Christophe-Philippe Oberkampf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Oberkampf.
Christophe-Philippe Oberkampf
Description de l'image Christophe-Philippe Oberkampf.jpg.
Nom de naissance Christoph Philipp Oberkampf
Naissance
Wiesenbach, Blaufelden, Allemagne
Décès (à 77 ans)
Jouy-en-Josas, France
Nationalité Française (Allemand naturalisé français)
Profession
manufacturier

Christophe-Philippe Oberkampf né le à Wiesenbach[1] en Allemagne et décédé le à Jouy-en-Josas dans le département actuel des Yvelines est un industriel allemand naturalisé français. Il est resté célèbre pour avoir fondé la manufacture royale de toiles imprimées de Jouy-en-Josas où était fabriquée la toile de Jouy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de teinturiers, à Wiesenbach, il est le descendant d'une lignée de teinturiers luthériens du Wurtemberg. Il apprend le métier chez son père, établi à Aarau en Suisse comme fabricant de toiles imprimées, les indiennes[2], puis se rend à Bâle chez des indienneurs, des producteurs d'indiennes.

En 1756, à 18 ans, le jeune Oberkampf acquiert son indépendance et entre comme graveur à la manufacture d'impression Koechlin et Dollfuss[3] à Mulhouse. En octobre 1758, il monte à Paris et s'engage comme coloriste dans les ateliers d'indiennes du fabricant Cottin installés à l'Arsenal[4].

Lorsque cette industrie devient légale en France le , il propose au suisse du roi Louis XVI, Antoine Guernes, dit « Tavannes », de s'associer avec lui pour la création, à Jouy-en-Josas, d'une manufacture d'indiennes. Les premières toiles sont imprimées le et connaissent un succès qui permet à Oberkampf d'agrandir, en 1764, sa fabrique sur un vaste terrain de 18 000 m2. L'effectif de la manufacture croît rapidement et atteint 900 ouvriers en 1774. Son seul associé de 1762 à 1790 fut Sarrasin de Maraise dont la femme, Marie-Catherine-Renée, née Darcel, tenait la comptabilité de la manufacture.

En août 1770, justifiant de dix ans de résidence en France, Oberkampf et son frère sont naturalisés français. À la même époque, les planches de bois sont remplacées par des plaques de cuivre, gravées également, mais souples pouvant être fixées sur des tambours cylindriques. Cette évolution technique importante, due à son neveu Samuel Widmer[note 1], va permettre à l'entreprise d'augmenter considérablement sa production et d'entrer dans l'ère de la mécanisation.

Buste d'Oberkampf dans le jardin de la mairie de Jouy-en-Josas.

Manufacture royale[modifier | modifier le code]

En 1783, la fabrique reçoit du roi Louis XVI le titre de manufacture royale et en 1787, Oberkampf, anobli par lettre de mérite en 1787, reçoit du roi le titre d'écuyer ainsi que le droit de disposer d'armoiries et d'une devise Recte et vigilanter (droiture et vigilance). Sa manufacture produit à cette époque environ 30 000 pièces par an et mobilise 800 ouvriers[5].

La réforme des départements et des communes par la Révolution l'amène à être nommé, le , maire de Jouy-en-Josas. Le 26 Fructidor de l'an III (), Oberkampf se porte acquéreur de l'ancienne ferme royale de Bouviers à Guyancourt, afin de contrôler la qualité des eaux de la Bièvre dont la source se trouve sur les terres de cette ferme.

La manufacture reste florissante durant la Révolution et devient la deuxième entreprise du royaume après la manufacture de glaces de Saint-Gobain. En 1799, le commerce décline et l'effectif du personnel, qui avait atteint 2 000 ouvriers, doit être réduit.

En 1806, Oberkampf obtient la médaille d'or de première classe à l'exposition des produits de l'industrie au Louvre pour son rôle éminent dans la fabrication des toiles peintes. Le , à l'occasion d'une visite des ateliers, Napoléon lui décerne la légion d'honneur.

Déclin[modifier | modifier le code]

De nouveau en 1815, la baisse de la demande et la concurrence se font sentir. L'effectif tombe à 435, avant que la manufacture ne ferme momentanément durant l'invasion des armées coalisées contre l'Empereur. Quand Oberkampf meurt en 1815, la manufacture est confiée à son neveu Samuel Widmer. À la mort de celui-ci, en 1821, un de ses fils Émile Oberkampf, s'associe à Barbet de Jouy, puis lui cède totalement en 1822 les bâtiments. La manufacture, spécialisée dans le haut de gamme, ne peut résister à la concurrence et fait finalement faillite, fermant ses portes en 1843.

Postérité[modifier | modifier le code]

Oberkampf est enterré dans le jardin de sa maison, devenue aujourd'hui, le conservatoire de Musique de la commune de Jouy-en-Josas[6]. Son nom a été donné à une rue de Paris, dans le XIe arrondissement ainsi qu'à la station de métro qui la dessert.

Gendre de Michel Massieu de Clerval, il est le père d'Émilie Oberkampf, pionnière de l'école maternelle en France et épouse du banquier Jules Mallet, de Laure Oberkampf, épouse du baron James Mallet, et du baron Émile Oberkampf. Il est également le grand-père d'Ernest Feray, et de Nathalie Mallet (1813-1884), (fille d’Émilie), qui épousera en 1839, le peintre Pierre-Antoine Labouchère[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Samuel Widmer, inventeur de la machine à graver les cylindres métalliques

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce village fait aujourd'hui partie de la ville de Blaufelden dans l'arrondissement de Schwäbisch Hall de l'État de Bade-Wurtemberg : voir Blaufelden sur la Wikipédia germanophone.
  2. Une indienne est une étoffe de coton peinte ou imprimée, initialement fabriquée en Inde, puis copiée par les manufacturiers européens
  3. En 1746, la ville de Mulhouse devient industrielle lorsque de jeunes bourgeois (Jean-Henri Dollfus, Jean-Jacques Schmaltzer, Samuel Kœchlin et Jean-Jacques Feer) lancent l'indiennage, c'est-à-dire l'impression de cotonnades à la planche (Encyclopaedia Universalis, Mulhouse)
  4. Mélanie Riffel, Sophie Rouart, Marc Walter, La toile de Jouy, Citadelles & Mazenod,‎ 2003, p. 14
  5. Françoise Bayard, Philippe Guignet, L'économie française aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Ophrys,‎ 1991, p. 172
  6. De nombreux ouvrages indiquent qu'il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (39e division). Il s'agit en fait de son fils Émile Oberkampf. Voir Cimetières de France et d'ailleurs
  7. Geneanet - Généalogie de Christophe-Philippe Oberkampf, sur le site gw.geneanet.org, consulté le 22 avril 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Chassagne, Christophe-Philippe Oberkampf, un entrepreneur capitaliste au siècle des lumières, Aubier-Montaigne, 1981
  • Anne de Thoisy-Dallem, Le musée de la Toile de Jouy, Musée de la Toile de Jouy/Ville de Jouy-en-Josas, 2010
  • Michel Sementery, Christophe-Philippe Oberkampf, sa famille et sa descendance, éd. Christian, 1990
  • Etienne Mallet, Oberkampf, vivre pour entreprendre, Editions Télémaque, 2015

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]