supercopa 1 2 1 4 6
Copa Mercosur 1 1 0 2 1
Autre 68 57 72 197 256
Total 181 161 163 505 604

Palmarès[modifier | modifier le code]

En intégrant au palmarès du Peñarol celui du Central Uruguay Railway Cricket Club, les deux clubs remportent 90 des 106 premières éditions du championnat d'Uruguay de football[7] ainsi que 36 tournois internationaux, dont huit Copa Libertadores et six Coupes intercontinentales. Les deux équipes sont classées respectivement aux premier et troisième rangs du classement des meilleurs clubs sud-américains du XXe siècle établi par l'IFFHS en 2006.

Comparaison du palmarès du Nacional et du Peñarol
Compétition Titres pour
Nacional
Dernier titre Titres pour
Peñarol
Dernier titre
Coupe intercontinentale 3 1988 3 1982
Recopa Sudamericana 1 1989 0 -
Copa Libertadores 3 1988 5 1987
Copa Interamericana 2 1988 0 -
Supercoupe des champions intercontinentaux 0 - 1 1969
Primera División 43 2011 48 2010

Autour de la rivalité[modifier | modifier le code]

Supporters du Nacional.
Supporters du Peñarol.

Stade et affluences[modifier | modifier le code]

Le Nacional évolue depuis 1901 au stade Gran Parque Central. Le Peñarol évolue à partir de 1916 au stade José Pedro Damiani, qui est inauguré à l'occasion de la 72e confrontation entre les rivaux. De 1921 à 1933, le CA Peñarol joue au stade Pocitos et depuis 1933, au stade Centenario.

Étant donné la capacité relativement limitée du Gran Parque Central, le Nacional joue ses derbys contre le CA Peñarol au stade Centenario.

Au niveau des affluences, le Classique du football uruguayen suscite toujours un engouement populaire exceptionnel, comme en mai 2011, où 41 000 places sont vendues dès le premier jour d'ouverture des ventes de billets[8].

Supporteurs[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Dans la mesure où le Peñarol a été fondé par des immigrés britanniques, le profil de ses supporteurs est plutôt issu des populations d'origine étrangère relativement récente telles que les descendants d'immigrés italiens qui sont arrivés en Uruguay au cours du XXe siècle. Par opposition, le Nacional trouve majoritairement ses partisans parmi les descendants de colons espagnols arrivés dans le pays à une époque plus ancienne[5].

Il est généralement considéré que le Peñarol et le Nacional partagent le pays en deux groupes de supporteurs à peu près égaux, dominants largement les autres clubs : en 1993, un sondage indique que 41 % des sondés supportent le Peñarol, 38 % le Nacional et seulement 7 % un autre club (le reste ne s'intéressant pas au football)[9].

Supporteurs du Peñarol[modifier | modifier le code]

Le club poursuit l'objectif de fidéliser ses supporteurs et travaille dans ce sens ; en 2010, le Peñarol comptent plus de 28 000 abonnés[10] (en espagnol : socios). À cette date, vingt groupes officiels de supporteurs (appelés peñas) existent, à travers le pays et même à l'étranger.

Aux côtés de ces supporteurs traditionnels, le club est suivi par des supporteurs ultras. Depuis sa création, la barra brava du Peñarol a été impliqué dans de nombreux actes de violence, à la fois contre des groupes similaires d'autres clubs (notamment du Nacional[11]) ou contre la police. Les incidents provoqués par les fans du Peñarol ont coûté de nombreux points depuis 1994, faisant perdre mathématiquement trois titres de champion au club (Apertura 1994[12], Clausura 1997[13] et Clausura 2002[14]).

Supporteurs du Nacional[modifier | modifier le code]

En mai 2011, la Tribune Colombes du Stade Centenario, réservée aux supporteurs du Club Nacional de Football, a été la première à afficher complet[8].

Navigation[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Confrontations et statistiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À la fin des vingt minutes rejouées, le score est de 0-0. Deux périodes de prolongations de trente minutes sont organisées. Ainsi, quatre-vingt minutes de jeu sont effectuées pour un score final de 0-0.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « La forja de la rivalidad clásica: Nacional-Peñarol en el Montevideo del 900 », sur www.efdeportes.com,‎ (consulté le 4 novembre 2011)
  2. Alvarez, Haberkorn 2005, p. 22
  3. (es) « Informe de la Comisión por el Decanato del Club Nacional de Football », Club Nacional de Football (consulté le 7 décembre 2010)
  4. a, b et c (en) Diego Antognazza et Martín Tabeira, « Uruguay 1933 Championship », sur www.rsssf.com,‎ 1er mai 2004 (consulté le 4 novembre 2011)
  5. a et b « Uruguay : Nacional – Peñarol, un Clásico plus vrai que nature… », sur www.football.fr,‎ (consulté le 4 novembre 2011)
  6. Premier derby professionnel
  7. (en) Karel Stokkermans, « Uruguay - List of Champions », sur www.rsssf.com,‎ (consulté le 4 novembre 2011)
  8. a et b « Clásico de Montevideo : Peñarol – Nacional, pour la Gloire et pour le titre… », sur collectif1899.com,‎ (consulté le 10 novembre 2011)
  9. (es) Juan Carlos Luzuriaga, « La forja de la rivalidad clásica: Nacional-Peñarol en el Montevideo del 900 », EFE deportes Revista Digital - Buenos Aires - Año 10 - N° 88,‎ (consulté le 6 novembre 2011)
  10. (es) « Peñarol sigue creciendo », sur www.ultimasnoticias.com.uy,‎ (consulté le 6 novembre 2011)
  11. Gauthier de Hoym et Thomas Goblin, « Peñarol Montevideo, l'or noir de l'Uruguay », So Foot, no 20,‎ , p. 50-53
  12. (en) Ian King, « Uruguay 1994 », sur www.rsssf.com, Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation,‎ (consulté le 6 novembre 2011)
  13. (en) Javier Ferrando et David Gerardo Keszenman Pereyra, « Uruguay 1997 », sur www.rsssf.com, Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation,‎ (consulté le 6 novembre 2011)
  14. (en) Francisco Fernández, « Uruguay 2002 », sur www.rsssf.com, Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation,‎ (consulté le 6 novembre 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Luciano Alvarez, Leonardo Haberkorn, Historia de Peñarol, Montevideo, Aguilar,‎ (ISBN 9789974950245) Document utilisé pour la rédaction de l’article